Fernando Belasteguin et Sanyo Gutierrez évolueront ensemble sur le World Padel Tour la saison prochaine. Les Argentins se confient, dans une double interview pour Marca, sur cette nouvelle union et sur leurs objectifs.

Bela : “Il était inévitable de chercher un joueur de droite”

Pourquoi vous êtes-vous choisis ?

Bela : “J’ai été clair avec Tapia sur le fait que nous étions deux joueurs de gauche, et après avoir joué les huitièmes en Sardaigne, nous devions chercher des partenaires de droite. Il était inévitable de chercher un joueur de droite, et mon premier choix a été Sanyo, que je considère comme le meilleur du circuit à ce poste.”

Sanyo: Nous en avions toujours parlé les années précédentes, et nous avons toujours eu une vision similaire du padel, même si on ne s’était jamais mis ensemble. J’ai reçu son appel et il m’a dit qu’ensemble, nous pourrions être très forts. Notre union a toujours été quelque chose que nous avions en suspens, alors je n’ai pas vraiment hésité quand il m’a appelé. Il y avait d’autres options, mais c’est celle qui m’a le plus convaincu.”

Fernando, as-tu eu du mal a t’adapter à la droite ?

Bela: “Après 26 ans à jouer à gauche, j’ai osé changer, mais tout est allé très vite. En 2019, nous avons gagné le deuxième tournoi que nous avons joué ensemble et avons terminé l’année numéro 4 … et en 2020, nous avons fini par être la deuxième paire mondiale. Nous savons tous les deux que nous en avons bénéficié.”

Sanyo : “Stupa ne voit pas ce sport comme moi”

Quelles sont les raisons de Sanyo pour ne pas continuer avec Stupaczuk ?

Sanyo : “Je pense qu’en fin de compte nous ne voyons pas ce sport de la même manière, nos styles de jeu sont différents. Nous avons eu du mal cette année à jouer bien, nous étions toujours sur le point de faire les choses bien mais nous aurions pu faire mieux. Mais nous aurions pu faire bien pire parce que nous avons souffert contre de nombreuses paires. Nous n’étions pas une paire solide et je n’aime pas particulièrement cela. Il est jeune et il va grandir, mais il ne me reste pas beaucoup d’années et je dois en profiter.”

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Au vu de l’évolution du padel, quels arguments pouvez-vous avoir dans la bataille pour le numéro 1 ?

Sanyo: “En général, je constate que les nouvelles générations sont des jeunes formés exclusivement à la pratique du padel. Nous les vétérans avons été formés en pratiquant d’autres sports, nous sommes devenus des profils complets et coordonnés. Lebrón et Galán en particulier vont clairement marquer une nouvelle façon de jouer, et le padel va s’orienter vers des matchs rapides. Nous allons être une “paire tout-terrain” qui peut s’adapter à toutes les surfaces, même si une surface plus lente nous est bénéfique. Eux jouent bien sur toutes les surfaces, c’est vrai.”

Se réinventer pour gagner

Devrez-vous vous réinventer d’une manière ou d’une autre ?

Bela: “Oui, et je pense que tout le monde, pas seulement nous. Se réinventer est l’essence même de la vie, s’améliorer chaque jour, et avec la mentalité de compétition, on peut être meilleur.”

Bela, tu as dit que tu n’avais pas choisi Sanyo avant parce que tu ne te trouvais pas bien physiquement. Qu’est-ce qui a changé maintenant ?

Bela: “Lorsque nous nous sommes parlés fin 2019, je lui ai dit que je ne pouvais pas prendre l’engagement de jouer coté revers cette année, et qu’avec un autre partenaire qui était bien physiquement, il pouvait viser la place de numéro 1. Pendant le confinement, tout a changé. Enfermé à la maison, j’ai travaillé mon tendon jour et nuit, et cela m’a fait prendre confiance et finalement il a récupéré à 100 %. Quand je suis retourné coté revers avec Tapia, j’ai vu que je pouvais rivaliser avec tout le monde.

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En Argentine et sur le circuit, il y a toujours eu beaucoup d’attente et d’envie de vous voir ensemble. Les avez-vous eus aussi ?

Bela: “Oui, c’est très beau qu’à 42 ans j’ai la chance de jouer avec quelqu’un comme Sanyo, et l’engagement et la responsabilité sont grands. Je vais devoir être à la hauteur des attentes, et je pense que j’aurai beaucoup de pression. Pour ce faire, je vais m’entraîner très fort, physiquement, tactiquement et mentalement, et je pense qu’en 2021, je donnerai un extra supplémentaire.”

Sanyo: “De nombreux joueurs m’ont encouragé à rejoindre Bela, j’imagine que Bela aussi, et je pense que les choses arrivent quand elles doivent arriver. Les gens sentent du feeling dans notre jeu et voient que nous comprenons le padel de la même manière.”

Bela le roc, Sanyo le magicien

Que pouvez-vous vous apporter l’un à l’autre ?

Bela: “Moi la solidité, avant tout, et lui apportera la magie, les points spectaculaires. Je pense que j’ai toujours apporté de la solidité à mes partenaires, et eux m’ont toujours apporté des choses différentes.”

Sanyo: Je recherche chez Bela une sécurité et une expérience qui me permettent de jouer le plus librement possible. Dans mes projets précédents, j’étais celui qui portait un peu le bracelet du capitaine. Je pense qu’il pourra prendre en charge le jeu en jouant avec moi.”

Qu’est-ce qui peut être le plus décisif dans le padel d’aujourd’hui, l’expérience ou la jeunesse ?

Bela: “Les plus âgés doivent faire un travail physique énorme, et les plus jeunes doivent gagner en solidité. Je pense que pour être compétitif, il faut être très exigeant sur les plans physique, technique et tactique, et si vous échouez dans l’un de ces domaines, cela se voit sur le court.”

Comment allez-vous organiser vous entrainer ?

Sanyo: “Nous avons presque tout organisé, avec la chance d’avoir des vols directs Valladolid-Barcelone et au début nous irons chacun une fois par semaine dans la ville de l’autre. Quand j’irai à Barcelone, nous nous entraînerons avec Sciorilli, et quand Bela viendra à Valladolid, nous nous entraînerons avec Gilardoni.”

Le numéro 1 ou rien

Avez-vous des objectifs clairs pour 2021 ?

Bela: “Les gens attendront de nous que nous soyons les numéros un, les meilleurs. Nous avons plus que jamais pris l’engagement de travailler et il est clair que si nous le faisons, nous pouvons aspirer à tout.”

Sanyo: “Lorsque le physique me le permet et que ma tête aussi, je pense qu’avec tout joueur qui me rejoint, j’aime me battre pour le numéro 1. Après il est possible que nous n’y arrivions pas, mais avec Bela nous pensons de manière très similaire, et il a toujours été au sommet. Quand vous n’êtes plus au sommet, vous voulez revenir, parce que vous vous habituez à gagner rapidement.”

Y aura-t-il une certaine pression pour rêver en grand ?

Bela :“J’espère que jusqu’au dernier jour de ma carrière, j’aurai cette pression, cela signifierait que je continuerai à être compétitif.”

Sanyo: “J’ai toujours pensé à atteindre le sommet, à m’améliorer jour après jour, et je pense que grâce au CV de Bela, il n’est même pas nécessaire de lui demander si il pense à atteindre le sommet avec moi. À chaque tournoi, je prépare le sac pour rentrer à la maison le dimanche, et il en restera ainsi.

Lorenzo Lecci López

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Son ambition est de couvrir les plus grands événements sportifs (J.O. et Mondiaux). Il s’intéresse à la situation du padel en France, et offre des perspectives pour un développement optimal.