Unique joueur chilien installé durablement sur le circuit Premier Padel, Javier Valdés, 83e joueur mondial, poursuit sa progression parmi l’élite mondiale. À Bordeaux, où il disputait le tournoi aux côtés du Français Thomas Leygue, le joueur formé au sein d’une véritable famille de padel est revenu sur son parcours, son arrivée en Espagne, son nouvel environnement d’entraînement avec Matías Díaz, mais aussi sur son regard sur les conditions de jeu du Bordeaux P2. Entretien avec un joueur qui préfère les longs échanges aux démonstrations de puissance.
“Je suis le seul Chilien sur le circuit à être à 100%”
Padel Magazine : Tu es aujourd’hui l’un des rares Chiliens à évoluer sur Premier Padel. Comment tout a commencé ?
Javier Valdés : Tout s’est fait très naturellement.
Mon père a été l’un des pionniers du padel au Chili. Il a également fait partie des premiers joueurs professionnels à une époque où le padel se développait surtout en Amérique du Sud.
Toute ma famille a toujours vécu autour de ce sport. Nous avons eu des clubs, des marques liées au padel… J’ai grandi dans cet univers.
Comme j’étais le plus jeune de la famille, c’est finalement moi qui ai décidé de pousser l’aventure jusqu’au professionnalisme.
Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir vivre entièrement du padel et de jouer sur le meilleur circuit du monde. Pour un Chilien, c’est une vraie fierté.
Es-tu aujourd’hui le seul joueur chilien installé sur le circuit ?
Je ne connais pas précisément le classement du deuxième meilleur Chilien.
Mais aujourd’hui, je suis effectivement le seul à pouvoir me consacrer à 100 % au circuit Premier Padel.

« Avec Thomas Leygue, tout s’est fait naturellement »
Comment est née cette association avec Thomas Leygue ?
Nous nous connaissions déjà très bien.
Nous nous entraînons dans la même académie à Madrid.
Nous partageons les mêmes entraîneurs.
À la base, c’est simplement une situation particulière.
Mon partenaire habituel cette saison, Renzo Núñez, devait rentrer quelques semaines en Argentine pour régler des démarches personnelles.
Au même moment, Thomas revenait progressivement après une blessure très compliquée.
L’idée est donc venue naturellement.
Nous nous entraînions déjà ensemble tous les jours.
Cette association est-elle amenée à durer ?
Non.
C’est une collaboration ponctuelle.
Nous disputons Bordeaux puis le FIP Bronze de La Nucía cette semaine.
Ensuite, chacun retrouvera normalement son projet initial.
Que penses-tu du niveau actuel de Thomas Leygue ?
Je suis un peu plus âgé que lui et je suis sa progression depuis ses débuts.
C’est un garçon formidable.
Le classement qu’il occupe aujourd’hui est complètement trompeur.
Sa blessure l’a énormément pénalisé.
Mais son véritable niveau est largement supérieur à son classement actuel.
Je suis convaincu qu’il retrouvera rapidement sa place.
J’espère simplement que nous terminerons cette petite aventure avec de bonnes sensations.
En dehors du terrain comme sur la piste, nous nous entendons très bien.

« Pour réussir, il fallait venir en Espagne »
Quand as-tu décidé de quitter le Chili ?
Lorsque j’ai décidé de devenir professionnel, vers 16 ou 17 ans.
À cette époque, presque tout le circuit mondial se disputait en Espagne.
On parlait encore du World Padel Tour.
Entre 80 et 90 % des tournois avaient lieu ici.
Il n’y avait finalement pas beaucoup d’autres possibilités.
J’ai d’abord effectué plusieurs séjours de deux ou trois mois pour découvrir le niveau et la vie sur place.
Puis, vers 2017-2018, j’ai pris la décision de m’installer définitivement.
Aujourd’hui, cela fait presque dix ans que je vis en Espagne.
Je suis passé du World Padel Tour à Premier Padel et je suis très heureux du chemin parcouru.
Ta famille est restée au Chili ?
Oui.
Toute ma famille vit toujours là-bas.
Je suis le seul installé en Espagne.
« J’ai eu la chance d’être entraîné par mes idoles »
Tu as changé d’académie cette saison. Pourquoi ?
Mon précédent entraîneur allait changer de résidence.
J’ai donc rejoint le CEPAC où je travaille aujourd’hui avec Matías Díaz et Gastón Malacalza.
Pour moi, c’est une immense chance.
Tu as été entraîné par plusieurs grandes figures du padel…
Oui.
Avant cela, j’avais travaillé avec Maxi Grabiel.
Puis avec Cristian Gutiérrez pendant presque deux ans.
Aujourd’hui, je suis avec Matías Díaz.
Ce sont trois joueurs qui ont marqué mon enfance.
Ils évoluaient au même poste que moi.
Je regardais leurs matches à la télévision.
Ils ont tous été parmi les quatre meilleurs joueurs du monde.
J’essaie aujourd’hui de prendre le meilleur de chacun.
Chaque entraîneur apporte quelque chose.
Mais lorsqu’il s’agit de joueurs que tu admirais étant enfant, l’apprentissage prend une dimension encore plus particulière.
« À Bordeaux, on joue vraiment au padel »
Comment trouves-tu les conditions de jeu à Bordeaux ?
Personnellement, j’adore.
Je suis un joueur qui aime construire les échanges.
J’aime les longs points.
Cette piste oblige à jouer au padel.
Elle récompense les joueurs qui possèdent plusieurs solutions dans leur jeu.
La semaine précédente, à Valladolid, les conditions favorisaient énormément les gros frappeurs.
Ici, il faut utiliser beaucoup plus de ressources.
Le padel devient plus complet.
Et c’est ce type de jeu que je préfère.
Penses-tu que ces conditions convenaient également à Thomas Leygue ?
Oui, je le pense.
Même si c’est toujours difficile de comparer avec une autre piste.
Personnellement, ces conditions me correspondent parfaitement.
Et je crois que le style de Thomas s’exprime également mieux lorsque les échanges sont plus longs.
Nous avons davantage le temps de construire les points.
Le vrai padel ne se résume pas à la puissance.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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