Après une année marquée par les changements de partenaires et les difficultés liées à la blessure de Tamara, Alejandra Salazar revient sur les défis de cette saison 2024. Entre l’adaptation à une nouvelle partenaire, Jessica Castello, et les exigences mentales d’une année instable, la championne évoque son désir de stabilité et ses ambitions pour la fin de saison. À l’approche de ses 40 ans, la 13e joueuse mondiale partage également ses réflexions sur l’avenir de sa carrière et sa volonté de rester compétitive, tout en prenant du recul sur son parcours.
Peut-être le dernier mondial / un désir de stabilité
Après les déboires de l’année dernière, cette année, tu te sens comment ?
Alejandra Salazar : Cette année a été un véritable parcours, en partant doucement pour finir plus fort. L’an passé, avec Sofía Araujo, lors de mon retour, nous avons joué plusieurs tournois et avons pu nous entraîner à Madrid. Cela s’est ressenti sur les résultats, avec plusieurs finales.
Cette année a été plus atypique avec la blessure de Tamara, qui a été absente plusieurs mois. J’ai dû changer de partenaires à plusieurs reprises. Cela a été très intense sur le plan mental. Il m’a fallu m’adapter à chacune, et avec le peu de temps entre les tournois.
Comment as-tu géré tous ces changements ?
Alejandra Salazar : Avec l’aide de ma psychologue, de mes amis et de ma famille. Je mentirais si je disais que cela a été facile. C’est probablement la pire année de ma carrière en termes de classement, de sensations et de stabilité. Mais il faut se battre avec ce qui arrive. Il reste encore plusieurs tournois, et j’espère finir de la meilleure manière possible.
Nous sommes déjà aux trois quarts de la saison, et la partie la plus exigeante de l’année commence, avec deux Majors et le Championnat du Monde en fin de saison.
Alejandra Salazar : Avec les années qui passent, je me sens toujours comme une petite fille, comme si c’était ma première saison. J’ai été très heureuse d’être sélectionnée pour représenter l’Espagne au prochain Mondial, et ce sera peut-être le dernier, alors je compte en profiter un maximum. J’espère trouver une certaine stabilité avec ma nouvelle partenaire dans ces derniers tournois et pouvoir nous adapter rapidement.

Une fervente défenseuse de la stabilité des paires
Tu as toujours opté pour des projets à long terme avec tes partenaires. Et pourtant, ce n’est plus vraiment le cas…
Alejandra Salazar : Quand on change autant de partenaires, comme ça a été mon cas, il est difficile de s’adapter rapidement à chacune. Quand ta partenaire ne vit pas dans la même ville, cela devient encore plus compliqué. De plus, chaque entraîneur a sa manière de voir les choses. Il y a tellement d’informations qu’il devient difficile de tout concilier pour jouer sereinement.
Je suis une fervente défenseuse de la stabilité des paires. Même après des mauvais matchs ou des moments difficiles, c’est toujours mieux de jouer avec quelqu’un que tu connais bien, avec qui tu as des automatismes, une bonne communication sur la piste. Tous ces facteurs aident à obtenir de meilleurs résultats à long terme.
Cette fin de saison se fera avec ta nouvelle partenaire, Jessica Castello, à domicile à Madrid. Est-ce toi qui l’as contactée ?
Alejandra Salazar : Oui. À deux jours de la clôture des inscriptions, Tamara et moi pensions rejouer ensemble, mais elle m’a finalement dit qu’elle ne jouerait ni à Madrid, ni les suivants pour l’instant. J’ai donc dû trouver une nouvelle partenaire rapidement. J’ai pensé à Jessica, et heureusement, elle a accepté.
Qu’est-ce qui t’a motivée à la choisir ?
Alejandra Salazar : Elle a fait une très bonne saison. Elle a énormément de potentiel, elle est rapide, défend bien, et a une grande variété de coups. Elle est jeune, motivée, et je pense qu’elle a tous les ingrédients pour devenir l’une des meilleures.

Bea Gonzalez…
Qu’apprécies-tu le plus chez Jessica ?
Alejandra Salazar : Sa bravoure et son audace. Elle a faim de succès, et cela se voit.
Quel bilan fais-tu des deux premiers tournois ensemble ?
Alejandra Salazar : Nous avons commencé doucement, avec un peu de nervosité au début, mais nous nous sommes bien adaptées. Malheureusement, lors du dernier tournoi, Jessica a eu des douleurs abdominales, ce qui nous a obligées à faire une pause.
Si Jessica n’existait pas, avec qui aimerais-tu jouer ?
Alejandra Salazar : C’est une bonne question. Peut-être avec Bea, c’est la seule joueuse de gauche parmi les meilleures avec qui je n’ai pas encore joué.
Il y a une rivalité intense cette année avec Sánchez / Triay et Fernández. Pensez-vous avoir les moyens de les battre ?
Alejandra Salazar : Je pense que nous avons les outils, mais pour être honnête, il nous manque encore un peu de temps pour atteindre leur niveau. Cela dit, il ne faut jamais cesser d’y croire.
En regardant ta carrière, depuis tes débuts en 2001 jusqu’à aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé dans ton jeu ?
Alejandra Salazar : J’ai beaucoup mûri, tant sur le plan technique que mental. J’ai vécu tellement d’expériences enrichissantes qui m’ont aidée à grandir. Être numéro 1 sur trois décennies montre à quel point j’ai su m’adapter aux nouvelles générations, plus physiques et plus jeunes. C’est ce qui m’a poussée à continuer de me battre chaque jour.
Dans un an et demi, tu auras 40 ans. Penses-tu à la retraite ?
Alejandra Salazar : Oui, bien sûr. J’y pense, mais je préfère y aller année après année. J’ai subi de nombreuses opérations aux genoux et au coude, et les douleurs augmentent. Je veux rester compétitive, donc je verrai comment je me sens en 2025, et peut-être aussi en 2026.

Le spécial QUIZZ
Qui a le meilleur smash ?
Alejandra Salazar : Pour le par 3, je dirais Gemma. Pour un smash puissant, Bea ou Sofía.
Qui a la meilleure volée ?
Alejandra Salazar : Pour la volée de droite, j’aime beaucoup celle de Tamara, et pour la volée de revers, celles de Ari et Gemma.
Et pour la chiquita (petite balle courte) ?
Alejandra Salazar : Delfi est très bonne dans ce domaine.
Le meilleur service ?
Alejandra Salazar : Carolina Navarro pour le revers. (rire)
Et pour la bandeja ?
Alejandra Salazar : La mienne, bien sûr ! (rire) Mais sérieusement, maintenant que beaucoup de joueuses préfèrent faire la vibora, la compétition est moindre. Pour la vibora, je dirais Delfi ou Gemma.
Interviewer : Et enfin, qui a la meilleure bajada ?
Alejandra Salazar : Paula, sans aucun doute. Paulita Dinamita est incroyable dans ce domaine.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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