Jo-Wilfried Tsonga est à fond dans le tennis. Mais il garde un oeil sur le padel. Un sport qui lui plaît même si pour l’instant il reste à 100% dans le tennis. Antoine Sarroste l’a rencontré  au Tsonga Camp (situé au Tennis Club de Lyon) pour parler évidemment padel !

Tsonga Camp au Tennis Club de Lyon, c’est quoi  ?

Tout d’abord, c’est parti d’une idée avec des copains. On se disait ce qu’on pouvait faire pour les jeunes et qu’on aurait adoré faire nous. Puis, est venu l’idée du Tsonga Camp : réunir des jeunes d’âges différents (filles/ garçons) et leur faire passer une semaine intense de tennis avec beaucoup de moments sympas, de rigolade, de bonne humeur avec de la musique où ils font un peu de compétition aussi. Je trouve que le mélange est très important et marche très bien.

Les jeunes jouent-ils au padel durant ce stage  ?

Non, malheureusement, il n’y a pas de raquettes adaptées/ junior disponible au club.

Quand avez-vous découvert le Padel  ? Votre première impression ?

J’ai découvert le padel pour la première fois il y a des années quand j’avais 12 ans. Ce n’était pas exactement le padel d’aujourd’hui. C’était un padel qu’on jouait à Bressuire. On jouait sur une moquette dessus avec nos raquettes de tennis et sans les murs. On s’éclatait bien. C’était une sorte de mini-tennis où on avait l’habitude de jouer dans les carrés de tennis. Quand on a redécouvert ça, il y a quelques années, on a quand même bien accroché. Quand je dis « on », c’est la famille tennis. On a tous accroché à ce jeu-là car c’est ludique et que tu as la raquette en main très facilement. C’est assez simple contrairement au tennis qui est très technique au départ même si ensuite, le tennis devient un sport très amusant. Alors que le padel, ça reste un peu plus ludique et convivial. On arrive à bien s’amuser très rapidement.

On voit certains joueurs jouer parfois au padel comme Gaël Monfils et vous ?

Non, je ne joue pas énormément  pour la bonne et simple raison que je joue déjà au tennis, j’y ai laissé beaucoup de plumes et donc j’essaye de me préserver au maximum pour le tennis. Donc je n’y joue pas beaucoup et pour l’instant je n’y ai jamais joué régulièrement.

Vous voyez le padel se développer un peu partout ?

Pour moi, le padel commence à être très présent aux Etats-Unis. Il est évidemment très présent en Espagne et Amérique du Sud. En France, on commence à s’y mettre. Là, où j’ai vu le potentiel du padel c’est à travers les Etats-Unis car ils sont très fort pour vendre du rêve. Et donc ils vendent du padel avec de la musique dedans, des jeux de lumières  : le show américain quoi. Je trouvais que c’était innovant d’allier ce nouveau sport avec du show, d’arriver dans un univers un peu moins formel que, pour nous, le tennis, c’était plus décontracte et on s’amuse plus.

Quel est votre regard sur l’évolution du padel depuis 5 ans en France ?

Je pense que ça a beaucoup évolué. Les gens qui veulent créer de nouvelles infrastructures notamment dans le tennis, ne l’imaginent pas sans terrains de padel maintenant. Je pense que même pour les jeunes, pour certaines sensations c’est bien pour le tennis. Je pense qu’on peut s’initier, d’abord, au padel et puis après passer vers le tennis, c’est une sorte de mini-tennis pour les plus jeunes.

Le padel peut-il concurrencer le tennis ? Notamment au sein des clubs de tennis ?

Non, je ne pense pas que le padel puisse concurrencer le tennis car tout simplement le tennis reste le tennis. Il y a une sensation de balle dans la raquette qu’on n’a pas avec le padel. La raquette de padel reste une raquette pleine en carbone et il y a une sensation dans la raquette qui est très sympa mais qui ne  sera jamais aussi bonne qu’avec un cordage ou éventuellement un cordage naturel, un boyau.

Est-ce un bon moyen de développement pour les clubs de tennis ?

Oui, voilà, c’est un bon moyen de développement pour les clubs de tennis. Je pense que ça va marcher. Il pourrait très bien avoir autant de pratiquants tennis que de padel.

Comme en Espagne ?

Oui, je pense que c’est quelque chose qui peut fonctionner mais le tennis restera le tennis c’est-à-dire que ça restera quand même, pour moi, déjà le fait que c’est un sport encore plus difficile voir encore plus pointilleux sur la technique, sur les sensations. Voilà, on ne changera pas. C’est comme si demain, on inventait un nouveau golf, ça ne sera jamais aussi bien qu’avec son fer et les balles dures.

Crédits photos : Photos Facebook de Jo Wilfried Tsonga

Antoine Sarroste a étudié le padel. Il nous offre son expertise autour du développement du padel en France.