Diego Miller est le président de la fédération uruguayenne de padel. Élu à l’assemblée générale de la Fédération Internationale, Diego est un acteur incontournable du padel. Padel Magazine va à sa rencontre.
“Une croissance exponentielle en Uruguay”
Franck Binisti : Peux-tu nous reparler de ton histoire dans le padel ? Comment es-tu devenu membre de la famille du padel ?
Diego Miller : “Lorsque j’avais 9 ans, mes parents ont quitté mon pays natal (l’Uruguay) pour s’installer à Buenos Aires pour le travail. Quand j’avais 12 ans, ils ont construit un club avec quelques courts en face de ma maison, et c’est là que j’ai joué pour la première fois. Je me souviens encore de ce premier match, bien sûr avec des palas en bois !
Peu après avoir commencé à faire des compétitions, à l’âge de 16 ans, je suis retourné dans mon pays et j’ai continué à pratiquer le padel. À une époque, je faisais de la compétition et donnais des cours. J’ai atteint la première place du classement uruguayen, et je me suis qualifié pour défendre l’Uruguay dans les compétitions internationales, y compris la Coupe du monde. On m’a ensuite proposé la partie technique, et j’ai entraîné l’équipe nationale masculine lors de 3 championnats du monde. On pourrait résumer la situation en disant que le plaisir, le défi que représente la compétition et la passion pour tout cela en ont fait une profession.”

Franck Binisti : L’Uruguay, comme l’Amérique du Sud, est touché par le COVID, cela influence-t-il l’état du padel ? Par exemple, dans de nombreux pays, le padel a explosé pendant la pandémie. Les gens ont-ils commencé à y jouer davantage pendant la pandémie ?
Diego Miller : “Oui, une chose curieuse s’est produite presque partout dans le monde, et en Amérique du Sud, je l’ai remarqué d’une manière très particulière, c’est que malgré les restrictions générées par la pandémie dans presque tous les pays, le padel a connu une croissance exponentielle, y compris en Uruguay. Bien que nous soyons un pays avec une longue histoire dans le padel, de nouveaux clubs ont ouvert, avec des installations modernes, ce qui a été très positif. De toute façon, je pense que cela se serait produit de toute façon, pour moi la pandémie a juste montré qu’elle ne pouvait pas arrêter le développement qui était en cours.”
“Je veux que le padel atteigne tous les pays”
Franck Binisti : Maintenant, tu portes plusieurs casquettes dans le padel. Quelles sont tes missions en Uruguay comme en Amérique ?
Diego Miller :“Eh bien, en fait, je ne pense pas que je porte plusieurs casquettes dans le padel, ou peut-être que je ne le pense pas parce que depuis que j’ai commencé à m’impliquer dans la direction en Uruguay, même en tant que joueur, vers 2006, j’ai toujours essayé de contribuer quand ils ont demandé ma collaboration. Déjà en 2009, l’Assemblée générale de la FIP (c’est-à-dire les pays) m’a élu président de la commission de discipline, puis en 2012, à la demande de certains présidents de fédérations, j’ai été proposé comme membre du conseil d’administration, et je l’ai été jusqu’en 2018 dans la DB.”
“Ensuite, je n’ai pas voulu me présenter au conseil d’administration de la FIP, parce que j’ai compris que j’avais terminé un cycle au conseil. Il est vrai que cette année, j’ai accepté le poste de conseiller général, et lorsqu’ils m’ont appelé, j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour les aider.
En Amérique, j’occupe le poste de président de l’APF, qui est la Fédération américaine qui regroupe tous les membres actifs dans le sport et reconnus par la FIP sur le continent. Mais c’est plus une formalité, depuis de nombreuses années nous travaillons en équipe avec les pays d’Amérique, avec une série d’événements sportifs, et il faut dire que nous avons un système de gouvernement très ouvert qui fonctionne très bien. S’il n’y avait pas ce travail commun, je ne pourrais pas réaliser tout ce travail car je ne pourrais pas le faire.”
“En ce qui concerne mon pays, je préside la Fédération, avec notre structure d’entraîneurs, de délégués, de conseillers, et surtout avec une excellente compréhension du spectre sportif qui compose notre univers de joueurs de toutes catégories et de tous âges, je pense que nous obtenons de très bons résultats à bien des égards. Bien que nous soyons un petit pays, avec 3 millions et demi d’habitants, nos rêves et nos illusions en matière de padel sont toujours élevés, certains ont été réalisés, et nous essayons toujours de nous améliorer.
Maintenant, ce qui s’en rapproche le plus, au niveau international, c’est le “Panamericano absoluto” que nous avons ce mois-ci, puis nous avons une série de championnats qui se terminent en décembre, comme le World Junior, le World Veterans, le World Absolute, le Pan-American des catégories libres, et le Pan-American des Dames et des Seniors. Et nous avons déjà joué un championnat amateur sud-américain au Paraguay en mars, avec 420 joueurs de 7 pays.
Mes souhaits, objectifs et désirs, je pense qu’ils sont ceux de toute personne qui aime ce sport, et c’est que le padel atteigne tous les pays, qu’il soit vu à la télévision dans le monde entier, et qu’il occupe la place que je pense qu’il atteindra, devenant l’un des sports les plus importants du monde. Cela permettra aux principaux protagonistes, qui sont les joueurs, d’avoir des chances d’être professionnels partout dans le monde.”
Développer le padel dans le Monde
Franck Binisti : Pouvons-nous revenir en chiffres sur le développement du padel en Uruguay au cours des 10 dernières années ? Plus de joueurs, plus de clubs ?
Diego Miller :“Il est très difficile d’avoir un chiffre exact, parce qu’il n’y a pas de recensement de l’État, mais nous pouvons quantifier les joueurs qui font les tournois, ce qui diffère beaucoup du nombre de personnes qui pratiquent. Je peux affirmer que nous avons un circuit uruguayen masculin qui va de la 1ère à la 6ème série, le féminin va de la 1ère à la 5ème, il y a aussi les séniors, les mineurs, etc.
Dans notre activité fédérée, quelques 600 sportifs participent annuellement de manière soutenue. Mais les données recueillies par notre fédération indiquent que nous avons environ 15.000 joueurs quotidiens dans le pays? Un chiffre qui augmente de jour en jour, parce qu’il est vrai que dans les 5 dernières années il y a eu une augmentation de 40% des courts, et cela vient directement de la demande.”
Franck Binisti : Le padel explose dans le monde entier : l’Uruguay bénéficie-t-il de cette tendance ?
Diego Miller : “Comme je l’ai dit, l’Uruguay a une longue histoire dans le padel, lors des premiers championnats du monde, nous étions troisièmes à la lutte avec l’Argentine et l’Espagne. L’Uruguay a vécu la mode des années 90, puis aussi le déclin, et je pense que cela nous a aidé à apprendre. Il me semble qu’il est très important pour les pays ayant moins d’histoire d’observer et de se concentrer sur l’enracinement d’un sport, car s’il ne s’agit que de l’aspect commercial. Je suis convaincu que cette époque est une opportunité pour le développement du sport au niveau mondial, et je préfère le voir ainsi, plutôt que comme une mode.”

