Malgré une défaite au premier tour du Bordeaux Premier Padel P2, Arthur Hugounenq et Yanis Muesser quittent la piste avec des motifs de satisfaction. Opposés à une paire mieux classée, les deux Français ont montré de belles séquences de jeu dans des conditions très différentes de celles rencontrées habituellement sur le circuit FIP. Après la rencontre, ils reviennent sur leur prestation, évoquent les spécificités du circuit Premier Padel, l’évolution du padel français et leurs ambitions.
« Ce sont des conditions qu’on ne rencontre pas toute l’année »
Padel Magazine : Quel regard portez-vous sur votre match ?
Yanis Muesser : C’est un match positif avant tout, malgré le résultat qui peut forcément laisser un peu de frustration. C’était l’une des premières fois où l’on évoluait dans ce type de conditions, donc il faut savoir s’adapter. Ce n’est pas quelque chose que l’on retrouve toute l’année. On préfère retenir le positif : on a réussi à mettre en place de belles choses et c’est ce qu’il faut garder.
« Ici, on a vraiment l’impression de jouer au padel »
PM : Les conditions de jeu sont très différentes de celles du circuit FIP ?
Arthur Hugounenq : Complètement. On n’a pas vraiment eu le temps de profiter du tournoi en dehors du terrain cette fois, mais les conditions de jeu sont incroyables. Même si ça sort moins qu’en FIP, on joue avec les sorties, il y a de l’espace, on peut lober très haut… On a vraiment le sentiment de jouer au padel.
Sur le circuit FIP, on joue souvent sur des terrains très rapides, sans sorties, avec des balles qui fusent. C’est le jour et la nuit. Les gens ne s’en rendent pas forcément compte. Ici, tous les joueurs savent faire un par 3, alors qu’en FIP, un par 3 est souvent synonyme de point gagné.
« Le public français apporte toujours quelque chose »
PM : Vous avez senti le soutien du public ?
Arthur Hugounenq : Oui, il y avait un peu de monde. Comme nous sommes Français, on a naturellement eu davantage d’encouragements, et c’est toujours agréable. On est encore sur les premiers jours du tournoi, donc le stade n’est pas plein, mais il y avait une belle ambiance.
L’équipe de France : « La concurrence fait progresser tout le monde »
PM : Comment avez-vous vécu l’annonce du dernier stage de l’équipe de France ?
Yanis Muesser / Arthur Hugounenq : Si on n’est pas dans la liste, c’est que le sélectionneur a fait ses choix et qu’aujourd’hui, il estime probablement que nous n’avons pas encore notre place. À nous de continuer à travailler.
Je trouve très positif d’avoir organisé un stage à dix joueurs avec deux jeunes sparrings. Cela crée une vraie dynamique. Plus la concurrence est forte entre Français, plus le niveau global progresse. On voit Dylan Guichard intégrer le Top 100 mondial, d’autres Français réaliser de très bons résultats… Personnellement, ça me fait plaisir. J’en ai un peu marre de voir uniquement des Espagnols ou des Argentins gagner. Voir davantage de Français performer, c’est une excellente nouvelle.
« Le niveau augmente partout »
PM : Le niveau des Français se rapproche-t-il progressivement de celui des Espagnols ?
Yanis Muesser / Arthur Hugounenq : Tout dépend de quels joueurs on parle. Si on compare avec le très haut niveau mondial, c’est différent. Mais à partir du Top 100, Top 150 ou Top 200, les écarts sont moins liés à la nationalité qu’au travail fourni. Beaucoup de joueurs, quelle que soit leur origine, s’entraînent en Espagne, disputent énormément de matchs et travaillent physiquement. Aujourd’hui, le niveau général a énormément progressé.

« Les académies françaises changent la donne »
Arthur Hugounenq : Depuis cette année, on commence aussi à voir de très bonnes académies en France. Je m’entraîne à Palavas avec Yoan Boronad et tout un groupe de jeunes joueurs qui progressent énormément. On pense à Sacha Huard-Blamart, Nathan Perrot ou encore Thomas Vanbauce qui participent à cette dynamique. Il y a aussi des structures performantes à Bordeaux ou à Lyon.
Cela dit, si on regarde le Top 100 mondial, la très grande majorité des joueurs s’entraînent toujours en Espagne. Ce n’est sûrement pas un hasard.
« Les Français sont souvent très forts en attaque »
PM : Où situez-vous aujourd’hui les points forts et les axes de progression du padel français ?
Yanis Muesser : Globalement, les Français sont souvent très performants en attaque. Beaucoup viennent du tennis, donc ils volent bien et smashent très fort. En revanche, toute la science de la défense reste un domaine dans lequel on peut encore progresser.
Quand on regarde un joueur comme Coki Nieto, son jeu paraît parfois moins spectaculaire. Pourtant, il place la balle au millimètre près. Son efficacité est incroyable. Nous, on peut donner une impression de puissance, mais eux sont d’une précision exceptionnelle.
« Les meilleurs sont surtout beaucoup plus complets »
Yanis Muesser : Ce n’est pas pour rien qu’ils sont là où ils sont et que nous sommes là où nous sommes. Ils sont beaucoup plus complets. Sur un coup précis, un Français du Top 20 peut parfois posséder un smash supérieur à certains joueurs du circuit mondial. Mais si l’on prend l’ensemble des compartiments du jeu, il n’y a pas photo.
Arthur Hugounenq : Au padel, il y a une multitude de coups différents. Peut-être que Yanis possède l’un des meilleurs smashs français et qu’il smash mieux que beaucoup de joueurs du Top 100. Mais sur l’ensemble des autres secteurs du jeu, ils sont plus complets. C’est exactement ce qui explique les différences de classement.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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