Après leur grosse victoire face à Paula Josemaría / Bea González en demi-finale du Bordeaux P2, Tamara Icardo et Claudia Jensen sont revenues en conférence de presse sur les clés de leur match. Un succès en deux sets, une première finale ensemble, et surtout une vraie confirmation pour une paire qui cherchait encore son match référence face aux toutes meilleures.

Pour Tamara Icardo, la différence ne s’est pas seulement faite sur le plan tactique. La régularité a compté, évidemment, mais l’état d’esprit a été central.

“Pour battre ce type de paires, il faut être très régulières. Mais je pense que la clé a aussi été l’attitude. On est entrées avec beaucoup d’envie, beaucoup de présence, avec cette volonté de gagner. Je crois que c’est presque plus cette attitude que la tactique qui a fait la différence.”

Une phrase qui résume bien le match des deux joueuses : beaucoup d’intensité, peu de temps faibles, et une vraie capacité à rester dans leur plan même quand Josemaría et González tentaient d’accélérer.

Claudia Jensen : “On croit qu’on peut faire de grandes choses”

Très en vue dans cette demi-finale, Claudia Jensen a livré l’un de ses matchs les plus aboutis. L’Argentine a dominé sa diagonale, a trouvé beaucoup de zones gagnantes et a surtout semblé très à l’aise dans les conditions lentes de Bordeaux.

Elle explique cette sensation par le travail construit avec Tamara Icardo depuis plusieurs tournois.

“On cherche à créer un bon jeu ensemble avec Tamara. Ces derniers tournois, contre ce type de paires, ça ne se passait pas toujours comme on le voulait. On essayait, mais ça ne sortait pas. Aujourd’hui, comme l’a dit Tamara, l’attitude, la présence, l’envie de gagner et le fait de croire qu’on peut faire de grandes choses ont été la clé.”

À seulement 20 ans, Jensen continue d’avancer, sans vouloir fixer de plafond à son niveau.

“Avec mon père, on travaille surtout la régularité. Je ne sais pas dire où est mon plafond, ça ne se sait jamais. Certains passent un cap à 25 ans, d’autres à 20, d’autres encore à 30. Aujourd’hui, c’est vrai que j’ai peut-être un peu tiré l’équipe, mais je me sentais bien. Je voyais aussi que Tamara était bien à côté de moi.”

Elle a aussi souligné l’importance de Maxi Grabiel sur le banc, capable d’apporter les ajustements nécessaires dans les moments importants.

“Maxi nous a donné plusieurs clés qui nous ont aidées. On a pu sortir un bon match.”

Le public bordelais derrière Jensen

Interrogée sur l’ambiance à Bordeaux, alors que Josemaría / González sont habituellement très soutenues, Jensen a souri en évoquant un petit groupe de supporters particulièrement bruyant dans les tribunes.

“Il y avait un petit groupe de garçons qui criaient mon nom. C’était énorme, vraiment drôle. Et en même temps, ça te donne encore plus envie de te battre quand tu sais que tu as des gens qui t’encouragent.”

Un soutien qui a visiblement compté dans une demi-finale où Jensen et Icardo ont affiché beaucoup d’énergie du début à la fin.

Icardo ne pense pas encore à la sélection

Cette finale relance aussi forcément les discussions autour de Tamara Icardo et de sa place en sélection espagnole, notamment dans la perspective du prochain Mondial. Mais la joueuse préfère rester concentrée sur son chemin.

“Je n’y pense pas beaucoup, parce que tout peut changer très vite. Il reste encore du temps avant ce moment-là. Ce sera à la sélectionneuse de décider. Moi, je continue mon chemin, et ce qui devra arriver arrivera.”

Avec cette première finale ensemble, Icardo / Jensen confirment qu’elles peuvent poser de sérieux problèmes aux meilleures paires du circuit. Leur victoire face aux numéros 2 mondiales n’est pas seulement un gros résultat : c’est aussi un signal fort envoyé au tableau féminin.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !