Arnaud di Pasquale a été choisi par Gilles Moretton pour être la personne en charge du développement du padel à la FFT. Padel Magazine a organisé un Live sur Facebook avec l’ex-tennisman à la suite de cette nomination.

Un projet ambitieux

Arnaud di Pasquale: “Je suis très heureux. Il y a plein de gens compétents qui pouvaient prendre ce poste. La FFT montre sa volonté de donner une impulsion par le fait de nommer un directeur chargé du padel, ce qui n’était pas suffisamment le cas alors que la délégation a été obtenue en 2014.”

“Il ne suffit pas d’être passionné pour accepter une mission. Il va y avoir des moyens engagés. On décide d’être ambitieux. Nous voulons mettre en place un certain nombre de choses qui vont permettre au padel de rayonner, d’être beaucoup plus visible. J’en suis convaincu.”

“La fédération doit mettre des moyens. Nous avons beaucoup échangé et j’ai présenté un projet. J’ai senti dans le discours du président, Gilles Moretton, une vraie volonté de développer enfin le padel. Ne parlons plus de discipline associée, parlons de la fédération française de tennis, de padel et de beach-tennis.”

“Il faut faire en sorte que le padel se développe. C’est le rôle de la FFT qui a récupéré la délégation du padel. Si elle ne le fait pas, il ne fallait pas le récupérer.”

Un vrai changement

“L’approche est complètement différente. Il n’y avait pas une vraie volonté de développer le padel. Ils n’y croyaient pas suffisamment. Moi si j’y viens, c’est parce que je suis passionné (j’y jouais 4 fois par semaine). Je ne suis pas sûr que l’ancienne gouvernance y voyait un intérêt particulier. Ils ne voyaient pas ce sport comme un levier de développement important pour la fédération dans son ensemble.”

“Je crois sincèrement que ça peut exploser, j’y crois.”

Du padel à Roland-Garros

“Le court de Roland-Garros, je n’arrive pas a imaginer qu’on n’en ait pas un depuis longtemps. Tout ce qu’on pourrait y faire comme exhibition, faire jouer des anciennes joueuses, des anciens joueurs. Il y en a plein qui adorent ça. En termes d’image à l’international ce serait colossal. On sait combien ce sport est addictif. Le coup de collier c’est maintenant. Le temps passe et on ne peut pas laisser les choses se faire. Il faut les structurer et les encadrer.”

“Nous avons décider de mettre un court de padel à Roland-Garros. C’est une décision qui a été prise. Tout dépendra bien entendu des circonstances sanitaires. Tout dépendra de la jauge du public qui sera permise sur la quinzaine. Nous travaillons sur plusieurs options.”

“Le court sera là, et je le veux le plus longtemps possible. En 2015, le court n°13 était trop petit. Moi je veux un vrai court. Je veux des vrais matchs, du vrai spectacle. Et également de la découverte pour le public. L’idéal c’est la quinzaine.”

Organiser un World Padel Tour

“On a une volonté de peser à l’international. D’où tous les échanges avec Luigi Carraro (président de la FIP). On veut avoir plus de tournois internationaux. Il n’y en a qu’un à Angers. Ce n’est pas normal pour un pays de notre calibre.”

“Pour peser à l’international il faut s’investir. On ne veut pas s’arrêter à un tournoi FIP. Ce n’est pas utopique ce que je vais dire : sur le mandat, on aura un tournoi du World Padel Tour, l’un des plus beaux.”

Il ne faut pas continuer le FFT Padel Tour. C’était beaucoup d’argent. Cet argent peut être mieux utilisé pour la promotion du padel. Nous travaillons sur l’enveloppe globale qui sera allouée à cette direction. Tout dépendra aussi de ce Roland-Garros.”

“Luigi Carraro attend beaucoup de la FFT. et c’est génial. J’aime son enthousiasme. Oui, nous voulons organiser des grandes compétitions pour faire rayonner le padel. Ce n’est pas impossible, mais nous devons faire les choses dans l’ordre, sans se précipiter.

