On ne change pas une équipe qui gagne, on en affine simplement les profils. Après avoir décortiqué les formes hybrides, je me suis penché sur les deux tempéraments les plus tranchés du catalogue. Pallap conserve ici ses trois piliers technologiques (Engine, Shield, Fortress), mais les décline à travers deux architectures radicalement différentes : le diamant pour ceux qui veulent envoyer la foudre, et la goutte d’eau pour les techniciens qui font de la maniabilité leur priorité absolue.

Pour ce volet, Pallap a fait le choix de la sagesse en conservant les moules 2025 qui avaient tant séduit la saison dernière — pas besoin de réinventer la roue quand on possède des châssis aussi aboutis. La marque en profite donc pour y injecter ses dernières recettes technologiques, permettant un ajustement de caractère salvateur. Comme nous allons le voir plus loin, les déclinaisons Star ont véritablement muté : là où elles affichaient une certaine sécheresse l’an dernier, elles se sont cette saison assagies pour offrir un confort de frappe et une tolérance bien plus immédiats, sans pour autant perdre leur ADN de compétitrices.

Voici le crash-test des trois mousquetaires : la Power Pro HDR, la Power Star et la Velocity Star.

Power Pro HDR : l’estocade ibérique à l’état pur

Si l’EvoForce Pro était le sommet hybride, la Power Pro HDR s’impose sans conteste comme la référence absolue de la gamme Power. Pour ce modèle, Pallap a maintenu une production exclusivement espagnole — un gage de fiabilité et de soin artisanal qui se ressent immédiatement. La marque a également conservé son excellent moule 2025, caractérisé par une longueur de manche superbe qui offre un bras de levier magistral au smash.

Visuellement, elle impose un respect immédiat. Sa robe noir laqué d’une profondeur abyssale laisse subtilement deviner la trame du carbone, électrisée par des détails Cyan Blue vibrants qui soulignent l’imposant logo central strié. Ce contraste entre le noir brillant et ce bleu néon ultra-moderne lui donne une allure racée, à la fois percutante et premium. On distingue parfaitement à l’œil nu la texture granuleuse de la finition Hyperspin qui recouvre le tamis, tandis que la mention “Made in Spain” en bas de cadre signe son pedigree d’exception.

Hyperspin

Dès les premières frappes, son caractère offensif s’affirme avec un poids en tête marqué. Mais c’est sur la fibre intégrée que Pallap crée la surprise : le 15K Carbon CX (Made in Italy) s’avère, à l’usage, bien moins rigide qu’attendu. Ce choix technique est brillant — il permet de domestiquer cette pala volcanique, lui apportant un toucher plus communicatif et moins “poutre” que ce que sa fiche technique pourrait laisser croire. On profite d’un sweet spot vraiment décent pour une forme diamant, magnifié par l’accroche de l’effet cristalisé du quartz qui permet de trancher la balle avec une efficacité redoutable.

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Le son à l’impact est sec, nerveux, et témoigne de la densité de son noyau : la Powerlayer 45, la mousse la plus compacte du catalogue. Pour encaisser une telle puissance, “La Forteresse” est de sortie avec son cadre hybride Kevlar + Carbon qui stabilise la structure sous les plus fortes contraintes, tandis que la technologie Rocksolid infuse du basalte dans le pont et le manche pour filtrer les vibrations parasites. C’est un instrument de haute précision qui, s’il reste exigeant et couplé à une excellente technique, se révèle bien plus jouable et gratifiant que la majorité de ses concurrentes directes.

Pallap 2026 (Partie III) : le punch du diamant face à l’agilité de la goutte d'eau

Power Star : la foudre à portée de tous

Si la version HDR est réservée aux guerriers avec un bras solide, la Power Star est la démonstration éclatante qu’une forme diamant peut parfaitement rimer avec plaisir immédiat. Elle conserve cette signature portée vers l’attaque, mais bascule sur un registre beaucoup plus accessible. On sent immédiatement que la marque a souhaité tempérer l’austérité de l’an passé : là où le modèle précédent se montrait parfois intransigeant à l’impact, ce cru 2026 gagne en souplesse de réponse et en élasticité. Les ingénieurs ont réussi à gommer cette rudesse caractéristique pour proposer un toucher plus conciliant, transformant ce diamant brut en une arme redoutable qui sait désormais se montrer prévenante avec le bras du joueur.

