Je dois le confesser humblement, le joueur de padel que je suis souffre d’un syndrome très répandu : celui du « mâle con prônant ». Attention, ne pas confondre avec le syndrome du « mal-comprenant », même si les deux se rejoignent parfois.
Ce que moi et d’innombrables mâles avons du mal à comprendre et à accepter, c’est que la puissance brutale d’un smash ne suffit pas à marquer le point à coup sûr au padel. C’est vrai au niveau amateur mais ça l’est aussi chez les professionnels : même Juan Lebron ou Ale Galan frappent parfois très fort… et se font pourtant contrer piteusement.
Envoyer des souches
A l’inverse, les filles – qui jouent plus intelligemment – ont beaucoup moins recours à la force et beaucoup plus à la précision, la patience et la stratégie pour conclure les points. Le mâle alpha, pour sa part, persiste bêtement, de toutes ses forces, à « prôner ». Entendez par là à « pratiquer la pronation », cette rotation du poignet et de l’avant-bras qui permet d’envoyer des souches en smashant.
Comme il est vain de penser que les joueurs mâles de padel peuvent renier le conditionnement ancestral qui les pousse à la brutalité, essayons plutôt de les aider à pratiquer une pronation plus efficace. En clair, à augmenter leur pourcentage de smashs gagnants. Cela à l’aide de cinq conseils.
■ Avoir la bonne prise est capital pour pratiquer la pronation, se servir de son poignet pour orienter la balle dans la direction voulue et optimiser sa puissance. Concrètement, pour bien smasher, il vous faudra adopter une prise continentale, légèrement plus fermée que la prise marteau. De plus, l’index ne doit pas être collé aux autres doigts, mais un peu plus haut, afin de donner plus d’amplitude au poignet.
Cette prise est largement préférable à la prise de coup droit qu’adoptent souvent les débutants. Cette dernière limite beaucoup trop la capacité à orienter la balle dans la direction voulue et à mettre à profit le poids du corps.
Si vous regardez les professionnels, vous verrez que beaucoup d’entre-eux adoptent une prise de revers pour smasher, qui leur permet de mettre plus d’effet. Cette prise n’est pas forcément à conseiller aux débutants, car elle nécessite une maîtrise technique importante.
■ Maîtriser la bascule.- Parce que frapper la balle avec le poignet et l’avant-bras ne suffit pas, un bon smash doit profiter du poids du corps du joueur. Pour cela, il faut se placer en dessous de la balle et de profil par rapport à elle et faire basculer le poids du corps de l’arrière vers l’avant. Pointer la balle de la main gauche (pour un droitier) favorise la précision et le mouvement de balancier.
La cambrure du dos de Lebron
■ La poussée de jambes.- Outre la bascule, un smash gagnera encore en puissance s’il bénéficie d’une poussée émanant des jambes : une flexion et une extension (parfois suivie d’un saut) leur permet de se détendre telles un arc. Le maître en la matière s’appelle Juan Lebron, qui ajoute à ce geste une impressionnante cambrure du dos (voir photo ci-dessous).

■ L’élévation par le lift.- La plupart des bons smasheurs ne se contentent pas d’une frappe brutale à plat, mais brossent la balle de bas en haut, en la prenant légèrement derrière leur tête. La frappe est alors moins violente, mais le lift, amplifié par la vitre du fond, donne un effet ascensionnel à la balle. A haut niveau, c’est devenu indispensable compte tenu de la détente verticale des défenseurs.
■ Ne pas smasher de trop loin.- Plus on est loin du filet, moins le smash a de chances d’être gagnant : c’est une évidence et pourtant, on l’oublie, telles des grenouilles qui veulent se faire aussi grosses que des bœufs. Rappelons-le donc : au-delà de 4 à 5 m du filet, il est préférable de faire une bandeja ou une vibora afin de garder le filet et de tenter de se procurer une occasion plus franche de mettre un terme à l’échange.
Viser les bonnes zones.- Rien ne sert de smasher fort si l’on ne sait pas viser. Toucher deux vitres, par exemple, est à éviter sur les smashes en puissance. De même, un smash frappé court risque d’atteindre le grillage de fond de court : si la chance n’est pas avec vous, la balle sera facile à défendre.
A l’inverse, plusieurs zones sont à privilégier : frapper tout près de la vitre du fond permettra à un smash tendu et parallèle de revenir très vite et de prendre de vitesse l’adversaire ; viser le sol juste devant la ligne de service fera monter votre balle haut sur la vitre, vous offrant une chance de plus de lober la défense ; un smash lifté frappé au niveau du dernier joint entre vitres aura de bonnes chances de finir en par 3 ; enfin, un par 4 s’obtiendra en frappant avec le bon angle, à condition d’être suffisamment près du filet.
Ce ne sont là que quelques préconisations parmi d’autres pour éviter que votre arme favorite ne se retourne contre vous. Et évidemment, c’est en prônant qu’on devient pŕônateur…
Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.

























































































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