Directeur de tournoi FIP, gérant de club, entrepreneur et “organisateur à domicile”, David Matéo s’est imposé comme une figure incontournable du padel européen. Premier directeur de tournoi européen sur les étapes du FIP Tour, il incarne cette génération d’organisateurs capables de gérer à la fois l’exigence sportive, la pression logistique et la réalité économique d’un événement international.
Entre coulisses sous tension, ambitions structurantes et vision à long terme, portrait d’un homme aux multiples responsabilités.
Des coulisses que le public ne voit jamais
Sur la piste, le spectacle est fluide. En coulisses, la réalité est tout autre.
« Il y a tellement de problèmes sur chaque tournoi… On est obligé de se battre pour trouver vite des solutions : l’hôtel, la nourriture, le transport, le prize money… Il y a tellement de choses à gérer, c’est dingue. Le principal, c’est que le public ne se rende compte de rien et apprécie le spectacle. »
Une anecdote résume cette réalité : la panne de wifi à Marseille.
« La panne de wifi à Marseille, c’était terrible. Pas de son, pas d’image, donc pas de score sur les écrans, pas de streaming en direct… et beaucoup de râlage et de plaintes. C’était un moment compliqué qui a été résolu dans la journée. »
À cela s’ajoutent les imprévus logistiques : joueurs plus nombreux que prévu à l’aéroport, navettes insuffisantes, Uber commandés en urgence. Chaque détail peut devenir un point de tension.
Et pourtant, il reste aussi des moments humains.
« Un instant qui me fait sourire à chaque fois, c’est quand je repars d’un tournoi et que tout le monde crie “FRY” hahaha… »
FIP Platinum Marseille : souffrir et se régaler
Directeur du FIP Platinum Marseille, David Matéo parle d’une expérience intense.
« C’était une expérience incroyable. J’ai autant souffert que je me suis régalé. Il faut être un peu maso pour aimer se faire torturer comme ça. »
Il en est reparti « fier » avec « le sentiment du travail accompli », espérant être de nouveau nommé en 2027.
Organiser un Platinum n’a rien à voir avec un Bronze, un Silver ou un Gold.
« La qualité des joueurs change tout. Ils sont beaucoup plus exigeants. Il y a déjà des joueurs avec le boulard en P25, alors en Platinum je te laisse imaginer… »
À Marseille, la densité urbaine a compliqué la tâche : embouteillages constants, aéroport éloigné, arrivées massives les premiers jours. Chaque déplacement devenait une équation.

Seul aux commandes, chez lui
Prochaine étape : organiser un tournoi FIP dans son propre club, en étant pleinement seul aux manettes.
« Là, ça change tout. Si une connerie est faite, ce sera de ma faute et je ne pourrai m’en prendre qu’à moi-même. »
Mais l’expérience accumulée change la donne.
« Tout est calculé au millimètre pour que tout soit nickel. La FIP et la FFT me font 100 % confiance, je ne les décevrai pas. »
Chez lui, il maîtrise l’environnement.
« Clairement plus simple. Je suis chez moi, je n’aurai pas besoin de demander la permission pour quoi que ce soit, en respectant évidemment le cahier des charges. »
Mentalement, en revanche, la période est dense.
« À l’instant T, je suis complètement cramé. Passer de 20 ans de mairie à chef d’entreprise, ce n’est pas simple, surtout quand vous êtes trahi par vos propres employés à qui vous avez tout donné. »
Stratégiquement, en revanche, pas de doute : « Je sais ce que j’ai à faire. »
ViaPadel : de 10 équipes amateurs à une machine structurée
L’histoire de ViaPadel démarre en 2017, au Five, avec un championnat amateur à 10 équipes.
« À ce moment-là, je n’imaginais pas tout ce qui allait être fait derrière. Porté par la passion et l’adversité, avec ma femme, on a construit une vraie machine de guerre. »
Pendant deux ans, uniquement des tournois amicaux. Puis 2019 marque la bascule officielle : création de ViaPadel, organisation de tournois homologués et de championnats structurés.
En juillet 2025, nouvelle étape : rachat du premier club à Rivesaltes, au nord de Perpignan.
Le projet ne s’arrête pas là.
« Le plus gros projet, c’est la construction de notre deuxième club à Perpignan Sud. Les travaux démarrent dans un ou deux mois maximum. »
Un investissement massif.
« C’est un monstre à 8 millions d’euros. Une vision sur l’avenir. L’objectif du club parfait, le club ultime. »





Un FIP chez lui : une responsabilité territoriale
Organiser un FIP Bronze représente entre 40 000 et 50 000 euros. Un engagement lourd, rendu possible grâce au soutien du sponsor principal Ambiance Énergie.
« Même si c’est cher, j’ai envie de le faire chez nous. Le padel est parti d’ici en France, donc c’est normal qu’il y ait un tournoi international ici. Et si ce n’est pas moi qui le fais, personne ne le fera. »
L’objectif est clair : attirer les meilleurs Français, des Espagnols grâce à la proximité géographique, et mobiliser le public catalan.
« Les tribunes sont là pour ce genre d’événement. J’espère qu’elles seront pleines. »
Marseille, et après ?
Pour inscrire un tournoi FIP dans la durée, il ne tourne pas autour du sujet :
« Surtout des partenaires et des sponsors. L’argent, c’est la base de tout. »
Le lieu marseillais, selon lui, ne doit pas changer. Le public a répondu présent. Il imagine conserver le Platinum, renforcer la structure économique et pourquoi pas aller plus loin.
« Pourquoi pas un P2. À Marseille, c’est possible vu la structure. Après, ce n’est qu’une question d’argent. »
Son rêve ultime ?
« Organiser un tournoi au Parc des Princes. »
Ce qui fait un tournoi référence
À ses yeux, tout commence par l’humain.
« Déjà le promoteur. Si tu n’as pas un bon promoteur, tu ne peux rien faire. Un bon directeur de tournoi hahaha… et après le reste vient naturellement. »
Avec l’explosion du padel en France, il reste convaincu d’une chose : bien structuré, un événement a toutes les chances de s’installer durablement.
David Matéo avance désormais sur plusieurs fronts : directeur international reconnu, entrepreneur ambitieux, organisateur engagé localement.
Une trajectoire construite sur la passion, la rigueur et une capacité à absorber la pression.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.





































































































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