Bastien Blanqué et Johan Bergeron ont vu leur parcours s’arrêter en demi-finale du FIP Silver Côte du Midi, au Set Padel Narbonne, battus 6/2 6/2 par les grands favoris du tournoi, Jose Antonio Diestro et Juanlu Esbrí, têtes de série n°1. Dominés dans tous les secteurs du jeu, les Français ont reconnu sans détour la supériorité de leurs adversaires. Entretien à chaud après la rencontre.
L’ouragan Diestro / Esbri
Johan Bergeron : Franchement, quand on a joué Sanyo et Alfonso, c’est ce qu’on se disait à la fin : pour moi, c’est le jour et la nuit en termes de niveau. C’est un style de jeu différent, mais là, leur première volée est à 10 000. Dès qu’on lobait, ça tapait fort. Et quand tu lobes dans le coin de Diestro, l’autre, il y va… Il faut faire une Chiquita parfaite. Non, ils sont en confiance, ils sont meilleurs que nous, y’a pas de débat.
Ce qui est dommage, c’est peut-être les deux premiers jeux de service, où on a 40-0, 40-15, et qu’on les perd… mais même si on regarde les stats, on finit en positif. On est juste tombés sur beaucoup plus forts. Franchement, y’a rien à dire.
« Ils rentraient dans toutes les volées »
Bastien Blanqué : Dans ce premier jeu où on se fait breaker, ça les met tellement en confiance que derrière, ils ont déroulé. Ils étaient ultra agressifs sur les premières volées, dans tous les duels. Même quand on lobait deux mètres derrière la ligne, ils allaient chercher le par 3. C’était vraiment difficile de trouver des solutions.
On doit faire les premiers jeux, c’est clair. Ce n’est pas comme si on les avait mal joués ou qu’on faisait de grosses fautes, mais l’intensité physique qu’ils mettent… hier et aujourd’hui, c’était le jour et la nuit. Hier, ils ont failli perdre contre Tison.
« Ils avaient toujours les bons timings »
Blanqué : Ils ont une position très collée, toujours les bons timings, les bonnes infos. Quand on te dit qu’on est tombé sur plus fort, c’est ça. Bravo à eux. On a fait un bon tournoi, mais aujourd’hui… ils sont arrivés tôt, bien échauffés. Et ils savaient que c’était le dernier jour de la semaine de boulot. Ils voulaient passer peu de temps sur la piste.
Bergeron : Franchement, j’ai peur pour la finale. S’ils jouent comme ça, dans ces conditions, je ne vois pas qui peut les arrêter.
« Même les solutions n’ont pas fonctionné »
Blanqué : À chaud, je ne sais même pas ce qu’on aurait pu faire. Peut-être ressortir Chiquita parfaite dès le retour pour ralentir le rythme. Mais en volée-volée, ils bloquaient. Ça passait 30 cm au-dessus de la basse et ça collait direct.
Quand ils nous breakent d’entrée, ça les relâche complètement. Et là, ça scisaille. Franchement, c’est peut-être la paire la plus forte qu’on ait affrontée depuis notre retour ensemble.
Bergeron : Baptiste (coach) a essayé de nous faire ralentir le rythme dès le retour. Faire des Chiquita, des lobs parallèles. Mais Diestro envoyait des missiles sur Joe, et quand on lobait dans le coin, Esbrí tapait en pleine confiance. Il n’y avait rien à faire.
Quand on voit qu’ils ont battu Tapia et Coello il y a trois semaines, on comprend pourquoi. Leur début de saison est incroyable.
« Pour gagner un point, il fallait en gagner deux »
Blanqué : Même sur nos points gagnants, ils arrivaient à revenir. Tu devais jouer trois coups parfaits pour espérer. Je ne connais pas le nombre de fautes directes d’Esbrí, mais ça devait tourner autour de 5, maximum. À ce niveau d’agressivité, c’est du top mondial.
Et sur la défense de Diestro… les temps de pause qu’il met, les retours de vitre, les croquettes, les demi-volées… c’est un cauchemar.
Bergeron : On est sortis, on a pris un ouragan sur la tête. C’est la meilleure image possible. Et pour moi, Esbrí sur sa première bandeja de revers, t’as l’impression qu’il l’arrête à la main. Il la remet où il veut. On n’avait aucun espace.
« Une leçon pour le padel français »
Blanqué : On avait ciblé Diestro pour éviter les smashes d’Esbrí. Au final, il a fait un match exceptionnel. J’invite tous ceux qui jouent au padel en France, qui entendent parler de ralentir le jeu, à regarder la première bandeja de Diestro. Il donne une leçon sur les temps de pause, en attaque comme en défense. C’est un modèle.
Et maintenant ?
Bergeron : Moi, c’est kiné pendant trois jours. J’ai mal au fessier, surtout sur les coups droits en appui ouvert. Mais ça n’aurait rien changé aujourd’hui. Quand Diestro m’envoyait des volées de revers à pleine vitesse, j’avais du mal à bloquer. Même blessé ou pas, on ne va pas se cacher derrière ça.
Ensuite, direction l’Italie pour un autre FIP Silver vendredi. Et après, on part au rassemblement de l’équipe de France à Perpignan.
Blanqué / Bergeron : Merci à tous. C’était un super tournoi pour nous. On espère juste qu’un jour, le règlement FIP évoluera pour que les forfaits ne déséquilibrent pas les tableaux. On aurait adoré les affronter en finale…
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


























































































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