Martin Di Nenno est l’un des meilleurs joueurs du monde, mais il est aussi l’un de ceux qui ont une des analyses les plus détaillées des évènements du padel professionnel. Padel Mag rencontre le joueur argentin.
“Rafa nous a prêté le Chatrier“
Lorenzo Lecci Lopez : Pour commencer, nous allons raconter une anecdote. Nous étions au Qatar dans l’ascenseur de l’hôtel, et je te dis “c’est cette après-midi qu’ils annoncent Paris”. Et toi, tu ne savais pas qu’il y aurait ce tournoi. Lorsque je t’ai dit Roland-Garros, tu es sorti de l’ascenseur et j’ai remarqué que tu ne me croyais pas ! Regarde, nous y sommes. Quelle est la sensation de jouer sur le Chatrier ?
Martin Di Nenno :“Roland-Garros représente l’histoire pure du tennis, et je pense que le padel doit copier de nombreuses choses de ce sport. Nous nous faisons prêter la piste centrale par Rafa Nadal. Le padel évolue très vite, et nous même ne sommes pas conscients de la vitesse à laquelle cette évolution se fait. Nous profitons de l’opportunité, et c’est vraiment incroyable.“
La seule chose qui manque à Premier Padel
Lorenzo Lecci Lopez : Ici il manque deux joueurs qui sont des amis. Es-tu déçu que Sanyo et Tapia ne soient pas ici ?
Martin Di Nenno :“Exactement. À Doha en conférence de presse on m’a demandé ce qu’il manquait à ce circuit, et je n’ai pas été suffisamment rapide d’esprit pour y penser, mais je te le dis maintenant. La seule chose qui manque à Premier Padel, c’est que Sanyo et Tapia jouent. Je crois qu’à partir de Madrid, ils vont jouer. Ça ne va pas être super pour nous car ils jouent très bien (rires), mais les spectateurs veulent voir les meilleurs joueurs du monde, et ils en font partie. Et aussi sur le plan personnel, qu’ils manquent ces évènements historiques, c’est triste pour eux.”
Lorenzo Lecci Lopez : Nous allons retourner pour la troisième fois en 365 jours à Doha, pour y jouer un deuxième mondial consécutif. Que penses-tu du fait de rejouer un deuxième mondial au même endroit ?
Martin Di Nenno :“Sincèrement je ne l’ai pas pensé comme ça. C’est vrai que l’endroit est magnifique, et que le seul bémol est qu’il y a peu de public, car le padel n’est pas tant développé là-bas. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’autres pays qui vivent plus le padel, mais ce sont des décisions qui sont loin de nous. La FIP doit avoir ses raisons, et nous on n’y réfléchit pas trop. On accepte et on va jouer.”

Une situation difficile à analyser
Lorenzo Lecci Lopez : Nous sommes au 15e tournoi sur les 34 prévus cette saison. Comment te sens-tu ?
Martin Di Nenno :“Au niveau physique, nous n’avons pas eu de pépins. Nous ne jouons pas autant de samedis et dimanches que ce que nous voudrions, mais peu à peu nous récupérons notre meilleure version. Notre objectif est de retrouver les sensations, être plus unis.”
“Sur le plan mental, nous essayons de faire en sorte que la famille voyage un peu plus avec nous. Ça devient difficile, surtout quand on perd beaucoup de quarts de finale. Parfois le lundi, je n’ai pas forcément envie de voir Paco, et lui non plus, mais nous devons quand même nous entraîner. Il y a des paires qui supportent mieux le rythme élevé des tournois, et nous moins bien. Nous sommes très sensibles et transparents, et il y a des jours où nous ne voulons pas être ensemble.”
Lorenzo Lecci Lopez : Ce rythme de 34 tournois te paraît-il adéquat pour un joueur pro ?
Martin Di Nenno :“En réalité non… Nous sommes dans une situation difficile à analyser. Le padel va changer. Je pense que ce sport doit être beaucoup plus international et ne pas rester en Espagne. En disant ça, je ne mets pas la faute sur le WPT et je n’applaudis pas non plus Premier. Je pense simplement que nous devrions avoir un seul circuit, car trois c’est trop. J’aimerais qu’il y ait ces 34 tournois, mais que nous puissions choisir par exemple 70% des évènements pour y participer. Faire des tournées logiques dans les mêmes zones du monde. Un peu comme au tennis.”

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Il est le monsieur international de Padel Magazine. Vous le verrez souvent sur les différentes compétitions internationales, mais aussi sur les grands évènements français. @eyeofpadel sur Instagram pour voir ses meilleures photos de padel !


























































































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