Visuellement, elle annonce la couleur sans la moindre discrétion. On est sur un châssis silver étincellant qui vient encadrer un tamis au look ravageur. Le fond de la raquette arbore un motif en damier rouge et noir profond avec un finish brillant du plus bel effet. Le vrai point focal, c’est cet imposant logo “P” central aux contours chromés qui semble changer de nuance selon l’angle de la lumière — le mariage entre le gris galet du cadre et ce rouge électrique lui donne une allure à la fois technologique et agressive.

On note enfin une différence de taille concernant la finition : le relief Spindriver est ici omniprésent sur les faces. Cette texture 3D recouvre l’intégralité de la surface du tamis, offrant une zone d’accroche totale pour vos effets, là où ce procédé restait localisé exclusivement au cœur du logo sur la BrightStar.

Ce design racé sert d’écrin à une belle prouesse d’équilibre technique. Pallap a réussi à garder le levier d’un diamant tout en utilisant une mousse espagnole mid/soft plus tolérante, la Puretouch 28. Le secret de cette “puissance douce” ? Le 15K Alumatrix tout droit sorti des ateliers transalpins — une technologie que l’on retrouve déjà sur les modèles EvoForce Team Pink et BrightStar.

L’incorporation de filaments d’aluminium offre un rendement nettement plus élastique, apportant une souplesse de frappe salvatrice.

En main, c’est une véritable surprise : elle se montre étonnamment maniable, presque douce, permettant de défendre sereinement malgré son caractère offensif. La sortie de balle est plus “gratuite” que sur la gamme Pro, offrant un confort souverain sans sacrifier le rendement final. Son revêtement 3D Spindriver fait le reste en apportant ce surplus d’accroche idéal pour structurer ses viboras. On note d’ailleurs une signature sonore assez sourde, preuve que les vibrations sont parfaitement absorbées. On est sur une raquette d’attaque à visage humain : redoutable, ultra-jouable, et surtout incroyablement valorisante sur chaque frappe.

3D Lightning

Velocity Star : Et si c’était elle, la véritable star du bal ?

On change d’univers pour entrer dans la famille de la Velocity Star, véritable référence de la fluidité et de la réactivité en format goutte d’eau. Fidèle à l’excellent héritage de la gamme, elle s’appuie sur le moule 2025, déjà plébiscité pour son équilibre magistral et sa poignée allongée. Cette longueur de manche généreuse reste un atout majeur du catalogue : elle offre un contrôle total des trajectoires et un bras de levier immédiat dès que l’on veut accélérer le jeu.

Pourtant, sous cette silhouette familière, on note une métamorphose flagrante de son tempérament. Tout comme la Power Star, la Velocity Star s’est considérablement adoucie cette saison. Là où le millésime précédent imposait un accueil assez rigide, la version 2026 privilégie désormais une flexibilité accueillante et un toucher beaucoup plus docile.

Sur la piste, on retrouve cette sensation de « gant de velours » : la raquette absorbe les chocs avec une rare élégance et vient gommer les petites imprécisions pour transformer chaque frappe en un moment de pure fluidité. Pallap a réussi à concevoir une raquette de précision beaucoup plus indulgente qui permet de rester serein, même quand la cadence s’envole au filet. C’est la preuve qu’on peut maîtriser la vitesse et la réactivité du haut niveau sans jamais brutaliser son propre poignet.

Visuellement, c’est sans doute la pièce la plus tonique de la collection. Elle reprend le châssis gris sidéral de la Power Star, une teinte qui met joliment en valeur, par contraste, un tamis bleu turquoise électrique absolument superbe.

Pallap 2026 (Partie III) : le punch du diamant face à l’agilité de la goutte d'eau

Sous le vernis, on devine la précision du tressage de carbone, tandis que l’imposant logo central joue avec la lumière sur des reflets irisés et striés, basculant du bleu au rouge selon votre angle de vue. C’est une pala rayonnante, qui dégage une impression de vitesse et d’agrément avant même de fouler la moquette.

