Quelques jours après leur élimination surprise au FIP Platinum de Lyon, Aimar Goñi et Edu Alonso ont connu un nouveau coup d’arrêt au Rotterdam P2. La paire espagnole s’est inclinée dès son entrée en lice face à Álvaro Montiel / Dani Santigosa (7/6 6/3), dans une rencontre où Goñi n’a jamais véritablement semblé entrer dans son match.

Une nouvelle désillusion pour le jeune Espagnol, récemment sélectionné pour disputer les Championnats du monde avec l’Espagne, alors que certains de ses concurrents directs ont, eux, envoyé un message fort ces derniers jours.

Goñi / Alonso stoppés dès le premier tour

Pour leur entrée en lice à Rotterdam, Aimar Goñi (33e) / Edu Alonso (17e) retrouvaient Álvaro Montiel (56e) / Dani Santigosa (52e), une paire moins bien classée mais particulièrement dangereuse. Après un premier set accroché, finalement remporté par Montiel / Santigosa au tie-break, Goñi / Alonso n’ont jamais réussi à réellement inverser la dynamique.

Goñi, notamment, n’était pas dans son match, loin de l’impact et de l’agressivité affichés quelques semaines plus tôt à Paris. Montiel / Santigosa en ont profité pour conclure 7/6 6/3 et s’offrir un huitième de finale de prestige face aux numéros 1 mondiaux Arturo Coello / Agustín Tapia.

Une première alerte à Lyon

Cette élimination à Rotterdam intervient seulement quelques jours après une première grosse désillusion au FIP Platinum de Lyon. Têtes de série 6, Edu Alonso (17e) / Aimar Goñi (alors 32e) avaient été renversés en huitièmes de finale par Thomas Leygue (108e) / Jesús Moya (143e). Un énorme combat de plus de deux heures et demie, conclu après trois tie-breaks : 6/7 7/6 7/6 en faveur de la paire franco-espagnole.

Une défaite qui avait déjà fait tache après leur très bon Paris Major, où Alonso / Goñi avaient atteint les quarts de finale. Avec cette nouvelle élimination à Rotterdam, Alonso / Goñi viennent donc d’enchaîner deux sorties prématurées consécutives, loin de la dynamique affichée quelques semaines auparavant à Roland-Garros.

Une sélection avec l’Espagne qui change son statut

Ces deux éliminations interviennent surtout au moment où Aimar Goñi vient de franchir un nouveau cap dans sa carrière. Le 24 septembre, Juanjo Gutiérrez l’a retenu parmi les huit joueurs qui représenteront l’Espagne lors de la FIP World Cup au Qatar, du 2 au 7 novembre. À seulement 20 ans, le Navarrais connaîtra ainsi sa première grande compétition avec la sélection espagnole, aux côtés de Coello, Galán, Lebrón, Navarro, Nieto, Yanguas et Sanz.

Une convocation loin d’être acquise tant la concurrence était forte. Pour la dernière place à gauche, Goñi était notamment en concurrence avec Momo González et Javi Leal. Le sélectionneur espagnol avait finalement privilégié Goñi en insistant sur son profil très agressif, particulièrement adapté selon lui aux conditions rapides et indoor de Doha.

Quelques jours avant l’annonce, Goñi assumait d’ailleurs sa candidature : « Maintenant, je pense que je suis prêt », expliquait-il, tout en reconnaissant devoir apprendre à gérer la pression liée à son nouveau statut.

Leal et Guerrero ont répondu sur la piste

Pendant que Goñi connaissait une première désillusion à Lyon, Javi Leal / Fran Guerrero ont vécu une semaine totalement opposée. Les deux Espagnols sont allés chercher le titre du FIP Platinum, en dominant notamment Stupaczuk / Sanz 4/6 6/1 6/4 en finale, pour décrocher leur deuxième Platinum de la saison.

Mais c’est aussi leur célébration qui a retenu l’attention. Quelques jours seulement après l’annonce de la sélection espagnole, Leal et Guerrero ont mimé un téléphone avec leur main après leur victoire. Un geste largement interprété comme un message adressé à Juanjo Gutiérrez, comme pour rappeler au sélectionneur qu’ils étaient toujours là. Les deux joueurs ont ensuite précisé qu’ils ne souhaitaient pas remettre en cause la légitimité des joueurs retenus.

Difficile malgré tout de ne pas relever le contraste : Leal et Guerrero ont quitté Lyon avec le trophée, tandis que Goñi vient d’enchaîner deux défaites prématurées à Lyon puis Rotterdam. Une séquence qui vient simplement rappeler l’incroyable densité dont dispose aujourd’hui l’Espagne.

Un simple coup d’arrêt après une ascension express ?

Pour autant, difficile de remettre en cause la dynamique globale d’Aimar Goñi sur ces deux seules défaites. Le joueur de 20 ans reste l’une des révélations de la saison : demi-finaliste du P2 d’Asunción, quart-de-finaliste à Bruxelles, Málaga, Londres et surtout au Paris Major, il pointe désormais au 33e rang mondial.

C’est justement ce parcours parisien qui avait marqué les esprits. Goñi / Alonso avaient atteint les quarts de finale à Roland-Garros, confirmant leur capacité à bousculer la hiérarchie. Depuis, la dynamique s’est quelque peu inversée : deux tournois, deux éliminations précoces, d’abord au terme d’un combat extrêmement serré contre Leygue / Moya à Lyon, puis plus sèchement face à Montiel / Santigosa à Rotterdam.

Rien d’alarmant donc, mais un premier petit coup d’arrêt pour Goñi au moment où son statut est en train de changer. Désormais installé dans le top 35 et international espagnol, le Navarrais n’avance plus tout à fait dans l’ombre.

Raphael Degironde

Fan et joueur de padel, je scanne le milieu du padel : Attention vous êtes surveillés !