Dans le nouveau Guide de la Compétition Padel 2021, la FFT a inséré un paragraphe étonnant qui concerne les clubs et organisateurs de tournois de padel et les épreuves dames.
La Fédération Française de Tennis demande aux clubs de ne pas oublier les tournois féminins de padel dans leur calendrier annuel. Pour cela, elle s’appuie sur la Commission Régionale de Padel pour veiller que les clubs respectent bien cette réglementation.
L’intention y est évidemment très bonne. Mais :
- Est-ce le bon moment de le faire au vu de la crise sanitaire et des dégâts provoqués par celle-ci ?
- La FFT doit-elle imposer cela aux clubs ? En a-t-elle même la légitimité par rapport aux organisateurs ?
- Admettons que la FFT veuille appliquer ce type de politique, n’est-ce pas fait trop tôt ? Est-ce applicable ?
- Et surtout, peut-on avoir des résultats avec ce type de politique ? Et si oui lesquels ?
- Ne confondons-nous pas promotion du padel féminin (et donc créations de nouvelles joueuses) et compétition ?
Seulement 10% de compétitrices
Avant d’analyser les propos de la FFT et le guide de la compétition, il est intéressant de revenir sur ce dont nous parlons.
Sur 11.000 licenciés padel, 1.500 sont des dames, soit 13% de compétitrices, que nous nous permettons de ramener à 10% par rapport aux nombres de compétitrices qui n’ont joué qu’une seule fois en compétition sur les 12 derniers mois.
En gros, 1 compétiteur sur 10 est une femme.
Il faut rajouter à ces chiffres 2 éléments importants :
- La majorité des compétitrices se trouve dans les grandes métropoles.
- Et en général, elles font moins de tournois, se déplacent moins que les messieurs.
Conséquence :
- Il existe (malheureusement) des trous géographiques avec une quasi absence de compétitrice sur une bonne moitié de notre territoire
- On observe un fossé de plus en plus important entre le nombre de compétiteurs messieurs et dames
- Les écarts de niveaux entre les dames sont encore importants et ils peuvent décourager certaines joueuses à participer à un tournoi féminin : soit car le niveau est trop relevé, soit l’inverse
Des clubs déjà très actifs sur ce thème
Paradoxalement, les clubs ont en général été très actifs sur ce thème depuis plusieurs années en tentant d’organiser des tournois de padel dames. Le peu que nous ayons, nous le leur devons.
Le nombre de compétitrices dans une épreuve dames reste très modéré et souvent peu / pas rentable pour un organisateur. Pourtant, bien que les clubs fassent beaucoup, le résultat est implacable aujourd’hui : il y a clairement un déficit de compétitrices.
Certaines joueuses ont parfois tendance à préférer un tournoi messieurs, pour des raisons évidentes :
- Il y en a tout le temps
- Elles peuvent se confronter à un autre niveau, jouer plusieurs matchs
- Les tournois dames sont parfois annulés
- Cela évite de jouer les mêmes adversaires à chaque tournoi
Et les grandes épreuves P1000 et P2000 rencontrent des succès très modérés. Les tournois sont rarement remplis à 100% et les écarts de niveaux sont trop importants.
Notre avis / nos questions :
D’après-nous, la FFT commet un erreur dans la forme comme dans le fond. Cette politique semble même maladroite envers les clubs en les obligeant à organiser des tournois dames. Comme si les clubs ne faisaient pas le travail alors qu’ils s’y investissent depuis plusieurs années…
Combien coûtera cette politique aux clubs ? Est-ce le bon moment de le faire ?
Que dit la FFT ?
La Fédération Française de Tennis s’est concentrée sur 2 aspects :
1. Pour les P1000 : les clubs de padel qui proposent plus de 3 terrains de padel doivent proposer un tournoi dames en parallèle. Attention, la FFT laisse le choix à l’organisateur de choisir sa catégorie. Par conséquent, ce n’est pas parce que l’organisateur propose un P1000 messieurs qu’il devra faire un P1000 dames.
2. Une obligation de faire un tournoi dames après une éventuelle succession de 3 tournois messieurs de suite. En gros, après 3 tournois messieurs successifs, un tournoi dames est obligatoire.
Voici les propos du Guide de la compétition :
Tout club organisant un P 1000 Messieurs devra obligatoirement proposer, simultanément, et si son nombre de terrains le permet (>3), une épreuve féminine d’une catégorie de son choix.
Tout club ayant effectué 3 demandes d’homologation consécutives sans aucune épreuve féminine, aura l’obligation de proposer, lors de sa prochaine demande d’homologation, une épreuve féminine d’une catégorie de son choix.
La Commission Régionale de Padel veillera au bon respect de ces règles.
La réaction des clubs sera brutale
Les clubs et organisateurs sont déjà particulièrement touchés par la crise sanitaire. Ce type d’obligation pour les clubs risque d’avoir un effet boomerang pour la FFT.
En effet, si on comprend parfaitement la raison de cette politique, il nous paraît très compliqué d’obliger les organisateurs à faire des tournois dames si il n’y a personnes ou trop peu pour en faire. Les clubs ont tout intérêt à proposer des compétitions dames pour accroître leur communauté et surtout faire plaisir à leurs joueurs. Mais que faire si la demande n’existe pas.
Et on ne peut pas dire que les clubs ne s’y essaient déjà pas…
Notre avis :
Attention à ne pas tout jeter dans ce guide de la compétition 2021. La FFT a beaucoup travaillé, et même retravaillé certains aspects de son règlement, mais c’est un peu dommage d’intégrer ce type de commentaires qui viennent ternir de nombreux autres thèmes positifs.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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