Le mercato estival continue de redistribuer les cartes sur le circuit Premier Padel. Après plusieurs séparations, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, de nouveaux projets verront le jour dès le P1 de Pretoria. Certaines associations semblent presque naturelles, d’autres intriguent davantage. Sur le papier, lesquelles ont le plus de chances de s’imposer rapidement ?

Libaak / Alfonso, le projet qui excite le plus

S’il y a une paire qui attire tous les regards, c’est bien Tino Libaak et Gonza Alfonso.

L’annonce de la séparation entre Libaak et Álex Chozas était attendue depuis plusieurs jours. Le duo argentin, malgré quelques coups d’éclat, avait rapidement semblé atteindre un plafond, incapable de dépasser les huitièmes de finale sur Premier Padel.

Avec Gonzalo Alfonso, le profil est totalement différent.

En début de saison, certains estimaient déjà qu’il fallait à Alfonso un partenaire plus puissant que Sanyo Gutiérrez, avec qui l’association n’avait jamais réellement trouvé son rythme. En ce sens, Tino Libaak semble représenter le complément idéal : capable d’inventer, d’accélérer, de varier et de créer des décalages dans n’importe quelle situation.

Sur le papier, le potentiel est immense.

La seule interrogation concernera le partage des responsabilités. Les deux Argentins aiment toucher énormément de balles et prendre le jeu à leur compte. Trouver rapidement les bons automatismes sera indispensable.

Mais si la connexion fonctionne, cette paire pourrait très vite devenir l’une des plus dangereuses hors Top 8… et pourquoi pas replacer ses deux joueurs dans la course à une sélection avec l’Argentine pour les prochains Mondiaux.

Esbrí et Sanyo : le feu associé à la sagesse

Autre projet particulièrement séduisant : Juanlu Esbrí avec Sanyo Gutiérrez.

L’association oppose presque deux générations.

D’un côté, Esbrí incarne l’une des plus fortes progressions du circuit. Puissant, agressif et toujours en mouvement, il impose un rythme très élevé. De l’autre, Sanyo continue de miser sur sa lecture du jeu, son expérience et son intelligence tactique.

Un mélange qui peut faire des étincelles.

Reste toutefois une réserve. En début d’année, Sanyo avait déjà tenté l’expérience avec Gonzalo Alfonso, un joueur également porté vers l’offensive, sans véritable réussite. Même si Esbrí possède un registre encore plus explosif, il faudra rapidement trouver le bon équilibre entre prise de risques et construction.

Álex Ruiz retrouve un profil plus stable

Pour Álex Ruiz, cette nouvelle association avec Javi García ressemble peut-être à celle de la stabilité.

Après plusieurs changements de partenaires ces derniers mois, le gaucher espagnol cherchait avant tout un joueur capable d’apporter de la continuité.

Javi García présente un profil assez proche de Juanlu Esbrí dans le volume de jeu, mais avec davantage de régularité et de discipline tactique.

Une combinaison qui pourrait permettre à Ruiz de retrouver la confiance qui lui manque depuis plusieurs mois.

Tolito cherche encore la bonne formule

De son côté, Tolito Aguirre tentera un nouveau pari avec Pablo García.

L’Argentin reste l’un des joueurs les plus imprévisibles du circuit. Génial par séquences, capable de coups impossibles, mais parfois difficile à suivre pour ses partenaires.

Pablo García réalise, lui, une saison intéressante et apportera certainement davantage de structure au jeu.

La vraie question reste la même : peut-on réellement construire un projet durable autour du style si particulier de Tolito ?

Chez les dames, Calvo / Fernández apparaît comme une évidence

Dans le tableau féminin, la nouvelle association entre Martina Calvo et Claudia Fernández est probablement celle qui suscite le plus d’attentes.

Deux des plus grandes pépites du padel mondial réunies dans une même équipe : difficile d’imaginer un projet plus excitant sur le long terme.

Leur rapprochement semblait presque inévitable.

Dès le début de saison, beaucoup imaginaient déjà les voir évoluer ensemble. Finalement, les deux Espagnoles avaient préféré poursuivre leur progression auprès de joueuses expérimentées, Martina Calvo avec Marta Ortega, Claudia Fernández avec Sofía Araújo.

Deux projets qui n’ont jamais réellement trouvé leur vitesse de croisière.

Les résultats sont restés corrects, sans être à la hauteur des ambitions affichées. Les éliminations précoces de Valladolid puis de Bordeaux ont fini par convaincre les quatre joueuses de changer de direction.

Une association arrivée un peu tard ?

C’est sans doute la principale interrogation.

En regardant leur niveau de jeu et leur complémentarité naturelle, on peut se demander si Calvo et Fernández n’auraient pas gagné du temps en s’associant dès le mois de janvier.

Aujourd’hui, elles semblent encore assez loin des trois premières paires mondiales, mais leur potentiel est énorme.

Capables de rivaliser ponctuellement avec les meilleures, elles devront désormais trouver cette régularité qui leur a manqué jusqu’ici.

Le P1 de Pretoria constituera un premier test grandeur nature.

Car au-delà des annonces, le marché des paires ne se juge jamais sur le papier. Comme toujours sur Premier Padel, c’est la piste qui dira quelles associations étaient de vraies bonnes idées… et lesquelles ne seront qu’un épisode de plus dans un mercato qui ne cesse de s’emballer.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !