Vos résultats en tournoi ne vous conviennent plus, pas plus que les parties d’entraînement que vous jouez avec votre partenaire habituel. Avant de commettre l’irréparable et de mettre fin avec fracas à votre paire – voire à votre amitié – lisez ce qui suit…

On commence par une devinette : quelle est aujourd’hui la paire la plus ancienne dans le top 10 mondial masculin ? Et depuis combien de temps cette équipe est-elle en activité ?

Vous séchez ? Un indice : il ne s’agit plus de Federico Chingotto et Juan Tello, les deux Argentins qui ont disputé plus de 300 matchs ensemble. C’est en novembre dernier que cette paire a joué sa dernière partie, après sept ans de fidélité sans tache.

Avant eux, deux autres Argentins mythiques avaient démontré avec éclat que la fidélité, ça a du bon en matière de padel : Fernando Belasteguín et Juan Martín Díaz ont été nº1 pendant 13 années consécutives, remportant 170 finales sur 191 jouées ensemble. Belasteguín a ensuite coiffé trois couronnes de plus, cette fois au côté du Brésilien Pablo Lima.

La pression des résultats augmente

Et aujourd’hui encore, la paire la plus ancienne du World Padel Tour est celle qui a les meilleurs résultats : les Espagnols Alejandro Galán et Juan Lebrón. Les numéros 1 mondiaux entament leur quatrième année en tant que paire, comme nous le rappelle cet article de Diario AS. Galán a donc terminé les années 2020, 2021 et 2022 comme n°1, tandis que Lebrón y ajoute 2019, quand il jouait avec Paquito Navarro.

Chez les dames, Gemma Triay a elle bouclé sa troisième année consécutive au firmament, dont deux avec Alejandra Salazar à ses côtés. Mais elles sont devancées en nombre d’années de leadership par les jumelles Alayeto, quatre fois n°1 mondiales : hormis durant leur blessures, ces deux-là sont fidèles l’une à l’autre depuis 15 ans !

Malgré ces divers exemples de longévité gagnante, le padel professionnel moderne est de plus en plus mouvant, car soumis à la pression des résultats et peut-être à celle des sponsors. Dans le top 10 masculin, outre Galán et Lebrón, seuls les Andalous Momo Gonzalez et Alex Ruiz – une paire formée en avril 2022 – ont résisté à l’appel du large et commenceront ensemble la saison 2023.

Les autres protagonistes de premier plan de la saison à venir ont au mieux deux mois de durée de vie en tant que paire : c’est le cas de Juan Tello et Paquito Navarro ou Federico Chingotto et Javi Garrido.

“Un sport individuel qui se joue à deux”

Parmi les paires entièrement nouvelles de 2023, deux au moins sont des “remakes” : Sanyo Gutiérrez et Fernando Belasteguín se retrouvent après avoir joué ensemble en 2021 ; Franco Stupaczuk et Martin Di Nenno se retrouvent plus de 6 ans après l’accident de voiture du second, qui avait mis fin à leur association juvénile.

Enfin, une paire 100% nouvelle fera figure d’épouvantail : à 23 et 20 ans, Agustin Tapia et Arturo Coello compenseront leur relatif manque d’expérience par leur talent incroyable et une puissance de feu capable de concurrencer celle de Lebrón et Galán.

Coello Tapia précocité WPT 2022
Coello et Tapia, une paire qui fait déjà peur.

Cette saison nous dira s’il vaut mieux tout changer pour gagner en fraîcheur et en envie ou bien bâtir un projet solide sur des fondations anciennes. On vous laisse méditer ce propos que nous confiait en octobre 2021 Benjamin Tison, qui vient de dévoiler le nom de son nouveau partenaire :

“C’est devenu commun de changer de paire en début ou milieu de saison. Tous les meilleurs joueurs changent très souvent. Que ce soit chez les hommes ou les femmes, il y a beaucoup de changements au bout de deux ou trois tournois. Je dis souvent que le padel est un sport individuel qui se joue à deux. C’est encore très ancré individuel. La solution de facilité est de changer. Personnellement, je ne suis pas fan du changement rapide, après ça peut aussi ne pas fonctionner mais il faut se laisser le temps de se connaître et de jouer quelques matchs ensemble”.

Benjamin Tison, n°1 français

Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.