Il y a des séparations qui ressemblent davantage à des investissements qu’à des ruptures. Lorsque Yoan Boronad et Timéo Fonteny ont décidé de poursuivre leur progression chacun de leur côté, beaucoup y ont vu la fin provisoire de l’une des associations les plus prometteuses du padel français. Pourtant, l’idée était ailleurs. Aller chercher ce que leur association ne pouvait plus leur offrir. Apprendre auprès de joueurs plus expérimentés. S’exposer à un niveau de jeu supérieur. Grandir.

Quelques mois plus tard, les voilà de nouveau côte à côte. Mais ce ne sont plus tout à fait les mêmes joueurs. À Bordeaux, leur ré-association ne ressemble pas à un simple retour. Elle offre surtout une occasion rare : mesurer le chemin parcouru.

L’apprentissage ne se compte pas uniquement en trophées

Il y a des progressions que le palmarès ne raconte pas.

Elles se construisent dans une diagonale tenue face à un joueur du Top 20 mondial. Dans une balle de break sauvée devant des tribunes pleines. Dans ces défaites frustrantes qui finissent, quelques semaines plus tard, par devenir les meilleurs enseignements.

C’est exactement ce qu’ont vécu les deux pensionnaires de la My Center Academy.

Yoan Boronad a multiplié les expériences aux côtés de Bastien Blanqué, puis de Nicolás Zurita. Aucun titre international à inscrire à son palmarès, certes, mais des demi-finales, des parcours solides et surtout une immersion dans le très haut niveau, jusqu’aux tableaux principaux de Premier Padel.

Timéo Fonteny, lui, a fini par transformer cette progression en ligne de palmarès. Après plusieurs tournois disputés avec Johan Bergeron, c’est finalement avec le Suédois Albin Olsson qu’il est allé chercher son premier trophée international, au FIP Bronze de Ljubljana.

Une victoire qui n’a surpris que ceux qui ne le voyaient pas évoluer. Car cette progression était attendue. Timéo y a simplement répondu.

Au passage, il est devenu le numéro 2 français au classement FIP, symbole d’une ascension qui s’accélère.

Le meilleur moyen de mesurer les progrès

Reformer cette paire aujourd’hui n’a rien d’anodin.

Au contraire, cela ressemble presque à une évaluation grandeur nature. Comme si chacun revenait avec son bagage, son expérience et ses nouveaux repères pour voir jusqu’où le duo pouvait désormais aller.

Le premier aperçu est arrivé au FIP Silver de Narbonne.

Face aux futurs vainqueurs du tournoi, Boronad et Fonteny ont sans doute livré l’une de leurs prestations les plus abouties. Trois occasions de faire basculer le premier set se sont envolées. Trois balles qui auraient pu raconter une toute autre histoire.

Ils se sont finalement inclinés. Mais ce jour-là, le résultat n’était peut-être pas le plus important.

Leur complicité n’avait pas disparu. Elle s’était enrichie. Leur jeu respirait davantage de maturité. Les prises d’initiative étaient plus justes. Les automatismes étaient revenus, accompagnés d’une confiance nouvelle acquise sur le circuit international.

C’est sans doute là que l’on mesure le mieux leur évolution. Ils ne jouent plus simplement avec du talent. Ils jouent avec de l’expérience.

Regarder les meilleurs dans les yeux

Ce potentiel, ils l’avaient pourtant laissé entrevoir bien avant leur séparation.

On se souvient encore de cette bataille face à Javi Garrido et Diego Gil. Une défaite frustrante en trois manches (6/7 7/5 6/0), marquée par plusieurs faits de jeu litigieux, mais surtout par une capacité étonnante à tenir tête à deux joueurs de très haut niveau.

À l’époque déjà, quelque chose se dégageait. Depuis, chacun a confirmé individuellement qu’il pouvait rivaliser avec des références du circuit.

Timéo Fonteny, associé à Johan Bergeron, est passé tout près d’un immense exploit face à Edu Alonso et Juan Tello lors du P2 de Newgiza, ne cédant qu’au terme de trois manches disputées dans des conditions extrêmement venteuses.

Quelques semaines plus tard, c’était au tour de Yoan Boronad d’impressionner face à Thomas Leygue et Alonso Rodríguez lors du FIP Bronze de Rivesaltes. Dans la diagonale de droite, le jeune Français avait parfois pris l’ascendant sur l’ex numéro un français, preuve que l’écart avec les meilleurs continue de se réduire.

Ces performances ne relèvent plus du hasard. Elles dessinent une trajectoire.

Two padel players in teal jerseys shake hands at the net on a blue indoor court, each holding a paddle.

Plus qu’un premier tour

Le tableau du Bordeaux P2 n’a pas offert beaucoup de répit aux Français.

Pour leur premier tour, Boronad et Fonteny retrouveront Alex Chozas et Tino Libaak, deux des plus grands espoirs argentins et déjà des joueurs capables de bousculer les meilleures paires du monde.

Difficile d’imaginer meilleur révélateur. Timéo connaît déjà cette opposition. À Marseille, face à cette même paire, il avait montré de belles choses malgré une défaite en deux sets.

Cette fois, le contexte est différent. Il retrouvera son partenaire de toujours. Au fond, ce match dépasse largement l’enjeu d’une qualification. Il dira où en est réellement cette génération française. Car Boronad et Fonteny ne sont plus seulement deux jeunes joueurs prometteurs. Ils avancent désormais avec l’ambition de s’installer durablement parmi ceux qui feront le padel international de demain.

Et il y a parfois des premiers tours qui ressemblent déjà à de grands rendez-vous.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !