Entraîneur au Tennis Club de Bailly-Noisy (78), formateur TFP/DFMP à la Ligue d’Ile-de-France et ex-n°8 français, Yann Auradou est le co-capitaine de l’équipe de France garçons récemment médaillée d’argent à l’Euro. Il revient pour nous sur cette campagne menée avec les U14, les U16 et les U18.
Notre vœu exaucé avec l’Espagne dans notre poule
Alexia Dechaume tire un bilan très positif du dernier Euro. Comment le co-capitaine des garçons que tu es, avec Yannick Maurel, a-t-il vécu cette compétition, où nous terminons médaillés d’argent ?
« Forcément de manière très positive, même s’il y a eu pas mal de stress. Déjà, j’ai pu constater que le niveau général de la compétition était bon. Certes, il y avait des petites équipes, à l’image de l’Allemagne et de la Suisse, qui se trouvent au début de leur développement. Mais à partir des quarts de finale, le niveau était très homogène, avec l’Italie, la Belgique, la Suède, le Portugal… et bien sûr l’Espagne, qui est toujours un cran au-dessus. »

Comment s’est passée la compétition, vue de l’intérieur ?
« Déjà, avant la compétition, il y a eu l’épisode du tirage au sort. La France était tête de série 5 et on ne savait pas dans quelle poule on allait tomber. Notre souhait était d’être placés d’entrée de jeu dans la poule des Espagnols, afin de les jouer tout de suite et de n’avoir à les retrouver potentiellement qu’en finale. Nous avons été exaucés : à l’issue du tirage au sort, on était super contents d’être avec l’Espagne et affichions un large sourire satisfait… Les autres équipes nous regardaient bizarrement, elles ne comprenaient pas ! Après, il a fallu faire le job… »
Il n’y a pas d’arbitres et donc souvent des contestations
Peux-tu nous raconter quel parcours les garçons ont effectué jusqu’à la finale ?
« Sur les deux premiers matchs, en poules donc, nous l’emportons sur l’Allemagne puis la Suisse. Face à l’Espagne, nous savons que ça va être dur : on perd 3/0 mais on voit que le niveau n’est pas aussi élevé dans chaque catégorie. Chez les U14, il y a encore un gros écart entre eux et nous. C’est un peu moins vrai chez les U16. Quant aux U18, on était au niveau sur la compétition, d’autant que l’Espagne n’était pas venue avec son numéro 1, David Gala (engagé dans les prévias du P1 de Madrid). Ensuite, en quarts, nous rencontrons l’Italie. Ce sont clairement nos rivaux, avec eux on sait que ça va être la guerre sur le terrain, avec parfois des moments très, très chauds. Comme il n’y a pas d’arbitres, il y a des contestations en pagaille et on remet souvent des points… Bref, c’est tendu. Chez les U14, nous commençons par perdre le premier set avant de revenir et de gagner les deux suivants. Ensuite, en U16, on fait le boulot : 6/3 6/4. C’est tout de même un match stressant parce qu’au second set, on mène 5/2 avant de se faire rejoindre à 5/4. On conclut à 40A, sur un point décisif, un par 4 de Jérémy… Après, ça a été plus cool. »

L’Espagne en finale : objectif atteint… mais grosse bataille
En demi-finale, on joue les Suédois : c’est une équipe solide ?
« Oui, on savait que c’était fort. On ne connaissait pas bien leurs U14 et U16, on ne les avait pas vus jouer. En U14, on commence bien le match : on mène 7/6 5/1 avant que nos adversaires ne remontent. On rate des balles de match sur ce second set, et on se retrouve au troisième set… Là, c’est chaud. Le troisième set est serré, on arrive à les breaker à 5/4 pour nous, mais vraiment je me suis fait quelques cheveux blancs (rires) ! Après, avec les U16, ça s’est mieux passé. Olivier (Guy de Chamisso) et Jérémy (Robert) ont fait une grosse partie qu’ils remportent 6/2 6/1… Je ne m’attendais vraiment pas à ce que ce soit aussi facile. Sur le match des U18, en revanche, on perd sur abandon à 7/5 4/4. Yoann (Boronad) sent une petite contracture aux fessiers, il n’insiste pas afin de se préserver. »

