À seulement 56 ans, le fondateur de We Love Tennis et de Padel Mon Amour est parti pour ce dernier voyage, laissant derrière lui sa famille, ses proches, mais aussi une communauté de passionnés qu’il a su fédérer pendant de nombreuses années.

Je me souviens parfaitement de nos premiers échanges, en 2014, lors de la première édition de la National Padel Cup au Centre International de tennis du Cap d’Agde.

À l’époque, Laurent ne cachait pas son scepticisme. Lui, le passionné de tennis, regardait le padel avec une certaine distance. Il ne croyait pas vraiment à son développement et ne s’en cachait pas. Bien au contraire. Avec son franc-parler légendaire, il trouvait toujours les mots pour faire réagir, voire provoquer quelques débats. C’était Laurent : offensif dans ses convictions, mais aussi suffisamment intelligent pour savoir faire machine arrière lorsque la réalité finissait par lui donner tort. Et c’est précisément ce qui faisait sa force.

Avec Loïc Revol, journaliste durant plusieurs années de We Love Tennis et l’un des premiers convaincus du potentiel du padel, nous avons souvent tenté de faire bouger les lignes. Chacun avec nos arguments, notre passion et notre vision de ce sport, nous essayions de lui montrer que le padel avait tout pour devenir un phénomène.

Les discussions étaient nombreuses, parfois animées, toujours passionnées.

Et puis, progressivement, Laurent a changé de regard.

Il aurait pu rester campé sur ses positions. Il a préféré observer, comprendre et accepter que le padel était en train de devenir bien plus qu’un “simple dérivé du tennis”.

Ce changement ne s’est pas arrêté à quelques articles.

Laurent est devenu un véritable amoureux du padel. Au point de lancer Padel Mon Amour, preuve que cette discipline avait fini par trouver une place toute particulière dans son cœur.

À titre plus personnel, Laurent a également compté dans mon parcours. Après un passage à Tennis Magazine, où j’avais déjà commencé à défendre le padel auprès de Jean Couvercelle, j’ai eu la chance de rejoindre ponctuellement We Love Tennis pour venir, modestement, “épicer” le magazine avec quelques articles padel. J’ai toujours été particulièrement fier de contribuer, à ma petite échelle, à l’aventure de ce média, notamment sur sa partie visuelle. Cela peut paraître anecdotique, mais cela fait partie de ma construction professionnelle. C’est aussi pour cela que sa disparition me touche autant.

Aujourd’hui, j’aime imaginer Laurent poursuivre sa route ailleurs, toujours une raquette à la main, débattant avec la même passion qui le caractérisait.

Son histoire, elle, ne s’arrête pas là.

Je sais que We Love Tennis et Padel Mon Amour continueront à vivre et à grandir. Son fils Antoine, saura faire perdurer l’esprit insufflé par son père. Ce sera, j’en suis convaincu, le plus bel hommage qu’il puisse lui rendre.

Au nom de toute l’équipe de Padel Magazine, j’adresse nos plus sincères pensées à sa famille, à ses proches, à toute l’équipe de We Love Tennis et de Padel Mon Amour, et tout particulièrement à Antoine.

Merci Laurent.

Merci pour les débats, parfois musclés.

Merci d’avoir accepté de regarder les choses autrement.

Et merci, surtout, d’être passé du scepticisme à la passion, jusqu’à devenir l’un des plus beaux promoteurs de ce sport que tu avais d’abord regardé avec tant de réserve.

Bon voyage, Laurent.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.