Le P1 de Riyadh aura agi comme un révélateur pour Mike Yanguas. Car si le joueur espagnol confirme, tournoi après tournoi, l’étendue de son potentiel, cette étape saoudienne a également mis en lumière une zone de fragilité persistante : la gestion des moments de difficulté.
Un joueur complet techniquement
Lorsque le contexte lui est favorable, Yanguas est un immense joueur. Fluide, dominateur dans sa diagonale, capable d’imposer son tempo et d’accélérer soudainement en attaque, il déploie alors un padel complet, aussi propre techniquement que lisible tactiquement.
Les victoires en seizièmes de finale face à Pol Hernandez Alvarez et Guillermo Collado Losada, puis en huitièmes contre Alejandro Ruiz et Juanlu Esbri, ont renforcé cette impression. Tant qu’il n’est pas réellement inquiété dans l’échange — et particulièrement dans sa diagonale — Yanguas affiche une grande solidité. Il contrôle, use, puis frappe, avec cette capacité à créer la différence en transition offensive.
Un mental encore fragile
Mais le quart de finale contre Paquito Navarro et Fran Guerrero a fait basculer le scénario dans une toute autre dimension.
Le premier set est net, sans bavure. Fran Guerrero se précipite dès les premiers points du match, concédant trois fautes directes dans le premier jeu. Yanguas, lui, reste calme, posé, donnant l’impression d’avoir le dessus dans sa diagonale avec une certaine autorité.
Puis la dynamique change.
Dès que le deuxième set commence à pencher à l’avantage de Guerrero, le jeu de Yanguas se dérègle. Les choix deviennent plus précipités, moins construits. Les tentatives de remate depuis la ligne se multiplient — dans des conditions pourtant favorables à ce type de frappe — mais le timing interpelle.
Car ces tentatives interviennent souvent juste après un remate gagnant de Guerrero ou un point décisif perdu, comme si Yanguas cherchait immédiatement à répondre sur le même registre, à prouver qu’il peut lui aussi produire ce coup décisif.
Peu à peu, l’enrayement devient psychologique. La machine se grippe, la lucidité baisse, et Yanguas s’éloigne de son schéma initial fait de construction et de maîtrise. Le rapport de force bascule progressivement.
Dans cette configuration, son association avec Franco Stupaczuk ajoute une variable intéressante. L’Argentin n’est pas le joueur de gauche qui va brutalement inverser la dynamique par une avalanche de frappes gagnantes. Son jeu repose davantage sur le travail du point, la pression progressive, notamment via ses kicks à la grille.
Autrement dit, la paire ne dispose pas naturellement d’un plan B explosif lorsque la tempête arrive.
Cela implique une nécessité claire : Yanguas devra s’armer de patience, accepter les séquences difficiles et renforcer sa stabilité mentale. Car techniquement, les qualités sont immenses.
Et si cette solidité psychologique s’aligne un jour sur son niveau de jeu, la paire qu’il forme avec Stupaczuk pourrait rapidement s’installer parmi les références du circuit.
J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.


































































































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