Stéphane Penso, testeur matériel chez Padel Magazine, nous ouvre les portes de son quotidien et détaille la façon dont il analyse les raquettes, les chaussures et l’évolution du matériel, avec une approche précise, assumée et tournée vers les besoins réels des joueurs.
Comment s’organise ton travail de testeur ?
Avant même de parler de ma journée type, sachez que tout se joue en amont. Je suis en contact permanent avec les représentants des différentes marques pour échanger sur les nouveautés à venir et anticiper les lancements. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, tous les fabricants jouent le jeu : ils ont parfaitement saisi l’intérêt stratégique de me mettre le matériel à disposition dès la première opportunité.
J’ai donc cet immense privilège de recevoir les produits en avant-première, bien avant leur commercialisation officielle. La règle est simple : plus j’ai le matériel tôt, plus je peux pousser et affiner mon analyse.
En parallèle, je m’appuie énormément sur mon partenaire majeur, Esprit Padel Shop (j’y reviendrai plus en détail). Grâce à son fondateur Joffrey Gilant, j’ai un accès quasi illimité au catalogue. Cette liberté logistique est essentielle : elle me permet de couvrir un spectre de tests extrêmement large tout au long de l’année et de ne rien rater des tendances du marché.
Une fois reçu, le premier contact est physique : je prends la raquette en main pour avoir un premier ressenti sur le poids et l’équilibre. Ensuite, rituel un peu insolite : je tape quelques balles contre le mur de ma chambre pour évaluer le noyau. Croyez-le ou non, cet exercice me donne déjà beaucoup d’informations !

La journée type lors des tests terrain
J’ai deux QG stratégiques pour mes tests : mon club, le Cap7Padel à Marseille, et le club de la Presqu’île à Cassis, l’un des plus beaux spots de France.
Il est impératif pour moi de disposer de ces deux environnements distincts afin de déceler les moindres subtilités du matériel face aux variations climatiques. D’un côté, je profite des conditions de jeu optimales et constantes du Cap 7 en indoor. De l’autre, je confronte les raquettes à la réalité de l’outdoor à Cassis, à 20 mètres de la mer, pour analyser l’impact de l’humidité et de la pression atmosphérique sur le rendement.

J’utilise une feuille A4 sur laquelle je note toutes mes observations dans des colonnes bien précises, en temps réel. J’ai une raquette de prédilection, la Cork Supreme Hybrid, que je connais par cœur. Elle me sert de “thermomètre” étalon pour comparer toutes les différences des autres modèles.

Enfin, je fais appel à mes “cobayes” habituels (Paul, Franck, Naph) pour recueillir leurs ressentis. Un atout précieux à mes côtés est Olivier Illiano, qui joue depuis plus longtemps que moi. Son ressenti, souvent différent du mien, apporte une perspective complémentaire qui m’aide à trancher dans mes analyses.


Pourquoi ne plus mentionner le poids ?
J’ai choisi de ne plus le mentionner car c’est une donnée trompeuse. Sur un même modèle, on peut observer des écarts allant jusqu’à 15 grammes. Je me contente désormais d’indiquer si une pala est “lourde” (> 370 g) ou “légère” (< 355 g). Il est important de ne pas confondre poids et équilibre, une confusion fréquente. Certaines raquettes très lourdes peuvent s’avérer étonnamment maniables grâce à un excellent équilibre, tandis que des raquettes légères mais mal équilibrées peuvent être plus difficiles à manier.
Par ailleurs, j’ai également décidé de ne plus mentionner les prix, car ils fluctuent trop vite selon les stratégies commerciales des revendeurs.
L’évolution du matériel : stagnation pour les raquettes, révolution pour les chaussures
Dans un marché du padel saturé d’innovations et d’arguments marketing, la nécessité d’une méthodologie de test rigoureuse, impartiale et transparente est devenue stratégique pour les joueurs.
Le marché n’est pas à bout de souffle, mais nous traversons une phase de stagnation, une sorte de plafond de verre. Les fabricants ont exploré toutes les combinaisons possibles avec les matériaux actuels (carbone, gomme, fibres…). On attend la prochaine vraie rupture technologique. Je suis convaincu que d’ici quelques années, ces termes seront remplacés par des concepts et des matériaux totalement inédits. J’ai d’ailleurs quelques informations encore confidentielles à ce sujet qui arrivent bientôt…
En ce qui concerne les innovations, un secteur est en pleine mutation : celui des chaussures. Je suis impressionné par les avancées techniques rapides, les matériaux utilisés et l’énergie déployée par les fabricants. Ces efforts ont permis de créer des produits hyper innovants, notamment en termes de confort, une variable essentielle. Les marques ont enfin compris que les chaussures étaient tout aussi importantes que les raquettes.
Les erreurs fréquentes des joueurs amateurs
Je vois trop souvent des débutants jouer avec des “armes de guerre” inadaptées. Acheter la raquette de Lebron ou Galan quand on débute, c’est l’erreur classique ! La conséquence est souvent la même : blessure et frustration.
C’est pourquoi il est essentiel de respecter certains paliers :
- Choisir un noyau souple et/ou un revêtement en fibre de verre pour l’absorption et le confort
- Privilégier une forme ronde ou goutte d’eau avec un grand sweet spot
- Opter pour un équilibre le plus bas possible (maniabilité)
Si tous ces critères sont réunis, vous pouvez commencer votre apprentissage dans de bonnes conditions. Ce n’est qu’après avoir acquis une certaine maîtrise que vous pourrez envisager de passer à des raquettes plus techniques, avec des gommes plus dures et des formats en diamant.

Le profil de joueur de Stéphane
Je suis un joueur de style espagnol très patient jouant lentement et de préférence à gauche, assez technique, pas très puissant, mais avec un bon coup d’œil, une certaine anticipation et des déplacements précis. Le squash m’a évidemment permis d’être très à l’aise avec les vitres.
Cependant, j’ai une particularité qui déstabilise souvent mes adversaires : à la volée, j’utilise systématiquement un poignet très souple, ce qui me permet d’imprimer énormément d’effet à la balle.
Dans le cadre de mes tests, je me considère comme un joueur moyen qui maîtrise tous les coups du padel. C’est cette polyvalence qui me permet de me mettre à la place de l’énorme majorité des joueurs, de comprendre leurs besoins réels et de traduire les spécificités techniques en sensations de jeu concrètes. J’ai développé une sorte d’empathie très poussée, qui me permet de rester au plus près des attentes des personnes souhaitant acheter du matériel de padel.
Je joue très peu en tournoi, faute de temps et peut-être aussi d’envie. Mon classement est bloqué à 7500, ce qui ne m’évite malheureusement pas de passer systématiquement par la case des poules, rallongeant ainsi considérablement le temps consacré à chaque compétition.
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