Présent au FIP Silver de Narbonne, Maxime Deloyer fait partie de ces joueurs dont le parcours ne suit pas une trajectoire linéaire. À seulement 22 ans, le numéro 2 belge, derrière Clément Geens, a déjà connu une ascension fulgurante sur le circuit FIP, une pause volontaire, puis un retour avec une vision totalement différente de la compétition. Entre sa chaîne YouTube, le circuit français et ses nouvelles ambitions internationales, Deloyer semble avoir retrouvé ce qui lui manquait : le plaisir de jouer.
Une ascension éclair… puis un coup d’arrêt
Le Bruxellois débute sur le circuit international aux côtés de Clément Geens. Pour leur premier tournoi ensemble, un FIP Star à Doha, les deux Belges atteignent la finale. Un résultat qui propulse immédiatement Deloyer au classement mondial.
« Mon tout premier tournoi, c’était un FIP Star au Qatar. On fait finale avec Clément et directement je monte au classement. »
L’ascension est rapide. Il atteint la 140e place mondiale, s’entraîne notamment à la M13 aux côtés de Juan Lebrón et enchaîne les tournois internationaux.
Mais derrière les résultats, la réalité du circuit le rattrape.
« Au début, j’avais un peu les étoiles dans les yeux. Puis il fallait voyager toutes les semaines, changer constamment de partenaire. Comme je ne parlais pas espagnol et que j’étais belge, beaucoup préféraient finalement jouer avec un Espagnol. »
Une situation que de nombreux joueurs non espagnols ont connue sur le circuit FIP.

Une année loin du circuit
Fatigué par ce rythme de vie, Deloyer décide de faire une pause.
Pendant près d’un an, il se consacre au coaching en Belgique, où il entraîne aussi bien des joueurs confirmés que des jeunes.
« J’adore coacher. Ça m’a énormément plu. »
Mais à seulement 22 ans, rester tous les week-ends chez lui finit par lui donner envie de retrouver la compétition.
Le déclic vient d’un projet auquel il ne pensait pas forcément : YouTube.
Inspiré par plusieurs créateurs de contenu, il lance sa propre chaîne afin de montrer les coulisses de ses tournois.
« En Belgique, personne ne faisait ça. Tu gagnes un tournoi, les gens voient juste une photo et se disent : “On n’a même pas vu le match.” Je me suis dit que ce serait sympa de partager tout ça. »
Trois mois plus tard, les premiers retours sont déjà très positifs.
« Ce n’est pas du tout dans ma nature de faire ça, mais aujourd’hui je m’éclate. Même sur les P1000 en France, des gens viennent me voir parce qu’ils suivent mes vidéos. »
Le circuit français, un terrain de jeu idéal
Depuis plusieurs mois, Maxime Deloyer multiplie les apparitions sur le circuit français, où il a notamment remporté le P1000 de No Ad Padel Club aux côtés d’Adrien Maigret.
Un choix logique pour le Belge.
« Depuis Bruxelles, c’est souvent trois ou quatre heures de route. L’ambiance est géniale et je prends ces tournois comme un week-end entre copains. Je travaille la semaine, je pars jouer le vendredi soir, je crée du contenu et si je gagne, c’est encore mieux. »
Au fil des tournois, il partage la piste avec plusieurs joueurs français comme Adrien Maigret ou Eliot Deknuydt, qu’il côtoie depuis ses années sur le circuit international.
Ce retour en France nourrit aussi un nouvel objectif : reprendre progressivement les tournois FIP.
« J’aimerais proposer davantage de contenus sur les FIP. Aujourd’hui je suis autour de la 900e place mondiale, donc il y a du chemin, mais j’espère remonter rapidement. »
Une association inattendue avec Jerzy Janowicz
À Narbonne, Deloyer évolue aux côtés de l’ancien 14e joueur mondial de tennis, Jerzy Janowicz.
Une association qui ne doit rien au hasard.
Le Polonais avait déjà tenté de le convaincre de jouer avec lui lorsqu’il évoluait dans le Top 150 mondial, sans succès en raison d’engagements déjà pris.
Cette fois, les planètes se sont alignées.
« Je cherchais un partenaire et Jerzy est quelqu’un avec qui je m’entends très bien. C’est quelqu’un de très drôle, on passe de bons moments en dehors du terrain. »
Sur la piste, le profil de Janowicz change forcément les habitudes.
« C’est un gros smasheur. Il fait parfois quelques fautes, puis il envoie deux missiles. Moi, j’aime jouer avec ce type de joueur parce que les adversaires le craignent et ça me laisse davantage de place pour attaquer. »

Le padel belge poursuit sa croissance
Si le développement du padel français reste une référence, Deloyer observe une véritable accélération en Belgique.
« Il y a énormément de clubs indoor qui ouvrent. Avec notre météo, on est presque obligés de jouer en intérieur. Beaucoup de clubs de tennis se transforment progressivement en clubs de padel. »
Le principal frein reste selon lui l’organisation du padel belge.
Entre les circuits nationaux, flamands et francophones, les classements ne sont pas harmonisés.
« Clem est numéro un belge, moi numéro deux. Mais quand on joue en Flandre, ils ne prennent pas en compte le classement national. On n’est même pas tête de série. »
Sur le plan sportif, Deloyer estime que la Belgique manque encore de profondeur.
« Il y a de très bons jeunes qui arrivent, mais il faudra encore développer les structures de formation. Dans quatre ou cinq ans, je pense qu’on aura franchi un cap. »
Les Mondiaux en ligne de mire
En fin de saison, Maxime Deloyer espère défendre les couleurs de la Belgique aux Championnats du monde.
Mais rien n’est encore acquis.
La sélection belge devra d’abord passer par une phase de qualification.
« On n’est pas encore qualifiés. La dernière fois, on termine autour de la 11e place et cette fois, il faudra certainement passer par les qualifications. »
Avec Clément Geens, il formera une nouvelle fois l’ossature de l’équipe nationale.
« Le problème, c’est qu’on manque encore d’un gros noyau de joueurs professionnels. Aujourd’hui, beaucoup de nations ont des joueurs qui disputent le circuit FIP toute l’année. »
Retrouver le plaisir avant tout
S’il nourrit l’ambition de remonter au classement mondial, Deloyer ne veut plus revivre la pression qu’il s’imposait lors de sa première expérience sur le circuit.
Ses priorités sont désormais différentes : développer sa chaîne YouTube, retrouver progressivement le Top 200 mondial et continuer à prendre du plaisir.
« Avant, c’était beaucoup la performance. Aujourd’hui, les gens me disent qu’ils voient que je m’amuse sur le terrain et dans les vidéos. C’est exactement ce que je recherchais. J’espère pouvoir continuer comme ça le plus longtemps possible. »
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !


























































































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