Présent au FIP Silver Port de Bandol, Nicolas Vagneck n’est pas un arbitre comme les autres. Premier juge arbitre international de padel diplômé en France, également juge arbitre expérimenté en tennis, il partage son regard sur les différences de règlements entre la FIP et la FFT, les défis d’organisation, les incohérences à corriger… mais aussi sur son étonnant quotidien partagé entre les tournois et l’enseignement des mathématiques.
Une expertise bicircuits : “Deux règlements différents, deux approches”
Dès l’entame, Nicolas rappelle que l’arbitrage d’un tournoi international comme celui de Bandol ne fonctionne pas comme un tournoi FFT classique.
« Sur un tournoi FIP, on est validé par la Fédération Internationale de Padel, après avoir été désigné par la Fédération Française. Il faut posséder un diplôme international spécifique, distinct de celui du tennis. »
Mais les différences ne s’arrêtent pas là :
« Les règles du jeu sont les mêmes en théorie, mais en pratique, tout change. En France, on a “francisé” certaines règles par analogie avec le tennis. Par exemple, le temps de repos entre les points est de 25 secondes en FFT contre 20 secondes en FIP. Idem pour les pauses kiné. Les procédures changent entre les règles du jeu du padel FIP et France. Les joueurs doivent être briefés quand ils changent de circuit. »
Gestion des tableaux : “Recommencer trois fois, c’est devenu la norme”
Le sujet le plus sensible reste celui de la gestion des tableaux.
« Contrairement au tennis, où l’on publie le tableau une fois les joueurs connus, en FIP on publie le tableau bien plus tôt (le tableau final, qui commence le vendredi, est publié le lundi), et on est souvent obligé de le refaire. À Bandol, le tableau masculin principal a été refait trois fois à cause de forfaits de dernière minute, y compris des têtes de série. »
Et ces ajustements ont des conséquences très concrètes :
« Des paires se préparent à affronter une équipe, puis apprennent deux jours avant qu’elles joueront finalement contre une autre. Mercredi, deux Français classés 10e ont ainsi changé d’adversaires suite à un retrait du n°5. »

Avalanche de Lucky Losers : “Jusqu’à huit dans le tableau final”
À Bandol, le système des Lucky Losers a atteint une ampleur inédite.
« Il y avait quatre finales de qualif prévues. Les quatre perdants sont entrés dans le tableau principal. En plus, quatre paires perdantes du deuxième tour de qualification ont été repêchées selon leur classement, sans tirage au sort. »
C’est une nouveauté réglementaire, selon lui :
« Avant, on procédait par tirage au sort pour désigner les Lucky Losers des perdants du 2ème tour de qualifications. Désormais, c’est automatique pour les finalistes, et les autres places sont attribuées au ranking. »
Résultat : des situations étonnantes se produisent.
« Il y a des matches qui se rejouent dans le tableau principal, entre paires qui s’étaient déjà affrontées en qualification : cela a été le cas à Bandol. »
Retraits stratégiques : “La rigueur du tennis manque”
Beaucoup de forfaits sont groupés, parfois sans justification claire. Nicolas évoque un système encore perfectible.
« La FIP a instauré une deadline à J-2 à 17h. Au-delà, des amendes peuvent s’appliquer, jusqu’à 500 dollars. Mais dans les faits, elles sont rarement appliquées. »
Et les certificats médicaux ?
« Les joueurs devraient venir les faire constater par le médecin du tournoi. Personne ne le fait. Ils envoient un document à la FIP, qui décide ensuite d’appliquer ou non la sanction. C’est très flou. »
Un contraste évident avec le tennis, selon lui :
« Sur les circuits ITF, l’amende est systématique. Et dissuasive. Ici, les joueurs jonglent entre FIP et Premier Padel. Ils s’inscrivent sur les deux, attendent de voir le tableau, puis choisissent… »
Premier juge arbitre international padel en France
Nicolas Vagneck a été le premier en France à passer le diplôme international de padel.
« J’ai été dans la première fournée proposée par la FFT. Officiellement, je suis le premier diplômé. D’autres ont suivi, comme Bruno Tissière quelques semaines plus tard. »
Aujourd’hui, il se concentre quasi exclusivement sur l’international :
« Je fais encore beaucoup de formation (au niveau régional et national), et avant des P2000, mais je ne fais plus de tournois français classiques (P500 ou P250). Je suis désigné sur les événements FIP quand il y en a. »
Un double quotidien : juge arbitre… et professeur de mathématiques
Ce qui rend son parcours atypique, c’est aussi sa vie en dehors des terrains. Nicolas est professeur de mathématiques en collège.
« J’interviens sur les tournois pendant mes vacances ou sur des périodes autorisées. J’ai un statut d’‘officiel de haut niveau’ qui me permet des dérogations. »
Ses élèves sont souvent intrigués :
« Parfois je pars une semaine. Ils ont du travail en autonomie. Certains sont contents de ne pas avoir cours, d’autres rattrapent. Je ne suis pas remplacé (l’absence étant trop courte). »
Et le padel n’est jamais bien loin… même en classe :
« J’ai utilisé des exemples concrets en cours, sur les vitesses de balle ou les distances. C’est plus parlant. Le padel, c’est aussi un moyen de capter l’attention. »

Tennis ou padel ? “Complémentaires, mais le padel est plus détendu”
Nicolas reste très attaché au tennis, sa discipline d’origine.
« Je fais environ neuf tournois de tennis pour un de padel. Mais les deux m’apportent quelque chose. Le tennis est plus rigoureux, plus codifié. Le padel est plus détendu, plus flexible. »
Il insiste pourtant :
« Ce côté décontracté ne doit pas empêcher le développement de règles plus strictes. Il faut professionnaliser la structure, notamment sur la gestion des retraits et les sanctions. »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.























































































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