Le nom du lieu n’est pas anodin. Dans la tradition chrétienne, le Golgotha désigne la colline de Jérusalem associée à l’épreuve et à l’endurance. À Yaoundé, la capitale du Cameroun, le Golgotha Tennis Club (Tennis Club SIC Hippodrome) a accueilli, les 3 et 5 mars 2026, un événement sportif qui n’était pas sans rappeler cette symbolique.
Pendant deux jours, le site a été le théâtre d’une tentative peu commune : Paul Atanga, ministre de l’Intérieur camerounais, qui venait tout juste de fêter ses 65 ans (né en février 1961), s’est lancé dans un défi physique destiné à être soumis au Guinness World Records.
L’idée était simple dans son principe, mais exigeante dans sa réalisation : enchaîner plusieurs matchs de tennis face à d’anciens joueurs professionnels, dans des conditions climatiques dépassant les 30 degrés, sans pause, sans s’asseoir et sans boire.
L’ensemble de la performance est aujourd’hui en cours d’examen par le Guinness Book des Records, qui devra déterminer si les critères nécessaires à l’homologation ont bien été respectés.
Un défi sportif face à d’anciennes figures du circuit
Pour l’occasion, plusieurs anciens joueurs connus du tennis international avaient fait le déplacement. Sur le court se sont succédé Cédric Pioline, ancien numéro 4 mondial, les Marocains Younès El Aynaoui, ancien 14e joueur ATP, et Hicham Arazi, ancien 9e mondial, ainsi que le joueur sénégalais Yahiya Doumbia.
Le Camerounais Aba Félix, figure du tennis local, faisait également partie des adversaires.
La première journée, le 3 mars, a notamment vu Paul Atanga enchaîner trois rencontres consécutives : face à Cédric Pioline, puis Younès El Aynaoui, avant un troisième duel contre Aba Félix.
Deux jours plus tard, le 5 mars, la tentative s’est poursuivie avec de nouveaux matchs, notamment contre Yahiya Doumbia et Hicham Arazi.
Au total, plusieurs heures de tennis se sont enchaînées sous une chaleur intense, dans un format qui relevait autant du défi physique que de l’expérience sportive.

Un dispositif proche des compétitions officielles
Afin d’encadrer cette tentative de record, les organisateurs avaient mis en place un dispositif relativement structuré.
Les matchs étaient arbitrés par Pascal Maria, ancien arbitre international français, et Hala Youssef, arbitre internationale égyptienne. Des observateurs du monde du tennis étaient également présents, parmi lesquels Éric Tanga, représentant de la FECATENNIS et membre de l’ITF, ainsi que Thierry Ntwali, responsable du développement de la fédération internationale pour l’Afrique de l’Est et centrale.
La tentative a également été constatée par un huissier de justice camerounais, en présence d’un avocat, afin d’attester officiellement du déroulement des rencontres.
Dans les tribunes, plusieurs personnalités du tennis étaient présentes. Parmi elles, Yannick Noah, vainqueur de Roland-Garros en 1983, qui a observé une partie de l’épreuve.
L’ancien champion a notamment souligné la dimension physique de l’exercice, relevant que le joueur n’avait ni bu, ni pris de pause durant les séquences observées.






Un “tournoi de la résistance”
Au fil de la journée, certains spectateurs ont commencé à surnommer l’événement le “Tournoi de la Résistance”.
L’expression renvoyait évidemment à l’idée d’endurance : pendant que les anciens joueurs pouvaient se reposer entre leurs passages sur le court, Paul Atanga restait debout et poursuivait les échanges, fidèle aux règles qu’il s’était imposées.
Cette tentative n’était d’ailleurs pas la première. Quatre ans plus tôt, une initiative similaire avait déjà été organisée, mais sans solliciter l’homologation du Guinness World Records.
Un style de jeu peu orthodoxe
Sur le plan technique, certains observateurs ont également relevé un style de jeu particulier.
Le joueur camerounais utilise en effet la même prise de raquette pour le coup droit, le revers, la volée et le service, une approche assez rare dans le tennis moderne, où les prises sont généralement spécialisées.
Ce détail, sans être déterminant, a contribué à donner à ces rencontres un caractère parfois inattendu.
Une fin de tournoi sous forme d’“Aqua Tennis”
La séquence finale a pris une tournure plus inhabituelle encore.
Les organisateurs ont proposé une animation baptisée “Aqua Tennis” : le court a été volontairement arrosé à grande eau, transformant la surface en terrain glissant.
Dans ces conditions pour le moins atypiques, les joueurs ont disputé un dernier match. Entre glissades, rebonds imprévisibles et déplacements prudents, la scène a suscité autant de sourires que de curiosité parmi les spectateurs.

Un geste sportif qui interpelle
Au-delà du défi lui-même, l’événement soulève aussi une observation plus simple : il reste relativement rare de voir un responsable politique se prêter à ce type d’exercice physique public.
Sans chercher à tirer de conclusion particulière, certains y verront simplement le signe d’une passion pour le sport, et pour le tennis en particulier.
Dans un contexte où les responsables publics apparaissent souvent dans des cadres institutionnels ou protocolaires, cette initiative avait au moins le mérite de montrer un visage différent.
Et déjà des discussions autour du padel
Autour du court, les conversations ont également parfois déré vers une autre discipline en pleine progression : le padel.
Le Cameroun, et notamment Yaoundé, possède déjà quelques infrastructures dédiées à ce sport, dont la popularité continue de progresser à l’échelle internationale.
Entre tennis, curiosité sportive et rencontres internationales, ces deux journées au Golgotha Tennis Club auront en tout cas proposé un moment singulier dans le paysage sportif local.
Reste désormais à savoir si cette tentative d’endurance sera officiellement reconnue par le Guinness World Records.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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