Federico Chingotto livre un regard rare sur le très haut niveau du padel mondial. Entre admiration, analyse et lucidité, l’Argentin explique pourquoi certains joueurs lui donnent l’impression d’évoluer dans une autre dimension, à commencer par Juan Lebrón.

Il s’explique sans détour dans une séquence issue d’une vidéo de VeinteDiez,

Un regard d’obsessionnel du jeu

« Je suis un malade de padel », reconnaît Chingotto. Le joueur argentin ne se contente pas de jouer : il observe, décortique, analyse en permanence.
« J’adore regarder, apprendre des autres, comprendre ce qu’ils font », explique-t-il.

Une démarche qui l’a amené à étudier en profondeur certains profils, notamment Sanyo Gutiérrez, dont la vision du jeu l’a marqué :
« Quand j’ai commencé à le regarder davantage, j’ai commencé à gagner. »

Avant cela, Chingotto admet s’être un peu dispersé dans ses analyses, observant sans réelle direction. Désormais, son approche est plus structurée, tournée vers l’étude précise de ses adversaires.

Lebrón, “el lobo”, au-dessus ?

Mais c’est surtout en évoquant Juan Lebrón que Chingotto et surtout Rodrigo Ovide se montrent impressionnés. Surnommé « el lobo » (le loup), l’Espagnol incarne pour lui une forme de limite presque inaccessible.

« Je le regarde et je me dis : c’est impossible de jouer contre ces gars-là. Impossible de les battre. »

Une déclaration forte, qui traduit moins un complexe qu’un profond respect face au niveau de jeu proposé.

Ce qui frappe Chingotto, c’est avant tout la facilité apparente avec laquelle Lebrón réalise des coups hors normes :
« La facilité qu’il a pour sortir certains coups… c’est incompréhensible. »

Il évoque notamment des situations de jeu où l’Espagnol semble capable de gérer seul des échanges déséquilibrés :
« Je l’ai vu faire des situations de deux contre un, en contrôlant tout… ça m’a choqué. »

Un choc aussi physique que technique

Au-delà de la technique, c’est le profil physique complet de Lebrón qui impressionne :
puissance, explosivité, souplesse, capacité d’adaptation.

« Sa force, son agilité, son élasticité… et ce qu’il fait avec la raquette… c’est difficile à croire. » raconte Rodrigo Ovide.

Après certaines défaites, comme celle évoquée à Cancún, Chingotto explique avoir analysé en détail les demi-finales et finales, cherchant à comprendre ce qui fait la différence au plus haut niveau.

Un travail d’observation permanent, devenu aujourd’hui une arme essentielle dans son évolution.

Ces propos illustrent une réalité souvent peu exprimée dans le sport de haut niveau : même les meilleurs joueurs du monde peuvent être impressionnés par leurs rivaux.

Chez Chingotto, cette lucidité ne freine pas l’ambition. Elle souligne au contraire l’exigence extrême du circuit professionnel, où chaque détail compte, et où l’écart se joue parfois sur une capacité à reproduire l’exceptionnel… avec régularité.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.