Ancienne star du tennis mondial, Jerzy Janowicz poursuit sa reconversion sur les pistes de padel. Présent lors du FIP Tour de Narbonne, le Polonais s’est confié sans filtre sur sa transition entre tennis et padel, ses ambitions, ses critiques envers la fédération polonaise, mais aussi sur les différences fondamentales entre les deux sports. Une interview exclusive avec un joueur à la parole libre.
Bonjour à tous, nous sommes toujours au FIP de Narbonne, et avec nous Jerzy Janowicz, surnommé ici “JJ”. Dans le monde du padel, on commence à l’appeler comme ça. JJ, tu es une personnalité bien connue dans le tennis, mais aujourd’hui ton nom circule aussi dans le padel, surtout dans ton pays, car tu joues depuis plusieurs années déjà.
— Oui, j’ai commencé il y a pas mal d’années, juste pour m’amuser, et j’ai continué à jouer un peu. Ce n’est pas comme si je m’entraînais tous les jours ou toutes les semaines, c’est plus pour le plaisir.
Donc pour toi, le padel, c’est un hobby ? Ou c’est devenu plus que ça aujourd’hui ?
— C’est un hobby, mais j’adore jouer. Je prends beaucoup de plaisir.
Tu envisagerais de jouer de manière plus professionnelle ?
— Peut-être, mais j’attends des améliorations du côté des fédérations. Il faut que les choses évoluent un peu pour que ce soit possible.
Tu as déjà joué plusieurs tournois, en Pologne et ailleurs. Tu participes au circuit FIP, tu as un classement. Tu ne rêves pas d’aller plus haut ?
— Non, pas vraiment. Je n’ai pas la motivation nécessaire pour m’entraîner à plein temps. Et si tu veux atteindre un haut niveau au padel, tu dois t’entraîner tous les jours. Aujourd’hui, je suis un peu plus âgé, j’ai une famille en Pologne, deux enfants… C’est ça le plus important pour moi.
Donc pour l’instant, le padel reste du plaisir ?
— Exactement. Mais s’il y avait plus d’argent dans ce sport, peut-être que je m’impliquerais davantage.
Donc s’il y a plus d’argent, tu t’investirais plus dans le padel ?
— Oui. Comparé au tennis, le padel ne rapporte rien pour l’instant.

Je me souviens d’une interview où tu disais que le tennis, c’était fun. Tu dirais la même chose du padel ?
— Non. Le tennis n’est plus un plaisir pour moi. Aujourd’hui, c’est devenu un cauchemar.
Pourquoi ?
— Parce que j’ai eu trop de blessures. J’ai subi quatre opérations. Le tennis de haut niveau, ces dernières années, ce n’était plus amusant pour moi.
Et pourtant, hier sur le terrain, tu étais partout, très actif.
— Honnêtement, le padel est physiquement bien plus facile que le tennis. En tennis, tu es seul sur le court, les terrains sont plus grands, les matchs sont plus longs… C’est beaucoup plus dur physiquement. Le padel est plus doux pour mon corps, je peux en jouer beaucoup.
Quand tu prépares un tournoi, à quoi ressemble ta journée d’entraînement ?
— Quand je me prépare sérieusement, je vais à Alicante. Je m’entraîne avec mon partenaire Alberto Garcia, mais aussi avec Victor Ruiz, Sanyo Gutiérrez, Miki Solbes. On joue ensemble, on fait des matchs. Ensuite, j’essaie de participer à un tournoi.
Tu sens que tu peux encore progresser ou tu es arrivé à ton niveau maximum ?
— Je peux clairement progresser. Je n’ai fait que huit semaines d’entraînement à Alicante. En Pologne, ce n’est même pas possible de s’entraîner. Il n’y a pas de joueurs, pas de coachs.

Le padel progresse en Pologne ?
— Oui, ça se développe, mais au niveau amateur. Pas du tout au niveau pro.
Tu représentes ton pays en padel ?
— Non.
Mais je sais que tu aimerais le faire, non ?
— J’ai joué dix ans en Coupe Davis pour la Pologne. J’étais le leader de l’équipe, je disputais tous les matchs. J’adorais ça. Mais le tennis et le padel en Pologne sont deux univers complètement différents. La fédération polonaise de padel est catastrophique.
Ce sont deux fédérations différentes ?
— Oui. Et les gens ne sont pas du tout les mêmes. En tennis, tu as des personnes compétentes qui essaient de faire avancer les choses. En padel, ce sont des amateurs. Ils ne font rien.
Mais toi, tu es probablement le meilleur joueur de padel du pays, non ?
— Oui, de très loin. Mais la fédération est un vrai désastre, disons-le poliment.
Donc on ne te verra pas avec l’équipe nationale de padel ?
— Très probablement pas, sauf si les choses changent. C’est autant leur décision que la mienne.
Parce que tu ne veux pas, ou parce qu’ils ne veulent pas ?
— Les deux. Mais le vrai problème, c’est la fédération.
Parlons un peu de ton jeu. Tu es grand, tu joues à gauche. Quelles sont tes forces ? Et les points que tu dois encore améliorer ?
— Mon smash est mon arme principale. Ma volée aussi est très bonne, régulière, rapide, avec du spin. Je peux smasher de n’importe où. En revanche, je dois progresser en défense.

