À Padel Touch, lors du PadelReference.com All Star 2025, Julien Seurin évoque son double rôle de joueur professionnel et de créateur de contenu, son équilibre entre compétition et communication, et sa vision critique du circuit international.
Interview réalisée avant les deux épreuves internationales à la Réunion.
Un équilibre entre jeu et création
« Je n’aime pas le mot influenceur. Je préfère créateur de contenu. Et surtout, je suis d’abord joueur : je m’entraîne, je construis ma saison, et dans mon temps libre, je crée. »
Julien assume cette double casquette. « Quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, je mets plus d’énergie dans la création. Quand la compétition s’intensifie, je repasse en mode joueur. Je n’ai jamais joué sérieusement sans caméra : c’est grâce à ça que tout a commencé. »
Cet équilibre, il le voit comme une protection : « Au tennis, quand tu ne joues pas bien, ta vie tourne à vide. Au padel, j’ai toujours quelque chose à apprendre, à raconter. Ça me garde motivé. »
Vie de couple et sport de haut niveau
Le Français partage aussi sa vie avec une autre joueuse professionnelle, Carla Touly. Une situation parfois idéale, parfois exigeante.
« On avance chacun sur nos projets. Si nos calendriers coïncident, on partage un tournoi ; sinon, chacun son programme. C’est une force d’avoir quelqu’un qui comprend ce que tu vis. Le plus dur, c’est quand l’un enchaîne les bons résultats et l’autre non : il faut savoir couper avec le padel pour garder du recul. »
Une saison contrastée
Son année 2025 aura été marquée par un excellent début avant de se compliquer.
« J’ai commencé avec un FIP gagné d’entrée, ce qui était assez fou vu ma préparation écourtée. Mais ensuite, les résultats sont rentrés dans l’ordre des choses. La non sélection en équipe de France et la wild card non attribuée à Roland-Garros m’ont fait réfléchir, mais avec du recul, c’était logique. Si j’avais mieux joué, j’aurais mérité ma place. Mon objectif, c’est de ne plus dépendre d’une invitation. »
Revenir à la base
Pour 2026, Julien a décidé de repenser son approche. « Terminé l’Australie pour défendre des points au détriment de ma préparation. De décembre à février, priorité au volume d’entraînement : deux séances de padel par jour, plus du physique. Quitte à zapper un FIP si je suis en pleine charge. Jouer fatigué n’a aucun intérêt. »
Il privilégiera donc les tournois qui l’aident à progresser plutôt que ceux qui rapportent quelques points. « L’an prochain, je veux m’entraîner mieux, pas forcément plus. »
Un nouveau projet avec Thomas Vanbauce
Après une année compliquée avec des partenaires changeants, Julien retrouve de la stabilité.
« Tous les lundis, je cherchais un compi. C’était épuisant. »
Avec Thomas Vanbauce, il veut construire sur la durée : Angleterre, puis La Réunion, avant de poursuivre la fin de saison ensemble. « J’ai besoin d’un projet commun, d’un partenaire avec qui je peux m’entraîner. Avec un Français, c’est plus simple, plus naturel. »
Trouver le bon équilibre sur la piste
Julien sait quel style lui correspond : « J’ai besoin de confiance et de clarté avec mon partenaire. Je suis un joueur agressif, j’aime aller chercher le filet. Avec Maxime Moreau, on a eu de très bons moments, mais aussi des styles qui s’opposaient. Lui construit du fond, moi je vais de l’avant. On a beaucoup appris, mais on était arrivés au bout du projet. »
Les formats de jeu en question
Sur la question du punto de oro, Julien a un avis nuancé. « En tant que joueur, je préfère l’avantage, c’est moins stressant. Mais pour le spectateur, le punto de oro est plus excitant. Ce qui n’est pas normal, c’est de faire deux matchs de qualifs dans la même journée avec avantage. Si on garde ce rythme, il faut un punto de oro, sinon un seul match par jour. »
Toujours soucieux d’équité, il appelle à plus de cohérence dans l’organisation.
Réformer le circuit
Julien est lucide sur la situation actuelle. « Aujourd’hui, il est parfois plus rationnel d’aller chercher des points en FIP qu’en Premier Padel. Les grands tournois ont perdu de leur attrait : moins de points, moins d’aides, moins d’engouement. Il faut réinvestir au sommet, aider les organisateurs et redonner envie aux joueurs de viser les gros événements. »
Une critique posée, mais partagée par beaucoup de joueurs du circuit.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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