Actuellement 10e mondiale, championne du monde 2022 avec la sélection espagnole, Verónica Virseda revient sur son parcours exceptionnel, les épreuves traversées, ses valeurs, et son évolution personnelle. Un échange sincère conduit par Ben alias benaqui7, qui découvre le padel à travers elle.
Virseda “bipolaire” ?
Verónica se définit comme une personne « bipolaire » dans son caractère : joyeuse et extravertie dans la vie, mais très sérieuse sur un terrain de padel. « Ce n’est pas que je sois fermée ou distante, c’est juste que je veux être concentrée. Et cette concentration peut donner une image froide. » En dehors des terrains, elle aime passer du temps avec sa famille, ses amis, plaisanter, rire d’elle-même et des autres.
Dans sa vie quotidienne, elle devient sérieuse lorsqu’il est question d’engagement, de responsabilité et de rigueur dans son travail, mais aussi lorsqu’elle donne des conseils aux gens qu’elle aime. « J’essaie toujours d’être constructive. »
Persévérance comme moteur
La plus grande qualité de Verónica est, sans hésiter, la persévérance. « On commence tous dans la difficulté. Persévérer, c’est continuer à progresser, surtout quand les choses vont mal. » Elle estime que c’est cette capacité à insister malgré les obstacles qui l’a menée où elle est aujourd’hui.
Son principal défaut ? Son caractère : elle admet être trop dure avec elle-même, voire parfois avec les autres. « Avant, j’avais du mal à dire les choses de manière posée. Je pouvais être brusque. Aujourd’hui, j’essaie de changer, de me parler avec plus de bienveillance, d’apprendre à me respecter. »
Trois objets, trois repères
Parmi les objets importants à ses yeux, elle cite :
- Sa raquette, évidemment
- Un bracelet avec le prénom de sa chienne Telma, qu’elle aime profondément
- Un pendentif en forme de croix, car elle est croyante et attache de l’importance à sa foi

Une enfance turbulente… et sportive
Enfant, elle se décrit comme « incontrôlable » : « Personne ne me contrôlait, j’étais pleine de caractère. Je cassais mes raquettes au tennis. Mes parents ont eu du mal avec moi. »
Avant le padel, elle hésitait entre le tennis et le football. Elle a finalement choisi le tennis, faute de clubs féminins de foot. « J’étais toujours la dernière choisie dans les matchs entre garçons. Il n’y avait pas assez de filles dans mon école pour créer une équipe. » Un découragement qui l’a orientée vers une discipline individuelle.
Du rejet au retour : sa relation avec le tennis
Après avoir arrêté le tennis à 18 ans, Verónica ne voulait « plus en entendre parler ». Aujourd’hui, elle le regarde à nouveau avec plaisir, notamment le circuit féminin. « J’adore Sabalenka. J’ai toujours admiré Serena, Venus, Sharapova. » Elle suit aussi Roland-Garros, et avoue qu’elle pourrait même rejouer pour le plaisir, preuve qu’elle a fait la paix avec ce sport.
Une nouvelle passion : le padel par hasard
C’est par hasard qu’elle découvre le padel. Elle avait 19 ou 20 ans, faisait ses études et ne pratiquait plus aucun sport, à part courir ou aller à la salle. Un jour, son père lui demande s’il lui manque une personne pour faire un double, et elle accepte. « C’est comme ça que tout a commencé. »
Très vite, elle retrouve l’envie de s’entraîner, de progresser, puis de jouer quelques petits tournois. Elle se rend compte qu’elle a du potentiel. Elle se fédère, déménage à Madrid pour se former, notamment avec Máximo Castellote (joueur de première catégorie en Espagne), et rejoint peu à peu le haut niveau.
Des débuts sérieux, mais une alerte cardiaque
En 2014, elle commence à jouer de façon plus professionnelle. En 2015, alors qu’elle s’apprête à disputer une saison complète avec Valeria Pavón, elle subit un grave problème cardiaque. « J’ai eu une arythmie très forte, avec le rythme cardiaque qui est monté à 230-240. »
Les médecins sont inquiets : ils craignent une mort subite et lui conseillent d’arrêter le sport. Finalement, après des examens plus poussés et une ablation, les spécialistes jugent qu’il n’y a pas de danger. « J’ai eu peur, c’était une période très stressante. Mais j’ai décidé de continuer. »
Du tennis égoïste au padel collaboratif
Le passage du tennis, sport individuel, au padel, sport en binôme, n’a pas été facile. Verónica reconnaît avoir eu une mentalité trop centrée sur elle-même. « J’avais du mal à accepter les erreurs de ma partenaire… et les miennes aussi. »
Avec l’aide de psychologues, elle a appris à faire preuve d’empathie, à laisser l’ego de côté et à devenir une meilleure coéquipière. « Je suis en cours de transformation. Ce n’est pas encore parfait, mais j’y travaille. »
Une carrière en progression constante
Voici les principaux faits marquants de son palmarès :
- 2017-2019 : Championne d’Espagne par équipes autonomes avec la sélection de Madrid
- 2019 : Championne d’Europe à Rome avec Marta Talaván
- 2022 : Championne du monde à Dubaï avec la sélection espagnole
- 2025 : Vainqueure de la Hexagon Cup, compétition dirigée par Kun Agüero
Verónica insiste : « Tout n’a pas été facile. J’ai beaucoup perdu au début, comme tout le monde. Il faut du temps pour apprendre, s’adapter, se faire une place. »
Le titre de championne du monde 2022, moment inoubliable
Elle s’en souvient encore comme si c’était hier. « On savait que la sélection allait se jouer entre deux paires. On avait battu l’autre équipe en confrontation directe. Quand la sélectionneuse nous a appelées, j’ai ressenti une énorme responsabilité. Représenter ton pays, c’est une pression énorme. »
Mais cette pression s’est transformée en motivation. « On a profité à fond. On a gagné. Et pour moi, c’est le moment le plus intense de ma carrière. »
Et après ?
À 33 ans (née le 1er juillet 1992), Verónica n’envisage pas encore la fin. « Je me vois jouer jusqu’à 38 ou 40 ans. Il y a des joueuses qui continuent et sont critiquées, mais si tu aimes ce que tu fais, pourquoi arrêter ? » Pour cela, elle mise sur la préparation physique et mentale, mais aussi sur une bonne gestion de ses ressources. « Il faut savoir investir et préparer son avenir. »
Et après la carrière ? Peut-être entraîner, donner des cours, ou tout autre chose. « Pour l’instant, je veux juste continuer à jouer le plus longtemps possible. »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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