Organiser un tournoi national de padel peut représenter une belle opportunité pour un club, mais également un investissement important. Avec son cahier des charges AS 2028, la Fédération Française de Tennis (FFT) détaille les obligations financières, matérielles et logistiques des organisateurs de P2000 et P3000.

Entre prize money, mobilisation des pistes, arbitrage, restauration, personnel et streaming, les dépenses peuvent rapidement s’accumuler. Mais toutes ne sont pas supportées par les clubs. Alors, combien coûte réellement l’organisation d’un P2000 ou d’un P3000 ? Et quelles recettes peut espérer générer une structure ?

P2000 et P3000 : deux modèles économiques différents

La première différence concerne le financement du prize money. Sur un P2000, la dotation minimale est à la charge du club organisateur. Sur un P3000, elle est financée par la FFT.

CritèresP2000P3000
Prize money2 000 € minimum14 000 € au total
Financement de la dotationClubFFT
Droits d’homologation62 €62 €
Inscription par joueur25 €25 €
Recettes des inscriptionsClubClub
Location des pistesPas d’indemnisation FFTPas d’indemnisation FFT
StreamingÀ la discrétion du clubPris en charge par la FFT
Nombre de pistes4 à 68 minimum

Ces différences peuvent avoir un impact important sur la rentabilité de l’événement, notamment pour les clubs qui ne disposent pas de partenaires commerciaux.

Organiser un P2000 : un prize money minimum de 2 000 euros

Pour accueillir une étape du FFT Padel Tour P2000, le club doit prévoir une dotation financière minimale de 2 000 euros.

À cette somme s’ajoutent les droits d’homologation de 62 euros, ainsi que les dépenses liées à l’organisation.

Le club doit notamment mobiliser ses pistes, son personnel et ses installations pendant la compétition.

Il doit également prévoir les conditions d’accueil imposées par la FFT, notamment les vestiaires, les espaces réservés aux joueurs, les équipements de sécurité, l’entretien des pistes et l’organisation de la remise des prix.

Le cahier des charges précise que la FFT fournit les balles, tandis que les trophées sont à la charge du club pour les P2000.

En pratique, le budget d’un P2000 dépasse donc nécessairement la seule dotation financière. Le montant exact dépend des moyens déjà disponibles dans la structure et des prestations mobilisées.

Combien rapportent les inscriptions sur un P2000 ?

Les droits d’inscription sont fixés à 25 euros par joueur, soit 50 euros pour une paire.

Les recettes sont conservées par le club organisateur.

À titre d’illustration, si un tournoi réunit 36 paires payantes, les inscriptions représentent :

36 paires × 2 joueurs × 25 € = 1 800 €.

Avec 44 paires payantes, le montant atteint :

44 paires × 2 joueurs × 25 € = 2 200 €.

Ces calculs correspondent à des recettes théoriques brutes, avant toute éventuelle exonération, absence ou autre particularité d’inscription.

Ils montrent que les inscriptions peuvent contribuer au financement du tournoi, mais ne suffisent pas nécessairement à couvrir l’ensemble des dépenses.

P3000 : 14 000 euros de prize money financés par la FFT

Le modèle économique d’un P3000 est sensiblement différent.

La FFT prend en charge la dotation globale de 14 000 euros, répartie entre les tableaux dames et messieurs, soit 7 000 euros par tableau.

Pour le club, il s’agit d’un avantage financier majeur puisqu’il n’a pas à financer cette dotation.

En revanche, l’organisation d’un P3000 nécessite au moins 8 pistes de même nature et des infrastructures adaptées à une compétition nationale réunissant simultanément les dames et les messieurs.

Le club doit également mobiliser les moyens humains nécessaires à l’accueil des joueurs, des officiels et du public.

La prise en charge du prize money par la Fédération ne signifie donc pas que l’organisation d’un P3000 est gratuite pour le club.

Streaming : un avantage financier pour les P3000

La production audiovisuelle peut représenter une dépense supplémentaire pour un organisateur souhaitant diffuser sa compétition.

Sur les P2000, le streaming reste à la discrétion du club. Celui-ci peut décider de mettre en place une diffusion, avec les moyens techniques et financiers correspondants.

Pour les P3000, la situation est différente : le cahier des charges prévoit une prise en charge du streaming par la FFT pendant toute la compétition, qualifications comprises.

