Dans une interview accordée au journal SPORT, Claudio Gilardoni revient sur la montée en puissance de la paire Bea González / Paula Josemaría, déjà titrée à trois reprises en 2026. Entre analyse technique, gestion mentale et ambitions, l’entraîneur argentin éclaire un projet encore en construction… mais déjà redoutable.
Une dynamique déjà impressionnante
Trois tournois, trois titres. Miami, NewGiza et Bruxelles ont consacré la nouvelle paire González / Josemaría, désormais installée comme numéro 2 mondiale, juste derrière Gemma Triay / Delfi Brea.
Pour Claudio Gilardoni, cette montée en puissance repose avant tout sur une progression continue :
« Chaque jour, elles se connaissent mieux et jouent mieux. »
Face à une paire numéro un installée, le technicien insiste :
« Elles sont très solides et le prouvent à chaque tournoi. »
Apprendre… en pleine compétition
Comme tout nouveau projet, l’association a nécessité un temps d’adaptation. Mais dans leur cas, la marge de progression était encore plus importante :
« Elles avaient besoin de plus de temps, car elles ont beaucoup à proposer. »
Leur vraie différence ? Une capacité rare à progresser dans le feu de l’action :
« Elles sont capables de s’entraîner en match. Avec un calendrier aussi dense, c’est un avantage énorme. »
Un talent naturel vient compléter cette capacité d’adaptation :
« Même après une erreur, elles peuvent renverser le point immédiatement. »
Deux profils, une même intelligence de jeu
Gilardoni distingue habituellement deux types de joueuses : celles qui évoluent en automatique et celles qui nécessitent une lecture constante du jeu.
Mais avec Paula et Bea, la frontière s’efface :
« Elles sont capables de réfléchir tout en restant performantes sous pression. »
Une combinaison précieuse, qui explique leur montée en régime rapide malgré les ajustements encore en cours.
Le défi tactique de la gauchère
L’un des principaux chantiers reste lié à la spécificité de Bea González, gauchère.
« Passer de deux droitières à une droitière et une gauchère change totalement les repères. »
Dans un sport où les automatismes sont essentiels :
« Le padel est comme une partie d’échecs, avec des schémas très précis. »
Ce changement impacte notamment le jeu sans balle et les couvertures de terrain, nécessitant du temps pour atteindre une fluidité optimale :
« On va encore faire des erreurs, perdre des matchs. C’est un processus normal. »
“Elle me rappelle Tapia”
Interrogé sur Bea González, Gilardoni n’hésite pas à établir un parallèle fort avec Agustín Tapia :
« Elle me rappelle ce que j’ai vécu avec Tapia. »
Au-delà du talent pur, c’est son attitude qui marque :
« Sa capacité d’écoute m’a surpris. Elle s’engage totalement dans ce qu’on lui propose. »
Une qualité rare à ce niveau, surtout pour une joueuse déjà confirmée.
Un nouveau rapport de force au sommet
Les victoires face à Triay / Brea ont rebattu les cartes. Sans pour autant parler de basculement total :
« Elles ont réussi à semer le doute chez la paire la plus solide du circuit. »
Mais le coach reste lucide :
« Ce sont des championnes qui savent gérer la pression. »
Les fluctuations observées relèvent davantage de la pression imposée que d’une réelle baisse de niveau.
Des objectifs qui ne changent pas
Malgré les titres, le discours reste inchangé :
« Les objectifs ne changent pas. »
La priorité n’est pas uniquement le classement, mais la qualité du projet :
« Si on perd, on veut que ce soit contre un meilleur modèle que le nôtre. »
Avec une ligne directrice claire :
« L’important est de les voir heureuses et performantes avec ce jeu. »
En quelques semaines, la paire González / Josemaría s’est imposée comme une référence immédiate sur le circuit féminin. Mais pour Claudio Gilardoni, l’essentiel est ailleurs.
Entre réglages tactiques, marge de progression et pression du très haut niveau, le projet est encore en pleine évolution.
Les résultats sont déjà là. Le modèle, lui, est encore en construction. Et c’est peut-être ce qui le rend encore plus dangereux
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !


































































































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