Malgré un potentiel immense, le marché américain reste freiné par plusieurs obstacles

Avec plus de 340 millions d’habitants, une culture sportive développée et un marché du sport parmi les plus puissants au monde, les États-Unis apparaissent comme un candidat naturel pour devenir l’une des prochaines grandes puissances du padel mondial. Pourtant, malgré une progression régulière ces dernières années, le pays peine encore à reproduire la croissance observée en Espagne, en France ou au Royaume-Uni.

Le Global Padel Report 2026 de Playtomic et Strategy& classe les États-Unis dans la catégorie des marchés à fort potentiel mais encore en construction. Le rapport estime que le pays dispose d’atouts considérables, mais qu’il reste confronté à plusieurs freins structurels qui ralentissent son développement.

Un marché prometteur mais encore embryonnaire

Le rapport place les États-Unis dans la catégorie « Diamonds in the Rough », regroupant les pays dont le potentiel est important mais dont l’écosystème demeure encore immature. Aux côtés de l’Inde, du Brésil ou de l’Australie, les États-Unis représentent une opportunité majeure pour l’industrie mondiale du padel.

Contrairement à la France ou aux Pays-Bas, où le padel est déjà entré dans les habitudes sportives, le marché américain reste aujourd’hui concentré dans quelques régions bien précises.

La Floride, le Texas, la Californie et certaines zones de la côte Est concentrent l’essentiel des infrastructures et des pratiquants. Ailleurs, le sport demeure encore largement méconnu.

Une croissance portée par les communautés internationales

Le développement initial du padel aux États-Unis s’est principalement appuyé sur les communautés latino-américaines et les populations déjà familiarisées avec ce sport.

Le rapport souligne que la demande a d’abord été alimentée par des joueurs issus de pays où le padel est déjà bien implanté, avant de commencer progressivement à toucher un public américain plus large.

Cette situation explique en partie pourquoi le sport peine encore à atteindre une véritable dimension nationale.

Contrairement au pickleball, devenu un phénomène grand public, le padel reste aujourd’hui perçu comme une pratique relativement confidentielle dans une grande partie du territoire.

Le coût des infrastructures ralentit fortement l’expansion

L’un des principaux obstacles identifiés par le rapport concerne le coût de développement des clubs.

Construire un centre de padel aux États-Unis est souvent plus complexe et plus coûteux qu’en Europe.

Les promoteurs doivent faire face à :

  • des loyers commerciaux élevés ;
  • des procédures administratives longues ;
  • des règles d’urbanisme particulièrement strictes ;
  • des coûts de construction importants.

Le rapport insiste notamment sur les difficultés liées aux permis de construire et aux réglementations locales, qui peuvent considérablement ralentir l’ouverture de nouvelles installations.

Des terrains encore trop chers à importer

Autre frein majeur : la logistique.

La majorité des terrains de padel sont encore fabriqués en Europe. Leur importation vers les États-Unis engendre des coûts supplémentaires significatifs.

Transport maritime, stockage, montage et adaptation aux normes locales augmentent fortement le coût des projets.

Cette réalité limite le nombre d’investisseurs capables de développer rapidement de grands réseaux de clubs à travers le pays.

Le manque de notoriété reste le principal défi

Pour les auteurs du rapport, le véritable enjeu n’est pas seulement l’infrastructure.

Le plus grand défi reste la visibilité du sport.

En dehors des principaux bassins de développement, une grande partie de la population américaine ignore encore l’existence même du padel.

Contrairement à l’Europe, où le padel bénéficie désormais d’une forte exposition médiatique, les États-Unis doivent encore investir massivement dans :

  • la découverte du sport ;
  • l’éducation du public ;
  • les initiations ;
  • les événements promotionnels.

Cette phase d’évangélisation est indispensable avant d’espérer une explosion comparable à celle observée sur d’autres marchés.

Le pickleball : concurrent ou allié ?

Alors que certains considèrent le pickleball comme un rival direct, le rapport adopte une approche plus nuancée.

Selon ses auteurs, le succès du pickleball pourrait en réalité favoriser l’émergence du padel.

En familiarisant des millions d’Américains aux sports de raquette accessibles et sociaux, le pickleball agit comme une porte d’entrée potentielle vers le padel plutôt que comme un concurrent frontal.

Le défi consiste désormais à convertir une partie de ces pratiquants vers une discipline offrant une expérience différente mais complémentaire.

Pourquoi les investisseurs continuent d’y croire

Malgré ces difficultés, les perspectives restent très attractives.

Le rapport souligne que les États-Unis disposent d’une population immense, d’un pouvoir d’achat élevé et d’une culture du sport particulièrement favorable au développement d’activités de loisirs premium.

Pour de nombreux acteurs du secteur, la question n’est donc pas de savoir si le padel va réussir aux États-Unis, mais plutôt quand il atteindra sa masse critique.

Le géant dort encore

Le constat du Global Padel Report 2026 est clair : les États-Unis représentent probablement le plus grand potentiel de croissance du padel mondial, mais également l’un des marchés les plus complexes à développer.

Entre coûts élevés, contraintes réglementaires et manque de notoriété, le pays avance à un rythme plus lent que certains l’espéraient. Pourtant, si ces obstacles finissent par être levés, le marché américain pourrait devenir l’un des principaux moteurs de l’industrie mondiale du padel au cours de la prochaine décennie.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.