Il s’agit d’un avantage pour les clubs organisateurs, mais aussi pour la visibilité des joueurs, des partenaires et de l’événement.

Les dépenses souvent oubliées dans le budget d’un tournoi

Au-delà du prize money, plusieurs postes doivent être anticipés par les organisateurs.

La mobilisation des pistes

Un tournoi national mobilise plusieurs terrains pendant plusieurs journées. Pour un club, cela peut entraîner une perte de recettes liées aux réservations habituelles.

Cette perte potentielle doit être intégrée dans l’analyse économique, même lorsqu’elle ne correspond pas à une dépense directement facturée.

Le personnel et la logistique

Accueil des participants, entretien des installations, gestion des espaces, nettoyage des vitres et coordination des bénévoles nécessitent une organisation spécifique.

Selon les ressources du club, certaines missions peuvent être assurées en interne ou nécessiter des prestations supplémentaires.

La restauration et l’accueil

Le cahier des charges prévoit différentes obligations concernant l’accueil des joueurs, des officiels et du public.

La remise des prix doit notamment être organisée par le club, avec un pot offert après les finales.

Les dépenses varient selon les prestations proposées et les installations existantes.

Les équipements et la sécurité

Les clubs doivent également respecter les exigences fédérales concernant les espaces médicaux, les équipements de sécurité, les vestiaires et les conditions d’accueil du public.

Ces éléments peuvent représenter un coût supplémentaire pour une structure qui ne dispose pas déjà des équipements nécessaires.

Quelles recettes supplémentaires pour les clubs ?

Les inscriptions ne constituent pas nécessairement la seule source de revenus d’une compétition nationale.

Un club peut chercher à valoriser l’événement à travers plusieurs activités :

  • Partenariats commerciaux et sponsoring local.
  • Restauration et buvette, lorsque ces activités sont proposées.
  • Visibilité des partenaires du club pendant la compétition, dans le respect des règles fédérales.
  • Retombées commerciales indirectes, notamment la découverte du club par de nouveaux pratiquants.

Ces recettes potentielles ne sont toutefois pas garanties par la FFT. Elles dépendent de la capacité du club à commercialiser et valoriser son événement.

Un P2000 ou un P3000 peut-il être rentable ?

La réponse dépend essentiellement de la structure organisatrice.

Un club disposant déjà des pistes, des équipements et du personnel nécessaires peut limiter certaines dépenses supplémentaires.

À l’inverse, une structure devant mobiliser du personnel extérieur, renforcer ses installations ou engager des frais logistiques importants peut voir son budget augmenter rapidement.

Sur un P2000, le financement du prize money constitue un poste de dépense obligatoire pour le club.

Sur un P3000, cette dépense disparaît, mais les exigences d’accueil sont plus élevées.

Le cahier des charges FFT ne permet pas de déterminer un coût total universel. Pour calculer la rentabilité, chaque club doit établir son budget prévisionnel en tenant compte de ses charges réelles, de ses recettes attendues et de la mobilisation de ses installations.

FAQ : le coût d’organisation des tournois de padel

Combien coûte l’organisation d’un P2000 ?

Un club doit notamment financer un prize money minimum de 2 000 euros et les droits d’homologation, auxquels s’ajoutent les dépenses logistiques et d’organisation. Le coût total dépend de la structure.

Qui paie le prize money d’un P3000 ?

La FFT finance les 14 000 euros de prize money, répartis entre les tableaux dames et messieurs.

Les clubs conservent-ils les inscriptions ?

Oui. Le cahier des charges prévoit que les recettes des inscriptions restent au club organisateur, avec un tarif de 25 euros par joueur.

La FFT paie-t-elle la location des pistes ?

Le cahier des charges ne prévoit pas d’indemnisation des clubs pour la location des pistes sur les P2000 et P3000.

Le streaming est-il obligatoire sur un P2000 ?

Non. Il reste à la discrétion du club organisateur. En revanche, sur les P3000, la diffusion est prise en charge par la FFT.

Un P3000 est-il plus rentable qu’un P2000 ?

Pas nécessairement. Si la FFT prend en charge le prize money et le streaming des P3000, ces compétitions nécessitent davantage de pistes et des moyens logistiques plus importants. La rentabilité dépend des dépenses et recettes réelles du club.

Source : Fédération Française de Tennis, cahier des charges des compétitions fédérales AS 2028. Les exemples de recettes et l’analyse économique sont des simulations et interprétations éditoriales de Padel Magazine.