Gemma Triay, actuelle numéro 4 mondiale, aborde cette saison 2025 avec une ambition claire : viser les sommets avec sa nouvelle partenaire, Delfina Brea. Après une pré-saison courte et des premiers tournois marqués par des ajustements, la joueuse minorquine s’est confiée à La Chiquita Padel et Mundo Deportivo sur ses premiers pas avec Delfi, son expérience à Riyadh et son regard sur l’évolution du padel féminin.
Un duo qui cherche encore ses repères
La transition entre deux saisons n’a pas été évidente pour Gemma Triay. Après une séparation avec Claudia Fernández, la championne espagnole a décidé d’entamer un nouveau cycle avec Delfi Brea. Pourtant, la préparation a été courte, notamment à cause de la Hexagon Cup, où les deux joueuses ont évolué séparément.
“Nous avons dû ajuster de nombreuses choses après Riyadh. La semaine qui a suivi nous a été très bénéfique pour corriger nos erreurs et mieux définir notre jeu. Ce tournoi est en indoor, tandis que Riyadh était outdoor, donc les conditions sont totalement différentes. Mais nous avançons avec une bonne dynamique et beaucoup d’envie.”
Triay décrit leur duo comme un mélange de solidité et d’agressivité. Elle insiste sur leur capacité à dicter le jeu à la volée, mais aussi sur leur sens tactique : “Nous analysons beaucoup nos adversaires, nous cherchons à comprendre leurs schémas et à trouver des solutions.”
Riyadh : un tournoi perturbé et un débat relancé
Le premier tournoi de l’année en Arabie Saoudite a été marqué par des conditions météorologiques inattendues. De longues interruptions, des matchs reportés… Un casse-tête pour les joueuses.
“C’était un tournoi bizarre… On ne s’attendait pas à voir autant de pluie dans le désert ! Nous avons passé des journées entières à attendre sans savoir si nous allions jouer. C’était frustrant car cela compliquait la gestion de l’effort et la concentration. Mais nous étions toutes dans la même situation, il fallait s’adapter.”
Ce tournoi a également relancé le débat sur la répartition des épreuves indoor et outdoor. Triay plaide pour un équilibre plus marqué en faveur des tournois en intérieur :
“Le padel change énormément selon l’environnement. Pour moi, le circuit devrait être à 70% indoor et 30% outdoor. Les Majors ne devraient pas tous être outdoor, car les conditions de jeu y sont trop variables. En indoor, les meilleures paires imposent plus facilement leur supériorité, alors qu’en extérieur, le vent et les conditions climatiques peuvent tout chambouler.”
Un duel face à Bea et Claudia marqué par l’émotion
À Riyadh, Triay et Brea ont dû affronter Bea González et Claudia Fernández, leurs anciennes coéquipières respectives, en demi-finale. Une rencontre où l’émotion a joué un rôle clé.
“J’ai déjà vécu ce genre de situation, et c’est toujours particulier. C’était la troisième fois que je jouais contre une ex-partenaire, et j’avais perdu les deux premières fois. Ces matchs sont toujours très émotionnels, plus encore que tactiques. Il y avait beaucoup de nervosité des deux côtés, ce qui a rendu le match très irrégulier, avec de nombreux breaks. C’était un vrai combat.”
Malgré la défaite, Bea et Claudia ont atteint la finale, bien que González ait été contrainte de déclarer forfait. Triay n’a cependant rien remarqué d’inhabituel :
“Nous étions concentrées sur notre match, et je n’ai rien vu de préoccupant. Cette décision relève d’elle et de son équipe. Je ne peux pas dire si elle était diminuée ou non.”
Objectif numéro 1, mais sans obsession
Si l’objectif affiché de Triay et Brea est de devenir numéro 1, la joueuse espagnole insiste sur le fait que cela se construira sur la régularité et le travail.
“Nous visons le sommet, mais cela passera par des étapes intermédiaires. Ce n’est pas une obsession, nous devons avant tout trouver notre alchimie et être régulières sur toute la saison. La route est encore longue.”
La séparation avec Claudia Fernández a été un moment clé de l’intersaison. Un choix difficile, mais pris avec sincérité :
“Ces décisions ne sont jamais faciles. Nous avons eu une discussion très honnête, et Claudia a fait preuve d’une grande maturité. Elle voulait continuer, mais elle a compris ma décision. Je lui ai dit à quel point elle avait fait une saison incroyable et qu’elle pouvait aller très loin. Nous avons terminé numéro 2, ce qui était inespéré au départ. Je n’ai aucun doute sur son avenir.”
Le plaisir de jouer en Espagne et une préférence pour Valence ou Barcelone
Après 9 ans d’absence, le padel professionnel est de retour à Gijón, une ville où Triay apprécie l’ambiance :
“J’adore jouer en Espagne, le public est incroyable. C’est la première fois que je viens à Gijón, et j’adore découvrir de nouvelles villes. “
Concernant le P1 prévu en Espagne dans deux mois, mais dont la ville reste inconnue, Triay a une préférence :
“Si ce n’est pas Majorque, alors peut-être Valence, où nous avons toujours eu de bons tournois. Barcelone pourrait aussi être une belle option, pas seulement pour le Master Final.”
Un duo qui monte en puissance
Avec un titre au Gijón P2, Gemma Triay et Delfi Brea prouvent qu’elles sont prêtes à jouer les premiers rôles. Leur objectif est clair : bousculer la domination de Sánchez et Josemaría.
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !


























































































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