Pendant longtemps, Fede Chingotto a été considéré comme l’un des joueurs les plus réguliers du circuit. Toujours présent dans les derniers tours, rarement en difficulté face aux paires de second rang, l’Argentin semblait pourtant se heurter à un plafond lorsqu’il retrouvait Arturo Coello et Agustín Tapia en finale.

Mais depuis le début de la saison 2026, quelque chose a changé.

Associé à Ale Galán, le joueur d’Olavarría a trouvé la clé qui lui manquait pour rivaliser avec les numéros 1 mondiaux. Résultat : la paire Galán / Chingotto a remporté quatre des cinq confrontations directes disputées cette saison face aux « Golden Boys » et domine actuellement la Race Premier Padel.

Selon les statistiques de Padel Intelligence, ce tournant s’explique par une évolution très précise du jeu de Chingotto.

Le point faible de Chingotto face aux numéros 1

Depuis toujours, le « Ratón » construit son jeu autour de la régularité. Peu de joueurs commettent aussi peu de fautes directes que lui sur le circuit.

En moyenne, Chingotto tournait autour de 7,5 fautes directes par match, un chiffre déjà exceptionnel au plus haut niveau mondial.

Le problème apparaissait lorsqu’il affrontait Coello et Tapia.

Face aux leaders du classement, son nombre de fautes directes explosait :

  • 6,7 fautes directes par match contre le reste du circuit
  • 12,1 fautes directes par match contre Coello et Tapia

Une différence énorme qui expliquait en partie les difficultés de la paire Galán / Chingotto lors des grandes finales de 2024 et du début de saison 2025.

Sous la pression permanente exercée par Tapia et Coello, Chingotto se retrouvait souvent obligé de sortir de sa zone de confort et d’adopter un jeu plus agressif. Un choix qui augmentait certes son nombre de coups gagnants, mais aussi considérablement son nombre d’erreurs.

Un changement tactique radical en 2026

Cette saison, l’Argentin a décidé de modifier son approche.

Plutôt que de chercher à rivaliser dans le registre offensif avec les numéros 1 mondiaux, Chingotto a poussé encore plus loin son identité naturelle : défendre, construire, patienter et limiter les risques.

Les chiffres sont parlants :

  • Fautes directes contre Coello/Tapia en 2025 : 12,1
  • Fautes directes contre Coello/Tapia en 2026 : 8,2

Une baisse de près de 25 %.

Dans le même temps, son nombre de coups gagnants a lui aussi diminué :

  • 11,5 winners auparavant
  • 8,2 winners cette saison

Un sacrifice offensif volontaire qui s’avère aujourd’hui extrêmement rentable.

Un Galán encore plus dominant

Cette évolution profite directement à Ale Galán.

Avec un partenaire encore plus fiable à ses côtés, le Madrilène peut pleinement exploiter ses qualités offensives sans avoir à compenser certaines pertes de contrôle observées par le passé.

Le schéma est désormais clair :

  • Chingotto sécurise et construit.
  • Galán accélère et conclut.

Une complémentarité qui fonctionne à merveille depuis plusieurs mois.

Le meilleur Chingotto de sa carrière ?

Les statistiques montrent surtout un joueur qui a réussi à rester fidèle à son identité tout en corrigeant sa principale faiblesse.

Moins spectaculaire, peut-être.

Mais beaucoup plus efficace.

En devenant encore plus patient, plus solide et plus discipliné tactiquement, Chingotto est parvenu à faire déjouer les deux joueurs qui dominaient jusque-là le circuit.

À l’approche du Italy Major de Rome puis de la tournée espagnole, l’Argentin semble plus proche que jamais de son grand objectif : devenir numéro 1 mondial.

Et si Galán réalise probablement sa meilleure saison depuis plusieurs années, une partie de cette réussite porte aussi la signature d’un Fede Chingotto qui a su évoluer au moment le plus important de sa carrière.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !