Il confirme ce que de nombreux clubs, dirigeants et acteurs du padel observent au quotidien : le padel continue de recruter massivement de nouveaux joueurs en France, mais peine encore à transformer une partie de cette population en pratiquants réguliers et engagés. À travers les données publiées dans l’Observatoire du Padel 2025, réalisé par Union Entreprise Sport & Cycle, un constat clair se dessine : la croissance du padel ne repose plus uniquement sur l’attractivité du sport, mais désormais sur sa capacité à fidéliser, structurer et rendre accessible une pratique encore jeune.
Les chiffres sont sans ambiguïté. Un pratiquant sur trois a découvert le padel au cours de l’année écoulée, et près des deux tiers jouent depuis moins de deux ans. Cette dynamique témoigne d’un sport en pleine phase de conquête, porté par sa dimension ludique, sociale et accessible. Mais derrière cet engouement, une autre réalité apparaît : une part significative des joueurs reste cantonnée à une pratique occasionnelle, freinée non par le manque d’envie, mais par des contraintes bien identifiées telles que le coût de la pratique, la disponibilité des terrains ou encore la difficulté à trouver des partenaires de jeu.
En analysant en profondeur les profils des nouveaux pratiquants, des joueurs occasionnels et des pratiquants réguliers, l’Observatoire du Padel 2025 apporte un éclairage précieux sur les mécanismes d’entrée, de fidélisation et de décrochage au sein de la communauté padel. Femmes, jeunes adultes, non-licenciés ou anciens joueurs de tennis : les publics qui découvrent le padel aujourd’hui ne sont pas ceux qui structurent encore majoritairement la pratique compétitive. Un décalage qui pose une question centrale pour l’avenir du padel en France : comment transformer l’enthousiasme initial en une pratique durable et régulière ?
Cette analyse détaillée des données issues de l’Observatoire du Padel 2025 permet ainsi de mieux comprendre qui joue au padel aujourd’hui, depuis combien de temps, à quel rythme, et surtout pour quelles raisons certains joueurs ne jouent pas davantage. Autant d’enseignements clés pour les clubs, les fédérations, les collectivités et l’ensemble des acteurs du padel, à l’heure où le sport entre dans une nouvelle phase de son développement.
1. Une base de pratiquants encore très jeune : le padel reste en phase de conquête
Le premier enseignement majeur est la jeunesse structurelle de la pratique.
- 33 % des pratiquants déclarent jouer au padel depuis moins d’un an
- 63 % pratiquent depuis moins de deux ans
- À l’inverse, seuls 7 % déclarent pratiquer depuis plus de cinq ans
Cette répartition confirme que le padel français est encore dans une phase d’expansion, et non de maturité. Contrairement à des sports installés depuis plusieurs décennies, la pyramide de l’ancienneté est ici inversée : la base est large, mais le sommet reste étroit.
Conséquence directe : la croissance du padel dépend aujourd’hui davantage de sa capacité à fidéliser qu’à attirer de nouveaux joueurs, un objectif structurel pour les clubs et les fédérations.
2. Qui sont les nouveaux pratiquants ? Un public identifiable et segmenté
L’analyse du Focus n°2 permet de dresser un portrait précis des joueurs ayant commencé le padel depuis moins d’un an.
2.1 Une surreprésentation féminine et jeune
- 44 % des femmes pratiquent le padel depuis moins d’un an
- Contre 31 % chez les hommes
- Les 18–24 ans sont le groupe le plus concerné (43 % de nouveaux pratiquants)
Le padel séduit particulièrement :
- les femmes
- les jeunes adultes
- les publics en phase de découverte sportive
Cela confirme le rôle du padel comme sport d’entrée, accessible techniquement et socialement, notamment pour des publics parfois éloignés de la compétition traditionnelle.
2.2 Une pratique encore peu ancrée dans la compétition
Les chiffres montrent une forte corrélation entre ancienneté et intensité de pratique :
- 39 % des joueurs occasionnels sont des nouveaux pratiquants
- 41 % des non-licenciés pratiquent depuis moins d’un an
- À l’inverse, seuls 23 % des joueurs intensifs sont des nouveaux entrants
Plus un joueur est engagé (licence, compétition, régularité), plus son ancienneté est élevée.
Le passage vers une pratique structurée est donc progressif, et non automatique.
3. Le cœur du problème : pourquoi le padel reste souvent occasionnel ?
Le Focus n°3 apporte un éclairage fondamental sur le point de friction actuel du développement du padel : la transformation des pratiquants occasionnels en joueurs réguliers.
3.1 Profil type du joueur occasionnel
Le joueur occasionnel est majoritairement :
- Non-compétiteur (53 %)
- Femme (36 %)
- Ancien joueur de tennis (36 %)
- Non-licencié (31 %)
- Âgé de 18 à 24 ans (30 %)
À l’inverse :
- Seuls 11 % des compétiteurs sont des joueurs occasionnels
- Seulement 4 % des joueurs occasionnels possèdent une licence padel
La compétition et la licence apparaissent comme les principaux leviers de fidélisation, bien plus que l’âge ou le genre.
