Lancée en avril 2026 à l’initiative de l’Union Sport & Cycle, l’Association Nationale du Padel (ANP) entend fédérer les clubs privés, qui représentent selon elle, la majorité des terrains et des pratiquants en France. Derrière cette initiative : la volonté d’organiser un secteur en forte croissance et de peser davantage face au cadre institutionnel porté par la Fédération Française de Tennis.
Dans un marché où les établissements marchands concentrent plus de “75 % des joueurs” et une large part des infrastructures, l’ANP veut se positionner comme un nouvel interlocuteur clé. Objectif affiché : structurer, accompagner et valoriser le développement du padel sur l’ensemble du territoire, dans un contexte où les équilibres entre acteurs publics et privés restent encore en construction.
S’agit-il d’un tournant structurant pour le padel français ? L’Union Sport & Cycle, via son syndicat professionnel (UESC), accompagne l’Association Nationale du Padel (ANP). Derrière cette initiative : une volonté de fédérer les clubs de padel privés et de structurer un secteur devenu central dans l’économie de la discipline.
Une structuration attendue dans un marché arrivé à maturité
Les tentatives de regroupement des clubs privés ne sont pas nouvelles. Dès 2020, plusieurs initiatives avaient émergé sans parvenir à s’inscrire dans la durée, freinées par des divergences de visions entre acteurs.
Et même dès 2018, le premier élu en charge du pade au sein de la FFT, Hubert Picquier avait déjà dû parfois échanger et parfois même tenté d’apporter des réponses justement face à des formations de clubs privés.
Au point où en 2020 avec Thierry Pham (le premier DTN padel), Hubert Picquier expliquait vouloir mettre en place un “colloque des clubs de padel privés”
Mais le contexte de 2026 n’a plus rien à voir. Le padel a connu une croissance rapide, comparable (peut-être) à celle du fitness dans les années 2000 ou du football à cinq dans les années 2010. Cette montée en puissance a progressivement aligné les intérêts : les clubs privés font désormais face à des enjeux communs, qu’ils soient économiques, réglementaires ou sportifs.
Contrairement donc à ce que certains pourraient présenter l’ANP comme un “tsunami” comme notre ami et consultant Romain Taupin de Padelonomics, le sujet n’est pas nouveau, c’est même certainement la thématique la plus abordée depuis 8 ans.
Dans ce contexte, il apparaît finalement assez logique que l’Union Sport & Cycle, qui porte depuis longtemps ces réflexions auprès de ses membres (et surtout l’inverse), soit à l’origine de cette nouvelle structuration. L’ANP vient ainsi concrétiser cette forme de consultation engagée depuis plusieurs années, dans un marché désormais suffisamment mature pour envisager une représentation plus cohérente.
Un nouveau pilier dans le développement du padel ?
L’ANP pose d’emblée les bases de son positionnement en insistant sur une réalité souvent rappelée dans le secteur : le padel français repose sur deux piliers complémentaires.
D’un côté, les établissements marchands :
- plus de 75 % des pratiquants
- environ 60 % des pistes
De l’autre, le cadre fédéral porté par la Fédération Française de Tennis :
- 272 000 licenciés
- organisation des compétitions et du classement
Cette lecture du marché traduit une volonté de cohabitation structurée plutôt que d’opposition frontale, même si certaines tensions se créeront forcément puisque c’est l’object même de la création de cette association.

Un poids économique du privé devenu déterminant
Au-delà des chiffres avancés par l’ANP, les tendances du marché confirment la domination du secteur privé (hors tennis) pour Romain Taupin :
- 70 % des terrains de padel en France
- 85 % des installations indoor
- Jusqu’à 75 % des nouvelles constructions entre 2024 et 2026
- 80 à 90 % des pratiquants ayant déjà joué dans un centre privé
- Près de 5 000 tournois organisés chaque année, soit environ 80 % du volume total
Un modèle qui rapproche le padel d’industries comme le fitness, où l’investissement privé structure largement l’offre, contrairement à des sports plus historiquement publics comme le football amateur.
Une organisation aux ambitions larges
Créée en avril 2026, l’ANP affiche une feuille de route claire :
structurer, accompagner et valoriser le développement du padel sur l’ensemble du territoire français.
Dans le détail, ses missions se rapprochent de celles d’une fédération, sans en avoir le statut :
- accompagner le développement de la discipline
- participer à la formation des acteurs (éducateurs, arbitres, organisateurs)
- produire des contenus pédagogiques et techniques
- contribuer à une meilleure coordination des compétitions
- porter des actions sociales, éducatives et sociétales
Et d’une certaine manière, ces missions clairement mentionnées sur le site internet de l’ANP peuvent venir sous-entendre que ces missions de la FFT ne sont pas vraiment appliquées.