Pourquoi ?
— Parce que je viens du tennis. Je ne suis pas habitué aux vitres. En tennis, il n’y en a pas. Tu dois jouer chaque balle après un seul rebond. En padel, il faut jouer avec les vitres, et c’est quelque chose de nouveau pour moi.
Tu as une famille, deux enfants. Tu les orienteras vers le tennis ou le padel ?
— Le tennis, sans hésiter. Aujourd’hui, le tennis est un sport mature, bien en place. Le padel est encore jeune.
Tu penses en termes de business ou de développement personnel ?
— Non, pour moi c’est logique : tout le monde devrait commencer par le tennis. Passer ensuite au padel, aucun problème. Mais l’inverse est quasiment impossible.
Et si demain, tennis et padel sont équivalents sur le plan économique, que conseillerais-tu à ta famille ?
— Le padel. Aujourd’hui, c’est plus facile de réussir dans le padel. Je vois comment s’entraînent les joueurs de padel, ce n’est rien comparé au tennis.
Comment ça ?
— En tennis, tu dois t’entraîner 6 ou 7 heures par jour. En padel, même les meilleurs ne s’entraînent que 2 ou 3 heures. Ce n’est pas du tout la même exigence.
Qu’est-ce que tu pourrais apporter du tennis au padel ?
— Déjà, de l’argent. Parce que quand tu es classé autour de la 200e ou 300e place en tennis, tu gagnes très peu. Et en padel, c’est encore pire. Et puis il y a aussi les choses simples, comme la communication. Par exemple, en tant que joueur de padel, si je veux contacter la FIP, c’est très compliqué.
Et en tennis ?
— En tennis, aucun souci. Il y a plein de gens qui travaillent pour toi. Si tu as une question, tu contactes l’ATP ou l’ITF, et tu obtiens une réponse. Avec la FIP, c’est compliqué. Ils m’envoient des emails en espagnol. Je ne parle même pas espagnol.
Et sur les règles ?
— Le padel doit se professionnaliser davantage. Sur le circuit Premier Padel, les règles changent en cours de saison. En tennis, c’est impensable. Tu commences la saison avec un règlement, tu le termines avec le même. En padel, ils changent quand ils veulent.
Un mot sur les surfaces. En tennis, on a la terre battue, le gazon, le dur. En padel ?
— C’est presque toujours la même chose : du gazon synthétique, souvent du Mondo. J’ai déjà joué sur des moquettes avec du sable, un peu comme de la terre battue. Je n’ai pas aimé. Le padel est un sport rapide. Si tu glisses, tu perds ta réactivité.
Mais en tennis, c’est pareil, non ?
— Non, le court est plus grand. Les échanges sont plus lents. Tu as plus de temps pour réagir. En padel, le terrain est trop petit pour qu’on perde du temps à glisser.
Et le point décisif (punto de oro) ? Tu préfères ça ou l’avantage classique ?
— L’avantage, sans hésiter. Les vraies règles. Le punto de oro tue un peu le niveau. Il rend les matchs plus aléatoires. Il permet à un joueur plus faible de faire plus facilement la différence. Avec l’avantage, tu peux mieux contrôler le jeu.
Tu connais d’autres anciens tennismen qui jouent au padel. Pour toi, qui est le meilleur ?
— Je ne sais pas vraiment qui joue à bon niveau. Je sais que Federer et Nadal jouent un peu, mais seulement pour le plaisir, pas en tournoi. En Pologne, je suis de loin le meilleur. Ferrero, en Espagne, jouait beaucoup et à bon niveau.
Et pour finir : tu dis que tu joues pour le plaisir, mais tu aimes la compétition. Tu as besoin d’un objectif, non ?
— Si je fais un tournoi, bien sûr, je veux gagner. Mais ce n’est pas simple pour moi, car je ne m’entraîne pas tous les jours. Et je dépends aussi de mon partenaire. Si tout reposait uniquement sur moi, ce serait différent. Mais là, il faut aussi que je trouve un bon partenaire chaque semaine. Ce n’est pas facile. Là, Alberto Garcia m’a proposé de jouer avec lui, car son partenaire est pris par les Championnats d’Europe. Donc on va tenter de faire un bon tournoi. Si j’atteins la demi-finale cette semaine, je serai très content.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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