Ils ont encore des têtes de gamins, mais ils ont déjà ramené du métal à la maison.
Médaille de bronze par équipes et par paires aux Championnats du monde juniors de Reus, Johan Peloux et Quentin Bernard incarnent à eux deux la nouvelle génération du padel français : passionnée, bosseuse, un peu brute, et déjà totalement branchée sur le rêve pro.
Quelques jours après leur podium mondial, les deux jeunes tricolores étaient à Lyon, au FIP Platinium, pour leur premier vrai test à l’international. Un baptême du feu contre l’Argentin Juan Balzola (256e) et le Brésilien Francisco Gomes (311e), perdu de peu (7/6 6/4), mais riche d’enseignements.
Pas de quoi les décourager : au contraire.
Une défaite utile à Lyon
Sur le court, Johan et Quentin ont tenu tête à des joueurs aguerris, habitués aux tournois internationaux. « On perd 7/6, 6/4… c’est frustrant parce qu’on avait un break dans le premier, » souffle Johan, encore un peu agacé mais lucide. « Ça se joue à quelques fautes, un peu d’expérience aussi. C’est notre premier FIP, on apprend. »
Quentin, lui, ne se cache pas : « On n’a pas très bien joué, surtout moi. Les adversaires ont bien géré. »
Il le dit sans détour, comme un gamin exigeant qui ne se cherche pas d’excuse. La défaite, ils la digèrent vite. Dans quelques heures, ils seront déjà de retour à Vichy, au Centre National d’Entraînement de Padel (CNE), pour bosser encore.
CNE de Vichy : le nouveau terrain de jeu
Depuis leur intégration récente au CNE de Vichy, leur quotidien a complètement changé.
Moins de cours, plus de padel.
Des journées rythmées par l’entraînement, les séances vidéo, la prépa physique et les conseils des coachs.
« On s’est bien améliorés depuis qu’on est là, » raconte Quentin. « On a Juan (Juan Alday) qui vient régulièrement, ça nous aide beaucoup tactiquement, surtout dans les points importants. »
Johan confirme : « On commence à être habitués, mais c’est un vrai changement. Il y a plus d’entraînements, moins de distractions, et c’est exactement ce qu’il faut pour progresser. »
À Vichy, ils croisent aussi Olivier Guy de Chamisso, leur aîné, qui vient justement de se qualifier pour le tableau final du FIP Platinium avec Adrien Maigret.
Forcément, ça inspire :
« Oui, ça donne envie, » glisse Johan. « On y pense, jouer avec des joueurs français expérimentés sur des gros tournois… ça viendra. »
Quentin acquiesce : « Pour l’instant, on n’a pas trop eu l’occasion, mais c’est un objectif. »
Freins et ambitions
Tout n’est pas simple. Johan traîne un problème d’adducteur depuis les Mondiaux, une sorte de tendinopathie qui le gêne depuis plusieurs semaines. « J’ai un conflit enchi-adducteur, un souci de hanche aussi, » détaille-t-il. « Rien de grave, mais il faut gérer. »
Lui va enchaîner une phase de soins avant de reprendre sur le P2000 de Nantes (avec Gautier Boutel), puis probablement un P1000 et peut-être un ou deux FIP selon sa forme.
Quentin, de son côté, vise un P1000 à Lyon (si la blessure de Johan le permet), le FIP Promises Paris avec Johan, puis le P2000 de Carquefou, cette fois avec un autre partenaire.
Et quand on lui demande ses objectifs pour le FIP Promises de Paris, qui aura lieu du 30 octobre au la réponse fuse sans détour :
« Gagner. »
Simple, brut, efficace.
L’avenir du padel tricolore
À Reus, leur double médaille de bronze a envoyé un message clair : la relève française est prête.
Leur génération, celle des 2007-2008, arrive dans un contexte plus structuré que jamais.
Avec le CNE de Vichy, la FFT a désormais un vrai outil pour accompagner les jeunes vers le haut niveau et Johan et Quentin sont parmi les premiers à en profiter pleinement.
« C’est une chance énorme, » reconnaît Johan. « On peut s’entraîner à fond, dans de bonnes conditions. »
Les deux copains s’accrochent à un même rêve : devenir joueurs professionnels, voyager, disputer les plus gros tournois, vivre de ce sport qui les a happés tout petits.
Ils savent que le chemin est long, que la densité mondiale explose, mais ils ont cette flamme qui ne trompe pas — celle des joueurs qui préfèrent passer leurs week-ends sur les pistes plutôt que sur leur canapé.
Ce n’est qu’un début
Lyon n’était qu’un test, Reus une révélation.
Vichy, maintenant, sera le terrain de la construction.
Entre l’envie de bosser, la rigueur du CNE, et un entourage qui croit en eux, Johan Peloux et Quentin Bernard ont tout pour grandir vite et bien.
Et quand on les quitte à la sortie du FIP Platinium de Lyon, sourire aux lèvres, sac sur le dos, l’un d’eux lâche dans un demi-rire :
« Prochaine fois, on passe les qualifs. »
Personne n’en doute vraiment.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !


































































































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