« En finale, nous retrouvons l’Espagne. Pour le coup, notre objectif est atteint, car nous visions la médaille d’argent et nous l’avons. Nous abordons ce match en étant très concentrés : certes, nous avons pris une petite rouste en poules contre eux, mais en sport, on sait que tout est possible. On veut vraiment les regarder dans les yeux, essayer de leur rentrer dedans. Avec Yannick (Maurel, co-capitaine de l’équipe) et Benjamin Tison (responsable du haut niveau sportif), notre discours est centré sur l’attitude. En U14, nous sommes battus 6/2 6/2 : ils sont au-dessus, mais c’est tout de même mieux que la phase de poules. En U16, nous faisons un gros premier set, que l’on perd 6/4. En face, l’un des joueurs évolue à un niveau que je situe entre 80e et 100e à la FIP… L’autre joue 100-120 FIP ! Il y a beaucoup d’intensité sur ce match, on perd cette première manche, mais nous sommes au niveau. Au second set, en revanche, ils passent la seconde et on prend 6/1… »

Victoire sur le 3e match de la finale : une première historique !
« On vient de perdre la finale, mais on s’y attendait. Sur le 3e et dernier match, nous réussissons une grosse perf’, un vrai exploit en battant Francisco Cabeza et Alejandro Calco 7/5 2/6 7/6. Comme Yoann Boronad se ressent toujours de sa contracture, nous alignons Thomas Basso aux côtés de Timéo Fonteny. On voit très vite qu’ils sont très concentrés et que les conditions sont bonnes pour nous : il fait chaud, la balle sort bien sur les smashes de Timéo, qui maîtrise très bien ce coup. Quant à Thomas, il mesure 2 mètres et est donc difficile à lober. Au final, c’est la première fois de l’histoire qu’une paire française bat une paire espagnole sur un tournoi, toutes catégories confondues. À la fin du match, les Espagnols sont venus nous féliciter. Ils nous ont dit qu’ils n’avaient plus autant de marge qu’avant contre nous, et qu’ils n’étaient pas confiants pour les années à venir… Le fait d’avoir gagné le respect de l’Espagne est pour moi, pour nous, une grosse satisfaction. Mais ça veut aussi dire qu’à l’avenir ils vont serrer les boulons et que ça va être plus dur de les battre. »
Comment expliquer ces excellents résultats ?
« Je rejoins ce que disait Alexia (Dechaume) dans vos colonnes : que ce soit en U14, en U16 ou en U18, les gars jouent tous les jours. Ils développent des projets de plus en plus tôt. Il faut par exemple savoir que deux de nos U18, Yoann Boronad et Timéo Fonteny, sont à la Nox Academy de Barcelone. Quant à Olivier Guy de Chamisso (U16), il s’est entraîné cet été en académie à Malaga. Ces joueurs vont sur le circuit, remportent des matchs et des tournois comme le P1000 de Palavas gagné par Jérémy (Robert) et Olivier (Guy de Chamisso), acquièrent de l’expérience. Au final, ça finit toujours par payer ! »
Équipe de France Jeunes Garçons
| Garçons U14 | ||
| Nom | Année de naissance | Région |
|---|---|---|
| Sacha Huard de la Marre | 2011 | HDF |
| Nathan Perrot | 2010 | OCC |
| Eliott Mura | 2011 | NOR |
| Gabriel Bessiere | 2012 | OCC |
| Garçons U16 | ||
| Jérémy Robert | 2008 | ARA |
| Olivier Guy de Chamisso | 2008 | IDF |
| Basile Baud | 2008 | ARA |
| Garçons U18 | ||
| Timéo Fonteny | 2007 | OCC |
| Yoann Boronad | 2007 | OCC |
| Thomas Basso | 2007 | ARA |
| Capitaines | ||
| Yannick Maurel | OCC | |
| Yann Auradou | IDF | |
Pas un jour sans une ligne… de pista de padel ! Depuis quelques années, Frédéric a pris le parti de se consacrer à sa passion de toujours : la petite balle jaune et son univers impitoyable. Addict, vous avez dit addict ?

























































































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