“La France nous a fait souffrir !”
Franck Binisti : As-tu fixé à l’Uruguay un objectif pour les 5 à 10 prochaines années ?
Diego Miller : “Oui, nous travaillons toujours avec des projets et des objectifs, nous nous fixons des buts, et nous sommes sur ce chemin constant. Parfois nous comprenons que certains processus arrivent à leur fin, alors nous en commençons de nouveaux. Il est vrai que la pandémie a ralenti nombre de nos projets, elle a mis en pause nos écoles primaires gratuites, ainsi que des projets spécifiques pour le padel féminin, notre formation technique pour les enseignants, qui se déroulait à un excellent rythme…
Mais nous sommes attentifs et faisons de notre mieux dans ce contexte. Nous avons de nombreux plans de développement social, ce qui pour nous est fondamental dans le sport. La haute performance est un très grand défi, que pour l’instant nous relevons avec connaissance, et nous restons dans le top 10, cependant, nous y travaillons aussi beaucoup car les joueurs de nombreux pays s’améliorent beaucoup.
Pour terminer, je vais revenir sur une anecdote. Lors des derniers mondiaux au Paraguay, la France nous a fait beaucoup souffrir en nous battant 2-1 en barrage pour le passage en demi-finale, je me souviens du match où nous avons égalisé. C’était un match fou avec beaucoup de public, tellement excitant. Un match qui a durée presque 3 heures, j’ai beaucoup souffert, mais j’adore ce sport !”

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Il est le monsieur international de Padel Magazine. Vous le verrez souvent sur les différentes compétitions internationales, mais aussi sur les grands évènements français. @eyeofpadel sur Instagram pour voir ses meilleures photos de padel !





































































































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