Sous ce design rafraîchissant et une enveloppe plus profilée que celle de la Power Star, on retrouve une base technologique quasiment similaire. La raquette s’appuie d’ailleurs sur le carbone 15K Alumatrix : sa faculté à maintenir un comportement identique été comme hiver est une bénédiction pour les joueurs exigeants qui détestent les impacts qui ramollissent sous la chaleur.

Le véritable arbitrage technique par rapport à la Power Star se joue dans les entrailles de la raquette. Pour la Velocity Star, Pallap n’a pas hésité à traverser la Manche afin d’intégrer l’EVA Fusion 30. Directement sourcée en terre britannique, cette mousse de densité médium se montre légèrement plus dense et stable que la Puretouch 28, garantissant une réponse nette, particulièrement précieuse lors des phases de transition les plus nerveuses.

C’est l’outil du métronome — celui qui mise tout sur la vitesse de bras et la précision du timing. On n’a pas la masse brute de la HDR, mais on gagne une agilité diabolique. La synergie entre la mousse Fusion 30 et l’Alumatrix permet de sentir la balle “mordre” le tamis, offrant une connexion poignet-balle d’une netteté absolue.

Zoom sur le 15K Alumatrix : le régulateur de sensations

Après avoir passé en revue ces trois tempéraments, il est indispensable de s’arrêter sur l’ingrédient commun à une grande partie de la gamme Star — ainsi qu’aux références Team Pink et BrightStar : le 15K Alumatrix. Ici, Pallap ne se contente pas d’aligner un carbone italien haut de gamme — les ingénieurs y ont infusé des filaments d’aluminium, et c’est un vrai bouleversement pour deux raisons fondamentales.

La première, c’est le rendement élastique. L’apport de l’aluminium casse la raideur de la fibre de carbone pour apporter une souplesse de frappe salvatrice — on évite cet effet “poutre” trop sec qui peut être usant pour le bras, et on gagne cette sensation de puissance facile et de confort royal à l’impact.

La seconde, et sans doute la plus bluffante, c’est la régulation thermique. Tout joueur régulier connaît ce cauchemar : une raquette qui devient dure comme de la pierre par 5°C ou molle comme un chewing-gum sous 30°C. L’alliage Alumatrix promet un rendement identique quelle que soit la météo — fraîcheur matinale d’un club hivernal ou cagnard de plein été, la réponse du tamis reste constante. C’est l’assurance d’avoir les mêmes sensations sous la main 365 jours par an — un luxe technique devenu indispensable pour tout compétiteur qui refuse que les conditions extérieures dictent la qualité de ses smashs.

Verdict final

Après avoir passé au crible une énorme partie de la collection 2026, un constat s’impose : Christophe Dessalles et ses équipes ne se sont pas contentés de créer des raquettes, ils ont conçu une véritable cartographie de la performance.

Chaque référence est pensée pour des contraintes de jeu spécifiques. Qu’il s’agisse de l’alliance Kevlar-Carbon — qui offre une résistance et une stabilité maximales à la Power Pro HDR — ou de la structure Dual Carbon qui équipe les versions Star pour garantir un meilleur encaissement des chocs et une durabilité accrue face aux impacts du quotidien, Pallap réussit son pari. La marque occupe désormais chaque recoin stratégique de la piste avec une cohérence tout simplement remarquable.

Dual Carbon

Cette attention portée au joueur s’exprime jusque dans les détails les plus subtils : fidèle à ses standards, Pallap continue d’équiper l’intégralité de sa gamme 2026 d’une dragonne molletonnée, un confort dont on a désormais bien du mal à se passer.

L’utilisation des moules 2025 sur ce segment permet d’ailleurs de capitaliser sur une ergonomie irréprochable, avec cette fameuse longueur de manche qui offre un bras de levier superbe pour des rulos de premier ordre.

Comme pour les références hybrides testées précédemment, je reste soufflé par la transparence et le sérieux de l’usine : valider chaque poids et chaque balance à la main, directement sur le grip, est un signe fort. On sent que dans le cahier des charges de la marque, il y a de la technologie de pointe, bien sûr, mais aussi beaucoup d’humain, et surtout une exigence qui ne faiblit jamais.

Sur le sommet des cadres, une inscription en mode “liste d’ingrédients” vient résumer l’ADN de chaque raquette : Engineering, Excellence et Emotion. Ce “Triple E” prouve qu’entre l’ingénierie pure et l’excellence de fabrication, Pallap ne perd jamais de vue l’Essentiel : transformer la haute technologie en une pure décharge d’émotions dès que l’échange s’emballe.

