Daniel “Sanyo” Gutierrez se confie à Padel Magazine lors d’une interview exclusive. Découvrez la première partie de l’interview : l’homme derrière le joueur de padel.
Daniel ou Sanyo, mais pas Carlos !
Lorenzo Lecci Lopez : Carlos Daniel Gutierrez, mais tout le monde t’appelle Sanyo. Pourquoi préfères-tu ce surnom à ton vrai nom ?
Sanyo Gutierrez :“Ce surnom vient de l’acteur qui faisait la pub pour les téléviseurs Sanyo dans les années 90. Je préfère que l’on m’appelle Sanyo ou Daniel. Le nom qui ne me plait pas c’est Carlos. Avec tout mon respect pour les Carlos, mais je n’aime pas pour moi. Je ne me sens pas identifié à ce prénom et si l’on m’appelle par ce prénom je ne me retourne pas.”
L’ascension dans le padel
Lorenzo Lecci Lopez : Comment as-tu commencé à jouer au padel ? As-tu eu à choisir entre d’autres sports ?
Sanyo Gutierrez :“Quand j’étais jeune je faisais énormément de sport. Mon père jouait au tennis, et mes premiers échanges ont été sur des courts de tennis. Pendant que mon père jouait avec ses amis, moi je tapais contre le mur. Et au début des années 90, le padel a commencé à être à la mode, et il a commencé à jouer au padel. Donc pour moi c’était pareil, je l’accompagnais et je jouais contre un mur. C’est ainsi qu’a commencé mon padel.”
“J’ai aussi joué au football. Mon père me demandait souvent si je voulais tenter ma chance dans un club. Dans mon entourage d’amis je sortais un peu du lot, donc à 16 ans je suis allé dans un club. Je m’en sortais plutôt bien, mais je n’aimais pas l’ambiance, donc c’était un peu dur pour moi. J’ai donc préféré continuer dans le padel.”
Lorenzo Lecci Lopez : Et par la suite, tu commences à faire des tournois. Raconte-nous cette période.
Sanyo Gutierrez :“Je jouais tous les tournois dans ma ville. Et à 15 ans, lorsque j’ai commencé à vraiment progresser, je jouais dans la première division, et je voyageais beaucoup à Mendoza, San Juan, Cordoba. Et avec tous ces voyages, j’ai pu progresser. Je n’avais pas de coach, je m’entrainais avec mon frère. On jouait avec d’autres paires deux fois par semaine deux ou trois heures. J’ai progressé jusqu’à arriver au niveau professionnel argentin.”

“Le sport n’est pas un sacrifice”
Lorenzo Lecci Lopez : Nous voyons beaucoup d’Argentins avoir des difficultés à leur arrivée en Espagne. Comment a été ton expérience de changement de continent ?
Sanyo Gutierrez :“C’est évidemment difficile lorsque tu prends la décision de quitter ton pays. Il faut le faire avec une vraie envie de le faire pour ce sport. Sur le plan sentimental, c’est très difficile. Mais attention, pour moi, vivre de son sport c’est un vrai privilège, et ceux qui disent que c’est un sacrifice c’est un mensonge. Mais il est vrai que quitter l’Argentine a été un peu difficile. Mais mon objectif était clair, et je n’avais pas non plus de vraie alternative : soit je jouais bien au padel, soit je travaillais avec mon père et mon frère dans un atelier de peinture. J’aurais été très heureux, mais je n’avais pas d’autre chemin. J’avais des très bons résultats au padel, et j’ai donc décidé de partir en Espagne.”
“Ici, les premières années ont été difficiles. Ma famille m’a beaucoup manqué, mais après j’ai commencé à tracer ma route. J’ai maintenant ma propre famille avec ma femme et mon fils et je suis complètement attaché à l’Espagne.”
“La personne que j’aime le plus”
Lorenzo Lecci Lopez : Tu es le papa du petit Bruno depuis un peu plus d’un an. Qu’a changé le fait d’être père pour toi, et y a-t-il eu une influence sur le court ?
Sanyo Gutierrez :“Ce que je vais dire est un peu contradictoire. La personne que j’aime le plus est apparue. Je n’ai jamais eu cet amour aussi fort, mais les plus grandes peurs sont également apparues. J’étais quelqu’un de courageux qui n’avait peur de rien, et maintenant j’ai beaucoup de peurs liées à mon fils.”
Une admiration pour Messi… et pour Bela
Lorenzo Lecci Lopez : Tu as la signature de Leo Messi tatouée sur bras. D’où te vient cet amour pour Leo ?
Sanyo Gutierrez :“Je ne suis pas le typique fanatique, qui pense à ça toute la journée. Mais j’admire Messi, au-delà de quand il a la balle dans les pieds. Un Argentin qui ne pense pas de la même manière commet une erreur. Il nous représente toujours de la bonne manière. Certains peuvent penser que ce n’est pas le meilleur, ou préférer Maradona, ça c’est selon les goûts de chaque personne. Mais il est impossible de contredire le fait que Messi nous représente extrêmement bien sur le plan mondial. En tant que sportif, en tant que personne, c’est un exemple.”

