Le padel continue de grandir à une vitesse impressionnante, les tribunes se remplissent, les prize money augmentent… et pourtant, derrière les projecteurs, la réalité est souvent bien moins reluisante. C’est ce que raconte sans détour Marc Quílez, actuel n°80 mondial et ancien partenaire de Benjamin Tison, dans une longue interview accordée à Mundo Deportivo. Un témoignage sincère, parfois brut, qui met en lumière le quotidien de la majorité des joueurs du circuit.
Une saison 2025 éprouvante, sur et en dehors du terrain
À la fin de la saison 2025, Marc Quílez publie un message très personnel sur ses réseaux. Il y explique avoir vécu l’année la plus difficile de sa carrière, au point d’envisager l’arrêt. Si les premiers mois sont encourageants, tout se complique ensuite, avec des problèmes personnels lourds à gérer en parallèle de la compétition.
« Les gens ne voient que ce que l’on montre sur les réseaux : les voyages, les hôtels… mais ils ne voient pas tout ce qu’il y a derrière », explique-t-il. Quand on évolue entre qualifications et premiers tours, chaque défaite a un coût : nuits d’hôtel, vols, repas. « Tout s’additionne », résume le Catalan. Et à l’aube d’une nouvelle saison, la situation reste fragile : « À un mois du début de l’année, je n’ai toujours pas de sponsor ».

Le grand malentendu autour du padel professionnel
Avec le boom médiatique du padel, beaucoup, plus en Espagne qu’en France, imaginent une vie proche de celle des footballeurs. Une vision largement erronée selon Quílez. « Les gens pensent que nous vivons une réalité similaire à celle des footballeurs, mais cela ne concerne qu’une poignée de joueurs ».
La télévision met surtout en avant les stars, les finales et les têtes d’affiche. Pour les autres, la réalité est bien différente. « Les marques misent sur les joueurs du haut du classement, car ce sont eux qui offrent le plus de visibilité. Le reste d’entre nous se retrouve au second plan », explique-t-il, évoquant la difficulté à trouver des sponsors et à rester compétitif sur la durée.
« Avant, tu perdais et tu rentrais chez toi »
Quílez compare aussi deux époques de sa carrière. Il y a dix ans, le circuit était plus local, les déplacements moins coûteux et les risques limités. « Avant, je voyageais en Espagne, le billet coûtait 80 euros et si je perdais, je pouvais rentrer chez moi ».
Aujourd’hui, le padel est devenu mondial. « Maintenant, tu dois aller au Paraguay ou en Argentine, le billet coûte 1 200 euros et si tu perds au premier tour, tu dois rester une semaine à l’hôtel jusqu’au tournoi suivant ». Les gains ont augmenté, mais les dépenses ont explosé encore plus vite. Sans oublier la professionnalisation extrême : préparateur physique, kiné, nutritionniste… « Tout cela représente encore plus de frais ».

Continuer, mais pas à n’importe quel prix
Malgré tout, Marc Quílez aborde la saison 2026 avec envie et lucidité aux côtés de Tonet Sans, 78e mondial. Le soutien de ses proches et le travail mental lui ont permis de retrouver du plaisir sur le terrain. « Aujourd’hui, malgré la situation économique, je suis heureux et motivé pour attaquer une nouvelle saison ».
La passion est intacte, mais le discours reste clair : « Je ne sais pas si ce sera ma dernière année. J’aime ce sport, mais j’ai un âge où je ne peux pas continuer à jouer si c’est pour perdre de l’argent ». Une phrase qui résume parfaitement le paradoxe du padel moderne : un sport en pleine explosion, mais encore incapable de faire vivre correctement la majorité de ses joueurs.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !

























































































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