Alors que le padel français poursuit sa structuration, certaines figures continuent d’en observer l’évolution avec un regard forgé par l’expérience. Cédric Carité fait partie de ces pionniers. Joueur à l’origine, il s’est progressivement consacré à la formation des entraîneurs, un domaine dans lequel il s’est imposé comme une référence.
Présent à Paris au Théâtre du Renard pour la deuxième édition des Assises du Padel, Carité est intervenu sur l’un des sujets qui lui tient le plus à cœur : la formation des enseignants. Avec plus de trois décennies passées dans le padel, il estime que le développement du sport en France passera forcément par une amélioration du niveau pédagogique.
Des débuts aux origines du padel français
Lorsque Cédric Carité parle du padel, c’est avec le recul de quelqu’un qui l’a vu grandir en France presque depuis ses débuts.
Il découvre la discipline à la fin des années 80, à l’époque où l’Association Française de Padel deviendra quelques années plus tard la Fédération Française de Padel, avant l’intégration à la FFT.
« Je suis arrivé dans le padel en 1989. L’association française est devenue fédération en 1992. Depuis, ça fait plus de trente ans que je vois évoluer ce sport. »
Durant ces décennies, il a observé toutes les transformations : évolution du matériel, des règles, du niveau des joueurs, mais aussi des structures et institutions qui encadrent la discipline.
Cette vision globale explique aussi pourquoi il est régulièrement sollicité pour intervenir dans des projets de réflexion comme les Assises du Padel.
La formation des coachs, un chantier encore ouvert
Pour Cédric Carité, l’un des défis majeurs du padel français reste la formation des enseignants.
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent les difficultés actuelles. Le premier remonte à la création des diplômes :
« Le ministère des Sports n’a pas souhaité créer un diplôme d’État spécifique au padel. Résultat : on est parti sur une formation courte, donc forcément moins complète. »
Mais il estime également que le système actuel peut encore progresser.
Il pointe notamment le manque d’expérience de certains formateurs et des prérequis parfois insuffisants pour accéder aux formations.
« Certains stagiaires arrivent en formation avec une maîtrise du padel assez faible. Parfois même sans avoir jamais pris de cours. C’est compliqué de former quelqu’un à enseigner une discipline s’il n’a pas de vécu. »
Face à cette situation, Carité explique avoir proposé plusieurs pistes d’amélioration à la Fédération Française de Tennis, notamment dès l’intégration du padel à la FFT.
Toutes n’ont pas été retenues. Il a donc choisi de créer son propre organisme de formation, tout en restant ouvert à une collaboration avec les instances.
« Si la fédération souhaite échanger pour améliorer les choses, je suis disponible. La balle n’est pas dans mon camp. »
Un sport accessible… parfois trop
Pour Carité, le succès du padel cache aussi un piège : sa facilité d’accès.
Le sport permet aux joueurs de s’amuser rapidement, ce qui peut donner l’impression que les cours ne sont pas nécessaires.
« Le padel est facile d’accès. C’est un piège. Les gens s’amusent tout de suite et pensent qu’ils n’ont pas besoin de prendre des cours. »
Pourtant, selon lui, la progression des joueurs dépend directement de la qualité de l’enseignement.
Un bon entraîneur doit être capable d’analyser le jeu de son élève, d’identifier ses lacunes et de lui proposer un véritable projet de progression.
« Le rôle du coach, c’est de faire un diagnostic précis : ce que le joueur sait faire, ce qu’il doit améliorer et comment y arriver. »
Dans un marché où les clubs se multiplient, la qualité pédagogique pourrait d’ailleurs devenir un facteur déterminant.
La technologie oui… mais pas à tout prix
Interrogé sur l’utilisation des outils technologiques dans l’enseignement, Cédric Carité reconnaît volontiers ne pas être un spécialiste du sujet.
« Je fais partie des dinosaures du padel. La technologie, ce n’est pas mon domaine. »
Réseaux sociaux, communication digitale ou analyse de données font désormais partie de l’écosystème du sport. Mais pour lui, l’essentiel reste ailleurs : la transmission sur le terrain.
« Moi, je préfère être avec mes stagiaires sur la piste, leur montrer les gestes, les accompagner dans leur pédagogie. »
Son approche repose avant tout sur le présentiel, la démonstration et l’expérience directe.
La communication, dans son cas, fonctionne surtout grâce au bouche-à-oreille, preuve que sa réputation s’est construite au fil des années sur la qualité de ses formations.
Ce qui fera la différence entre un bon club et un très bon club
Au-delà de la formation, Carité insiste aussi sur le rôle des structures dans le développement du padel.
Pour lui, la différence entre un club correct et un très bon club ne se résume pas à l’organisation de compétitions ou à la présence de joueurs professionnels.
« Acheter des joueurs pour gagner les interclubs, c’est une vitrine. Mais derrière la vitrine, qu’est-ce qu’il y a ? »
Un club solide doit être capable de proposer un projet global, qui englobe toutes les catégories de joueurs.
Cela signifie :
- former les enfants dès le plus jeune âge
- accompagner les joueurs loisirs qui veulent progresser
- développer un pôle compétitif pour les plus ambitieux
« Un bon club, c’est celui qui est capable d’allier tout le maillage : de l’enfant au joueur de haut niveau, du loisir à l’élite. »
Dans cette organisation, chaque entraîneur a un rôle essentiel.
« Le coach qui s’occupe des enfants de 6 ou 7 ans est aussi important que celui qui entraîne l’élite. S’il est mauvais, il n’y aura jamais de haut niveau. »
Un regard de pionnier sur l’avenir du padel
Après 34 ans passés dans le padel, Cédric Carité reste convaincu que le sport possède encore une énorme marge de progression en France.
Mais pour accompagner cette croissance, il estime qu’il faudra continuer à travailler sur plusieurs axes : formation des enseignants, structuration des clubs et qualité de l’encadrement.
Autant de chantiers qui, selon lui, détermineront le niveau du padel français dans les années à venir.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !
































































































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