Les lecteurs de Padel Magazine connaissent déjà Kateryna Yegoreychenko. Interviewée une première fois en 2022, puis de nouveau lors de la première édition du FIP Silver Narbonne en 2025, l’Ukrainienne était de retour cette année dans l’Aude avec sa partenaire Vladyslava Zanosiienko. Un retour chargé de symboles puisque c’est précisément à Narbonne que les deux joueuses avaient disputé leur tout premier tournoi ensemble… et même leur première compétition professionnelle de padel.

Douze mois plus tard, les progrès sont déjà visibles.

« L’année dernière, c’était notre tout premier match ensemble en padel. Cette année, nous avons réussi à passer un tour. C’est notre anniversaire de padel, et forcément, nous voyons déjà la différence. »

Si le résultat final reste une élimination face à une paire bien installée sur le circuit FIP, les deux Ukrainiennes repartent avec de nombreuses certitudes.

Une nouvelle vie après le tennis

Comme de nombreuses joueuses arrivées récemment sur le circuit, Kateryna et Vladyslava viennent du tennis. Mais leurs parcours ne sont pas tout à fait identiques.

« Vladyslava a joué uniquement au tennis. De mon côté, j’ai pratiqué le tennis pendant une vingtaine d’années avant de passer cinq à six ans sur le circuit de beach tennis. Aujourd’hui, j’essaie de mettre toute cette expérience au service du padel. »

Pour Kateryna, le padel représente aujourd’hui une véritable passion, même si la réalité du quotidien impose certaines limites.

« J’ai deux enfants, je travaille également. Nous ne pouvons pas jouer autant de tournois que les joueuses professionnelles. Pour l’instant, notre premier objectif est de prendre du plaisir tout en continuant à progresser. »

Cette progression est d’ailleurs ce qui motive le plus la paire ukrainienne.

« À chaque tournoi, nous avons le sentiment d’apprendre quelque chose de nouveau. C’est ce qui nous pousse à continuer. »

Deux villes, une même ambition

Installées toutes les deux en Catalogne, Kateryna vit à Barcelone tandis que Vladyslava réside à Lloret de Mar.

Une heure de route les sépare.

« Ce n’est pas idéal pour s’entraîner ensemble, mais ce n’est pas non plus un obstacle. Nous faisons au mieux pour nous retrouver régulièrement. »

Les deux joueuses se connaissent pourtant depuis bien plus longtemps.

« Nous nous connaissons depuis une quinzaine d’années grâce au tennis. En revanche, nous n’avions jamais joué ensemble en double. Finalement, c’est le padel qui nous a réunies. »

Le tennis aide… mais oblige aussi à tout réapprendre

Le débat revient souvent : les anciens joueurs de tennis possèdent-ils un avantage au padel ?

Pour Kateryna, la réponse est nuancée.

« Bien sûr que le tennis aide. On possède déjà les réflexes, le contrôle de balle, l’expérience de la compétition. Mais il faut aussi désapprendre énormément de choses. Pendant vingt ans, on nous apprend à aller chercher chaque balle. Au padel, il faut parfois la laisser passer jusqu’à la vitre. Changer ces automatismes demande du temps. »

Son expérience en beach tennis lui apporte également quelques atouts.

« Les déplacements avant-arrière ressemblent davantage au beach tennis, et courir sur le sable aide physiquement. Mais si je devais choisir un seul sport pour préparer le padel, je dirais quand même le tennis. »

« Nous aimons la voie la plus difficile » : un an après, Kateryna Yegoreychenko mesure le chemin parcouru

Une leçon face au très haut niveau

À Narbonne, les Ukrainiennes ont pu mesurer l’écart qui les sépare encore des meilleures joueuses du circuit FIP.

Une expérience qu’elles considèrent avant tout comme une formidable source d’apprentissage.

« Ce qui nous a le plus impressionnées, ce n’est même pas la vitesse de la balle. C’est leur vitesse de déplacement. À peine avons-nous le temps de réfléchir à l’endroit où jouer que les adversaires sont déjà au filet. »

L’autre différence saute immédiatement aux yeux.

« Même lorsque nous réussissions un bon lob, elles trouvaient le moyen d’attaquer. Là où la plupart des joueuses remettraient simplement la balle, elles étaient déjà capables de prendre l’initiative. Nous n’avions jamais joué contre des joueuses comme elles. »

Une confrontation difficile… mais riche d’enseignements.

« Maintenant, nous savons exactement ce qui nous manque pour franchir un nouveau cap. »

Puis, dans un éclat de rire, Kateryna conclut avec ambition :

« L’année prochaine… on les attrape ! »

Choisir le chemin le plus difficile

Alors que certains joueurs choisissent des tournois moins relevés pour accumuler plus facilement des points FIP, Kateryna et Vladyslava ont fait un autre choix.

« Nous préférons rester en Espagne. Le niveau y est beaucoup plus élevé, mais c’est aussi comme cela que nous progresserons le plus vite. Beaucoup de joueurs vont chercher des points ailleurs en Europe. Nous, nous aimons la voie la plus difficile. »

Le prochain rendez-vous est déjà fixé avec les tournois FIP de Barcelone. Un nouveau défi pour une paire qui, un an après ses débuts à Narbonne, continue de grandir à son rythme… sans brûler les étapes.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.