Ancien joueur professionnel de tennis et figure bien connue des réseaux, Jules Marie a troqué la petite balle jaune pour la piste bleue. En quelques mois seulement, il s’est frayé un chemin dans le circuit français de padel, enchaînant les victoires et grimpant rapidement au classement. Entre ambitions claires, adaptation express et regard critique sur la discipline, il nous dévoile sans filtre son nouveau projet sportif… et sa route tracée vers l’équipe de France.
Ma première expérience, à l’époque du Real Padel Club…
Padel Magazine : Tes premières expériences avec le padel, ça remonte à quand ?
Jules Marie : Ma première session de padel a été en 2012, au camp Tecnifibre à Mouratoglou. Robin Haziza et Jérémy Ritz y avaient monté un club, le Real Padel Club. J’ai dû jouer six ou sept fois en tout jusqu’à récemment.
Mes 2 premiers P500, 2 victoires…
Padel Magazine : Pourtant, on a l’impression que ta progression a été très rapide…
Jules Marie : C’est vrai. J’ai commencé directement par les P500 grâce à l’assimilation de mon classement tennis – j’étais 600 français – ce qui m’a permis d’intégrer ces tableaux sans passer par les P25 ou P100. Les deux premiers P500 que j’ai joués, je les ai gagnés avec Hugo Ferion, top 300. Un à Caen, un à Dreux, en décembre 2024, alors que j’étais encore en pleine période foncière tennis. Après ça, je suis retourné sur le circuit ATP en janvier-février, puis j’ai arrêté. C’est là que le projet padel a commencé : entraînement à fond, objectif de gagner mes douze meilleurs P500, puis passer aux P1000.


Padel Magazine : Tu continues le tennis en parallèle ?
Jules Marie : Oui, surtout en matchs par équipes dans quatre pays. Je fais moins de tournois, mais le projet padel me prend 90 à 95 % de mon temps. Passer du tennis au padel est plus facile que l’inverse. Quand je reviens au tennis, il me faut 10 à 20 minutes pour retrouver mes sensations, mais ça ne me dérègle pas. Le manche est plus long au tennis, le contact balle-raquette est différent, mais on se réhabitue vite.
La défense, mon point fort au tennis, moins point faible au padel
Padel Magazine : Le padel t’apporte-t-il quelque chose dans ton tennis ?
Jules Marie : Un peu, sur les blocs à la volée ou certaines volées rapides. Mais les deux sports restent très différents. Au padel, on peut jouer une volée lente pour que la balle ne tape pas trop fort la vitre derrière. Au tennis, une volée lente, c’est sanction immédiate.
Padel Magazine : Quelle est la plus grande difficulté que tu as rencontrée dans cette transition ?
Jules Marie : La défense. Au tennis, j’étais très fort en défense et en contre, zéro faute, mais pas très agressif à la volée. Au padel, c’est l’inverse : je suis très à l’aise à la volée, agressif, mais j’ai du mal en défense. C’est ce que je travaille le plus.
Au padel, les prize money sont loin du tennis…
Padel Magazine : On a pu lire que tu gagnais mieux ta vie au padel qu’au tennis…
Jules Marie : C’est faux. Au padel, il n’y a pas de prize money comparables. En Challenger tennis, perdre au premier tour, c’était minimum 1 000 €, et il y avait les Grands Chelems en plus. Au padel, un P1000 rapporte environ 1 000 €… à diviser par deux (ndlr. ça dépend des tournois, du pourcentage sur la finale et de la dotation finale). J’ai gagné deux sponsors de plus, mais ça ne change pas radicalement ma situation. Les frais sont moindres car je joue en France, mais il faut payer certains déplacements, parfois l’avion ou le train pour moi et pour le vidéaste.
À gauche, on ne peut pas se cacher…
Padel Magazine : Tu joues souvent avec des joueurs mieux classés…
Jules Marie : Beaucoup m’ont proposé de jouer, souvent pour la visibilité. Je joue à gauche : on ne peut pas se cacher. Si je n’avais pas le niveau, on perdrait, car les adversaires orienteraient tout le jeu sur moi. J’ai aussi l’expérience du haut niveau au tennis, avec des matchs devant 5 000 spectateurs, ce qui m’aide à gérer les moments importants.
Padel Magazine : À quel niveau estimes-tu être aujourd’hui ?
Jules Marie : Top 100 français, plutôt autour de 80-90. Ma défense est moins bonne que celle de certains classés derrière moi, mais ma volée est meilleure que celle de joueurs classés devant. Mon objectif à trois ans, c’est l’équipe de France. Des joueurs du top 30-40 m’ont dit que ma volée et mon bloc pourraient me permettre d’y arriver, mais il faudra que je progresse encore en défense.
Padel Magazine : Comptes-tu te fixer avec un partenaire ?
Jules Marie : Je privilégie les partenaires avec qui je m’entends bien : Jérôme Inzerillo, Benjamin Grué, Clément fihlo… Pour l’instant, je varie, car chacun a une expérience différente. Peut-être qu’un jour, je me stabiliserai si je vise l’équipe de France, mais pour le moment, j’aime cette diversité.



Un coach pour tous ou pas de coachs
Padel Magazine : Que penses-tu de la présence des coachs au padel par rapport au tennis ?
Jules Marie : Je trouve normal que les coachs soient autorisés sur le banc, mais à condition que tout le monde ait les mêmes moyens. Sinon, c’est un désavantage pour ceux qui n’ont pas de coach.
Padel Magazine : Les tournois FIP, c’est prévu ?
Jules Marie : Oui, mais pas tant que je n’aurai pas gagné de P1000. Comme au tennis, je veux avoir le niveau avant de partir à l’international. Les FIP demandent des voyages, des frais, et je ne veux pas y aller pour perdre en qualifications.
Objectif top 50 français à la fin de l’année
Padel Magazine : Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le circuit français ?
Jules Marie : Les P500 sur une journée, les P1000 sur deux ou trois jours, et la présence d’un kiné sur les gros tournois.
Padel Magazine : Et qu’est-ce qui pourrait être amélioré ?
Jules Marie : La restauration sur certains tournois, surtout en P500. Sur les P1000, c’est souvent mieux organisé.
Padel Magazine : Quels sont tes objectifs à court terme ?
Jules Marie : En six mois, je suis passé de 600e à 120e français. Je vise le top 100 en septembre et pourquoi pas le top 50 d’ici la fin de l’année. Mon objectif reste clair : progresser étape par étape et, un jour, intégrer l’équipe de France.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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