Le tennis et le padel doivent affronter une crise inédite. La faute au COVID-19 qui déstabilise l’économie mondiale. Le gouvernement prône le confinement comme principal remède pour faire baisser les cas d’infections.

Dans ce contexte bouillant, Le Président de la Fédération Française de Tennis, Bernard Giudicelli a expliqué hier vouloir “intenter une action devant le Conseil d’Etat” pour débloquer la situation pour les clubs de tennis et de padel et permettre leur réouverture dès que possible.

Si la FFT propose un nouveau plan d’actions pour aider les professionnels de tennis,  quid des coachs, clubs et joueurs tout en respectant les mesures gouvernementales ?

Vendredi prochain, cette action judiciaire devant la plus haute juridiction administrative sera soumise au comité exécutif de la FFT (COMEX).

Un coup d’épée dans l’eau ou une chance d’aboutir ?

Le Conseil d’État, pourquoi ?

Le Conseil d’État est le juge administratif suprême. Il est le juge de Cassation. C’est l’ultime et dernier recours face à des décrets ou des actes d’organismes à compétence nationale.

Notez cependant que contrairement à une procédure judiciaire classique où le pourvoi en Cassation n’intervient qu’après appel, ici, il s’agit d’une voie de droit exceptionnelle.

Le Conseil d’État interviendra uniquement sur les questions de droits : les règles ont-elles bien été respectées ? Le droit a-t-il été correctement appliqué ?

Le COMEX ne désavouera pas son Président

L’action judiciaire que souhaite mener le Président de la FFT ne pourra se faire qu’avec l’aval du Comité exécutif de la FFT.

Le COMEX devrait certainement suivre son Président et ainsi valider le processus d’action devant le Conseil d’État. En effet, on voit mal, le comité faire du zèle, encore plus face à cette crise. D’autant que c’est une manière de montrer au monde du tennis et du padel, que la FFT essaie de faire des choses pour les clubs et coachs. Politiquement, c’est en effet nécessaire de le faire car rappelons que les élections auront lieu le 13 février prochain. Cette période est donc cruciale pour la suite de l’équipe dirigeante en place.

Il s’agit donc ici, plus d’une formalité. La question est :  cette action a-t-elle des chances d’aller au bout ?

Une action efficace ?

Si la FFT ne fait pas, elle sera critiquée. Si elle fait, elle le sera aussi car on dira qu’elle joue la carte politique et de l’opportunisme.

La question qui nous intéresse ici est : cette action devant la plus haute instance, a-t-elle des chances d’aboutir ?

En décembre prochain, la gouvernement pourrait lâcher du lest. On ne sait pas encore sous quelle forme. Mais des signes positifs pourraient nous laisser espérer une ouverture des clubs sportifs. Pourquoi ?

A partir de lundi prochain, de nombreux clubs sportifs rouvriront pour les personnes disposant d’un certificat médical. Des piscines ont déjà rouvert avec là aussi cette obligation de disposer d’un certificat médical.

Une première étape avant un assouplissement en décembre prochain ? Difficile de le dire tant on entend tout et son contraire depuis le début la crise sanitaire.

Mais si cette action judiciaire a des chances de ne pas aboutir, elle pourrait avoir un impact sur les futures décisions du gouvernement. Une manière pour la FFT de mettre la pression et de marquer le coup auprès des médias et surtout de ses licenciés et clubs affiliés / habilités.

Pour Bernard Giudicelli, “on doit plaider notre différence (…), nous ne sommes pas un sport de contact“.

Espérons que cette voix soit entendue.

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.