Entre tensions et recherche d’équilibre avec la FFT
Si la FFT contribue incontestablement à l’essor du padel en France, notamment via la structuration des compétitions et la formation, des frictions existent.
Elles concernent principalement :
- la concurrence entre clubs privés et structures subventionnées
- les modèles économiques
- la gouvernance globale du padel
Dans ce contexte, l’ANP pourrait jouer un rôle similaire à celui des ligues professionnelles dans d’autres sports ou à une forme de syndicats comme le Professional Tennis Players Association (PTPA), en devenant un interlocuteur structuré du secteur privé.
Un enjeu majeur : parler d’une seule voix
Reste une question essentielle : les clubs privés parviendront-ils à s’unir durablement ?
Historiquement, la diversité des profils – indépendants, réseaux, investisseurs – a souvent empêché l’émergence d’un bloc homogène. Mais la maturité actuelle du marché pourrait changer la donne.
Et l’autre point important, cette organisation part déjà d’une structure reconnue à savoir : Union Sport & Cycle qui ont l’expérience et la confiance de nombreux acteurs.
Il sera intéressant d’observer comment les choses pourront réellement s’emboîter et permettre à cette structure de devenir un partenaire stratégique pour la FFT, en regroupant de manière plus organisée les demandes des clubs à l’avenir.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


























































































FIP Silver Porto : Godallier et Valenzuela s’offrent un troisième titre en deux mois
Bernard et Rubio confirment leur statut et s’offrent le titre au P1000 Sud Padel Bel Air
Guichard poursuit sa belle semaine et rejoint la finale du FIP Silver Porto
Agustín Gómez Silingo : “Nous n’avons vu que 50 % du potentiel de la paire Lebrón / Augsburger”
Eduardo Carmo : « Représenter le Portugal est un honneur, mais je veux continuer à progresser »
Nicolas Fauré (HEAD) : « Le padel est télégénique, mais il doit encore construire ses héros »
Mario Brocal : « Tapia est le joueur qui m’inspire le plus »
Deux clubs franchissent le cap des 1 000 compétiteurs : Padel Horizon et le Garden Rennes
Top 10 des clubs padel qui comptent le plus de licenciés en France
FIP Tour : les Français à l’assaut des quarts de finale à Porto, Rovato, Alicante et Lelystad
L’épreuve du feutre – mon classement personnel
La bandeja a-t-elle disparu du padel moderne ?
Le Major Tour sort de sa bulle : le Summer Major s’installe en plein air au Padel Club du Parc 1348
Agustín Tapia fête ses 27 ans et possède déjà l’un des plus grands palmarès du padel
Ouvrir un club de padel : pourquoi le risque incendie doit désormais entrer dans le business plan
Business – City Padel s’associe à Pierre & Vacances, Work and Padel et Padel Génération pour ouvrir trois nouveaux centres
Groupement Padel Reference – Une nouvelle vision pour accompagner les clubs de padel
L’été change le padel… et si le vrai défi n’était pas de frapper plus fort ?
Benidorm, la nouvelle destination espagnole qui séduit les passionnés de padel
French Touch Academy : une saison 2026 placée sous le signe du padel au Cap d’Agde
Coup droit à plat au padel : les 5 exercices de Cristian Álvarez pour gagner en contrôle et en efficacité
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Comprendre les effets pour mieux jouer au padel
Au padel, les champions ne gagnent pas tous les points, ils remportent les plus importants
Chingotto et Galán ont aussi gagné le match des bancs face à Libaak et Chozas
Pourquoi la progression au padel passe d’abord par la compréhension du jeu
La balle interdite : quand une règle a divisé le monde du padel
Réforme du FIP Tour : ce qui va vraiment changer à partir de 2027
Réforme 2027 de la FIP et de Premier Padel : beaucoup de communication… pour des changements finalement limités
Premier Padel et la FIP préparent une réforme majeure pour 2027 : ce qui va changer pour les joueurs
FIP Promises Paris by WME Sports : prévention, récupération, blessures… les médecins (Mani et Clédassou) alertent sur les enjeux du padel chez les jeunes
Italy Major : Javi Leal toujours à la recherche d’un déclic en 2026
Le padel professionnel devient-il un sport de plus en plus physique ?
Galán et Chingotto sont-ils en train de prendre définitivement l’ascendant sur Tapia et Coello ?
Les préférences motrices : une approche encore méconnue dans le padel