La fédération de tous les clubs

“En ce qui concerne les 25% de clubs privés, ce sont des clubs qui connaissent parfaitement cette discipline et la développent globalement plus que les clubs de tennis qui se dotent de courts de padel.”

“Nous devons renforcer ce lien avec les clubs privés. Je réunirai le bureau de l’AFCP pour échanger avec eux, car ce sont eux qui sont très dynamiques. Il y a aussi des clubs de tennis qui le sont. L’idée, c’est que la fédé soit la fédé de tous les clubs. La cohabitation privé-public peut avoir lieu et doit avoir lieu. On engagera des moyens sur les structures privées.”

“Sur les subventions, la FFT doit aussi subventionner les structures privées. Il y a un flou juridique que nous allons devoir déverrouiller. Au départ, c’est une structure commerciale, et ce que j’aimerais c’est mettre une mécanique de subvention d’équipements au profit de tous les clubs sous réserve d’affiliation.”

La licence padel

“La licence padel n’est surtout pas créée pour faire plus d’argent. Je pense qu’il faut que ce soit un prix d’appel. Si on veut reconnaitre la discipline, il faut qu’on puisse savoir combien on a de licenciés padel. Cette licence unique du padel ne nous permet pas de recenser notre public et pouvoir vraiment le développer. On pourrait aussi avoir deux licences.”

A travers cette licence, la FFT reconnait cette discipline, et montre que ce n’est plus uniquement le tennis.”

Augmenter la notoriété du padel

“Il y a un plan média qui va être développé. Roland-Garros va nous permettre d’organiser un “press day”, pour montrer les valeurs véhiculées par le padel.”

Nous voulons voir avec la communication de la FFT, et aussi avec Padel Magazine, pour voir tout ce qui peut être mis en place dans la durée. Ce ne doit pas être un “one shot” sur Roland. Les actions doivent être fréquentes.”

“Il faut aussi qu’il y ait des évènements pour communiquer. C’est ainsi que l’on pourra nourrir les médias et faire connaitre le padel. Nous pouvons également nous servir des VIP qui adorent ce sport. Je veux que nous ayons des reportages sur des chaines publiques.” 

Aller chercher la jeunesse

“Il faut créer des passerelles avec le tennis. Il y a un savoir faire dans le tennis dont on va pouvoir se servir. Nous allons pouvoir utiliser les ressources humaines très expérimentées de la FFT. C’est surtout axé sur le haut niveau, avec les joueurs qui pourront aller au Centre National d’Entrainement.”

“Pour les jeunes, il faut qu’il y ait plus d’écoles de padel. Il faut aller chercher un public plus jeune. Tout ce que l’on a dit précédemment va donner un élan. Tous les clubs vont pouvoir mieux enseigner le padel.”

Féminiser le padel

“Le déséquilibre homme/femme est pour moi une énigme. C’est un sport accessible. Je n’arrive pas à comprendre la proportion de 83% d’hommes. Féminiser cette pratique fait partie des objectifs.”

“Luigi Carraro me disait qu’en Italie, la proportion était quasiment égale. Nous devons parler avec les autres pays pour pouvoir comprendre comment faire pour attirer plus de jeunes et de femmes.”

Une ambition olympique

“Il faut se servir des JO. On va essayer de trouver le moyen d’être visibles pour en faire la promotion. Ce ne sera pas un sport de démonstration, mais il faut absolument qu’on ai l’ambition de devenir olympique. En voyant les autres sports, je pense que nous pourrons avoir notre place.”

“Voir un jour le padel aux Jeux Olympiques, ce serait génial.”

Pour retrouver les échanges dans leur intégralité, c’est juste en-dessous :

 

Lorenzo Lecci López

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Son ambition est de couvrir les plus grands événements sportifs (J.O. et Mondiaux). Il s’intéresse à la situation du padel en France, et offre des perspectives pour un développement optimal.