3.2 Les freins sont structurels, pas motivationnels
Contrairement à certaines idées reçues, le manque d’envie arrive très loin dans les raisons évoquées.
Les principaux obstacles sont :
- Les tarifs pratiqués : 59 %
- La disponibilité des partenaires : 47 %
- La disponibilité des terrains : 37 %
- La distance du domicile : 18 %
- Le manque d’envie : seulement 10 %
Le diagnostic est clair :
Le problème du padel n’est pas l’attractivité, mais l’accessibilité.
Les joueurs veulent jouer davantage, mais se heurtent à :
- un coût perçu comme élevé
- une organisation complexe
- une pression sur les créneaux disponibles
4. Lecture globale : un sport attractif, mais encore fragile dans sa structuration
En croisant les trois documents, un schéma cohérent se dessine :
- Le padel attire rapidement et massivement
- Mais une part importante des pratiquants reste à la périphérie du système
- La fidélisation dépend moins de la passion que de conditions matérielles et sociales
Le passage de :
joueur curieux → joueur régulier → joueur licencié → joueur compétiteur
reste aujourd’hui le principal défi du padel français.
5. Enjeux à moyen terme pour le développement du padel
Ces données soulèvent plusieurs enjeux structurants :
- Politique tarifaire : formats courts, offres découverte, abonnements adaptés
- Facilitation de la mise en relation : groupes, ligues internes, communautés club
- Augmentation et optimisation des créneaux : gestion fine des pics horaires
- Accompagnement des nouveaux publics (femmes, jeunes, non-compétiteurs)
- Transition progressive vers la licence, sans rupture culturelle
L’Observatoire du Padel 2025 montre un sport en pleine expansion, mais encore en construction.
Le padel a réussi son pari de l’attractivité.
Le prochain défi sera la transformation de l’essai, en structurant une pratique durable, régulière et accessible.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































Kuikma accélère dans le padel : joueurs de haut niveau, matériel complet et nouvelles ambitions
Bullpadel frappe fort avec ses raquettes “Argentine” : la collection qui enflamme Buenos Aires
Buenos Aires P1 – Le programme complet des seizièmes de finale de ce mercredi
La croissance du padel, toujours forte… mais un padel féminin (très) malmené…
Jesús Moya : “Le padel te donne la vie” – entre blessures, pression et quête du top 50
Yannick Noah : « C’est un peu grâce à Dieu… que j’ai vraiment joué au tennis »
Julie Razafindranaly : des universités américaines aux tournois internationaux de padel
Javier Martínez : “Un top 100 français peut gagner plus qu’un top 40 espagnol”
Padel des Ancises à Vichy, le club privé dénonce l’impact du CNE padel financé par des fonds publics
Nantes : un nouveau complexe de padel et pickleball verra le jour en 2027
La FFT lance son appel à candidatures pour les tournois FIP 2027
Argentine : une nation à part dans l’histoire du padel
Paula Josemaría atteint les 50 titres : une nouvelle marque forte dans sa carrière
Raichman / Muesser : le danger caché du FIP Bronze de Marnes-la-Coquette ?
Tom Holland et Zendaya au cœur du “BERO Padel Classic” à Los Angeles
Siux verrouille Augsburger jusqu’en 2040 : un contrat inédit dans l’histoire du padel
Les Assises du Padel poseront leurs valises à Marseille pour la troisième édition
Sport et assurance : pourquoi la protection des pratiquants devient un enjeu majeur
Et si seulement 5 gestes suffisaient pour mieux comprendre le padel ?
P2 Asunción – Comment un détail tactique a fait basculer la rencontre entre Garrido / Bergamini et Barahona / Alfonso
Lucas Campagnolo : “Si je m’étais rompu les croisés, j’aurais arrêté et je serais retourné au Brésil pour travailler dans l’élevage”
Padel Brissac accueille un stage avec Bastien Blanqué et Nico Gavino en juin 2026
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Comprendre les effets pour mieux jouer au padel
Air padel : pourquoi les pros répètent “dans le vide” (et comment l’utiliser sans tomber dans le gadget)
La vibora décomposée : transfert, plan de frappe et sensations
Coello / Tapia : une réponse tactique structurée face aux smasheurs de gauche
Le padel : cocktail parfait de réflexe et de stratégie
Premier Padel supprimera-t-il les têtes de série ? L’idée de Chingotto relance un vrai débat
Service au padel : une règle contestée, une solution technologique envisageable…
Tournois coachés : accélérateur de progression… ou dérive du padel amateur ?
Pablo Cardona face au dilemme du retour prématuré – Il fait finalement marche arrière
Padel et vélo : une complémentarité efficace pour la performance et la santé
Miami P1 : le craquage de Juan Lebrón qui change tout
FIP Promises Paris : Jean-Thomas Peyrou voit émerger une génération française capable de rivaliser
Viapadel Cup 2026 : Tarragone accueille un 3e round entre padel, plage et fête