“Je n’ai pas eu la chance de partager beaucoup de temps avec lui. J’adorerais pouvoir l’écouter. J’ai la chance de jouer maintenant avec Bela et j’adore l’écouter. Avec ces personnes, on peut apprendre énormément en dehors du terrain.”
Lorenzo Lecci Lopez : Peut-on comparer Bela à Leo Messi ?
Sanyo Gutierrez :“Bien sûr. Maintenant j’ai la chance de l’avoir à mes côtés, et j’apprends sur tout. C’est sûr qu’il doit avoir des défauts, mais lorsqu’il me raconte quelque chose, j’adore l’écouter car c’est un apprentissage sur la vie.”
“Bela est le meilleur de l’histoire”
Lorenzo Lecci Lopez : Qui est le meilleur joueur de l’histoire du padel ?
Sanyo Gutierrez :“Parfois, on dit que le meilleur est celui qui gagne le plus, et c’est possible, mais le padel est un sport qui se joue à deux, donc il est difficile de choisir le meilleur. Moi, je dirais Fernando Belasteguin, et pas pour tout ce qu’il a gagné, mais pour l’évolution de son jeu. En tant que n°1, il n’a jamais cessé de progresser. Chaque année, il arrivait avec une nouvelle arme. C’est maintenant le joueur le plus complet.”
“Il y a des joueurs comme Lebron ou Galan qui, par moments, dépassent le niveau de jeu de Bela dans sa carrière. Ce sont des joueurs qui ont tant de facilités qu’ils peuvent t’empêcher complètement de jouer. Ils sont très complets. Mais ce qu’a fait Bela, c’est avoir un excellent niveau sur de très nombreuses années.”
“Ensuite Juan Martin Diaz était un grand joueur d’attaque, en avance sur son temps, mais pour l’avoir eu en face, je n’ai pas vu un joueur très complet. Je savais que si j’arrivais à l’emmener derrière, je pouvais gagner. Alors que Bela non : il pouvait me battre dans toutes les conditions.”

Une carrière d’entraineur
Lorenzo Lecci Lopez : Serais-tu entraineur à la fin de ta carrière ?
Sanyo Gutierrez :“Oui pour sûr, j’adorerais. Je vais dans cette direction. Lorsque j’aurai un peu plus de temps, je vais commencer à me former en tant qu’entraineur. Pour l’instant je peux être coach sur le banc, et je vois certaines choses, mais je ne me considère pas comme un grand formateur. Ça fait très longtemps que je ne donne plus de cours. Lorsque je terminerai ma carrière, j’adorerais reprendre la formation de jeunes et transmettre mon expérience.”
Lorenzo Lecci Lopez : Quelle équipe de foot supportes-tu ?
Sanyo Gutierrez :“Je suis plutôt pour le Barça, même si je ne suis pas un fan. Mais je préfère que le Barça gagne et que le Real perde. Mais le Real mérite tout mon respect. Lorsque les matchs importants arrivent, ils gagnent. Et aussi River Plate en Argentine !

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Il est le monsieur international de Padel Magazine. Vous le verrez souvent sur les différentes compétitions internationales, mais aussi sur les grands évènements français. @eyeofpadel sur Instagram pour voir ses meilleures photos de padel !


































































































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