Cette quête de l’orfèvrerie technique n’est d’ailleurs plus un secret pour les cadors du circuit. La marque vient de frapper fort en enrôlant trois profils qui en disent long sur son ambition : l’expérience de l’Espagnol Tonet Sans (Top 70 FIP), la fougue de Vasileios Sioulis (numéro 1 grec et Top 300 FIP), sans oublier la pépite Claudia Escacena, couronnée championne du monde U18 en 2025 et déjà aux portes du Top 80 FIP.

Pallap 2026 (Partie III) : le punch du diamant face à l’agilité de la goutte d'eau

S’il fallait établir une hiérarchie finale basée sur notre test terrain :

Le pôle « Puissance Radicale » : c’est le royaume de l’EvoForce Pro et de la Power Pro HDR. Ici, on cherche le KO. Le châssis hybride Kevlar-Carbon (La Forteresse) et la mousse Powerlayer 45 n’offrent aucune concession. Si vous avez le bras et la technique pour dompter ces « enclumes agiles » (merci au moule 2025 de la HDR !), vous tenez les armes les plus dévastatrices du circuit.

Le pôle « Versatilité Premium » : mon immense coup de cœur, l’EvoForce Elite, ainsi que l’intrigante Darkstar, règnent ici. C’est le “sweet spot” du catalogue. On profite d’un rendement dynamique exceptionnel avec des noyaux performants et polyvalents. Elles rassurent le compétiteur car elles savent tout faire : défendre l’impossible et conclure avec autorité.

Le pôle « Agilité Technique » : les Velocity Star, BrightStar et Power Star s’imposent comme les reines incontestées de la réactivité. L’apport du carbone 15K Alumatrix change radicalement la donne sur la piste : le jeu devient fluide, et le bras de levier offert par le manche long fait des miracles au filet. Ce trio au caractère « étoilé » se montre particulièrement indulgent en défense, tout en ayant toujours le répondant nécessaire pour conclure les points avec autorité.

Le pôle « Progression & Plaisir » : les gammes Team (mention spéciale à la version Pink) qui sont les portes d’entrée parfaites. Elles offrent un confort soyeux (Puretouch 28) sans jamais trahir l’exigence de qualité maison.

Pour que ce verdict terrain soit le plus fidèle possible, il est important de préciser que l’intégralité de ces tests a été effectuée avec les balles Pallap Competition 01. Récemment homologuées FIP, elles constituent un véritable gage de sérieux pour la marque : le rebond est optimal, la durabilité exemplaire, et la sensation de frappe reste constante session après session.

Pallap 2026 (Partie III) : le punch du diamant face à l’agilité de la goutte d'eau

Ce dossier sur le cru 2026 est désormais bouclé. Je tiens à adresser un immense merci à Christophe Dessalles, le grand architecte derrière le projet Pallap. Tester ce matériel en exclusivité plusieurs semaines avant les sorties officielles est un véritable privilège ; cela me permet de vous livrer ces analyses au plus près de l’âme et de la conception pure du produit, tout en découvrant en avant-première les gammes textile et bagagerie premium de la marque.

Matrix pallap 2026

Pour parfaire le “total look”, il ne manque désormais plus que les chaussures… mais on me dit dans l’oreillette qu’une boîte en taille 44,5 devrait arriver du côté de Marseille d’ici très peu de temps !

Un clin d’œil appuyé également à Léandro Perez, responsable commercial France de la marque : son implication est totale et son énergie pour porter le projet sur l’Hexagone s’avère tout simplement contagieuse. Collaborer avec des profils aussi investis est un pur bonheur. Il est d’ailleurs fascinant de constater que pour une enseigne qui n’affiche que deux ans au compteur, les progrès réalisés et l’ambition évoquée sont sans équivoque. Voir autant d’engouement couplé à une telle rigueur en dit long sur l’avenir radieux que Pallap nous réserve !

Stéphane Penso

Fan de padel, Stéphane est devenu le testeur officiel de la planète padel en Europe. Tout passe par ses mains expertes. Grâce à sa grande expérience dans le monde de la raquette, il est capable de vous scanner le matos de la tête aux pieds !