Vous l’ignorez certainement, mais les archives de Padel Magazine contiennent, à ce jour, quelque 16 500 articles, parmi lesquels de nombreuses pépites consacrées à la technique ou la tactique de jeu.

Eh bien, croyez-le ou non, mais parmi ces 16 500 articles, un seul se concentre sur le concept de « maison » sur le terrain de padel. La maison ? Mais quelle maison ?

Pour comprendre, on va commencer par adapter au padel et à ses terrains bleus les paroles de San Francisco, de Maxime Le Forestier : C’est une maison bleue / Adossée à la vitre / On y (re)vient à pied / On ne frappe pas / Ceux qui vivent là / Ont trouvé la clé

Le contraire du no man’s land

La « maison », au padel,  c’est un peu le contraire du « no man’s land », cette zone où on ne s’attarde pas, dont on vous a déjà parlé. Cette « home sweet home » est, dans le meilleur des cas, un lieu douillet, confortable, où l’on est en sécurité.

Il s’agit d’une zone du terrain où l’on est bien placé pour défendre la plupart des balles de l’adversaire et d’où l’on peut préparer ses attaques en choisissant le bon moment pour les mener.

Comme l’explique notre collègue Romain Taupin dans cette excellente vidéo, la « maison » se trouve à l’intersection des deux poteaux situés de part et d’autre de l’angle du terrain. Faisons une petite parenthèse : les plus observateurs d’entre vous noteront qu’il y a quatre angles dans un terrain, donc quatre maisons. Voilà qui tombe bien, car il y a aussi quatre joueurs !

Défendre sans risque, avec peu de déplacements

L’intérêt de se placer à cet endroit et d’y revenir rapidement lorsqu’on défend est qu’on peut y jouer la plupart des balles sans trop de risques, et ce avec un minimum de déplacement.

Alors qu’un joueur qui se hasarde devant la ligne de service (le no man’s land) est très vulnérable et doit multiplier les volées de loin et les demi-volées hasardeuses, celui qui stationne dans sa maison, environ un mètre derrière la ligne de service, se donne plus de temps pour défendre tout type de balle (ou presque).

Belasteguin revers vitre Cascais 2022
Fernando Belasteguin frappant une balle après la vitre depuis sa “maison”, sous l’œil de Coello.

Pour un droitier, un pas vers la gauche suffit généralement pour jouer une balle arrivant côté revers, que ce soit avant la vitre ou après. Idem pour une balle arrivant côté coup droit : un à deux pas suffisent la plupart du temps.

Se donner du temps

Gros avantage de ce placement : il vous permet de vous donner du temps si vous laissez passer la balle pour la jouer après la vitre, en restant idéalement placé. A l’inverse, un défenseur trop avancé dans le no man’s land sera souvent mal placé pour jouer après la vitre.

Évidemment, si l’adversaire est en position de smasher fort, il faudra quitter la maison, courir vite vers l’avant et donc parcourir plus d’un ou deux pas. Pour faire face encore mieux à ce genre de cas, notre confrère Julien Bondia a d’ailleurs théorisé une autre « maison » : on l’appellera ici la « résidence secondaire anti-smashs », présentée dans cette vidéo.

Mais pour revenir à notre « résidence principale » en fond de court, pensez justement à y revenir rapidement, et ce dès que votre équipe est en défense. De là, vous pourrez prendre le temps de construire votre point et de préparer votre contre-attaque. Avantage : vous reprendrez le filet – tantôt sur un lob, tantôt sur une balle profonde ou une chiquita – avec plus de chances de réussite.

Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.