Tout allait très vite pour Aimar Goñi. À 20 ans, le puissant joueur de Pampelune venait d’intégrer pour la première fois la sélection espagnole pour les Championnats du monde 2026 à Doha. Mais depuis l’annonce de sa convocation, le 33e joueur mondial vient d’enchaîner deux éliminations prématurées, à Lyon puis Rotterdam. Simple passage à vide ou premier contrecoup pour l’une des surprises de la liste espagnole ?
Une première sélection à seulement 20 ans
C’était l’une des principales surprises de la liste dévoilée par Juanjo Gutiérrez pour les Championnats du monde, programmés du 2 au 7 novembre à Doha.
À seulement 20 ans, Aimar Goñi a été retenu pour la première fois avec l’équipe d’Espagne aux côtés d’Arturo Coello, Alejandro Galán, Juan Lebrón, Paquito Navarro, Coki Nieto, Mike Yanguas et Jon Sanz.
Une sélection loin d’être anodine puisque Goñi était l’un des joueurs les moins bien classés parmi les candidats à une place dans cette équipe extrêmement concurrentielle.
Le sélectionneur espagnol a notamment justifié son choix par les caractéristiques du Navarrais et son potentiel dans les conditions attendues à Doha : un joueur de gauche très puissant, particulièrement athlétique et susceptible de profiter de pistes rapides.
Un choix qui récompense surtout une progression spectaculaire.
Trois quarts de finale en quelques semaines
Car avant ces deux dernières semaines plus compliquées, Aimar Goñi et Edu Alonso avaient commencé à sérieusement bousculer la hiérarchie.
À Málaga, ils avaient notamment éliminé Coki Nieto et Jon Sanz, alors têtes de série 5, 6/3 3/6 6/3 pour rejoindre les quarts de finale.
Quelques semaines plus tard, même résultat au London P1, avec une nouvelle présence parmi les huit meilleures paires du tournoi.
Et surtout, Goñi et Alonso avaient confirmé au Paris Major à Roland-Garros.
La paire espagnole avait créé la surprise en huitièmes en dominant Coki Nieto et Mike Yanguas 6/4 6/3, devenant la seule paire située hors du top 8 des têtes de série à atteindre les quarts de finale.
Ils avaient finalement été stoppés par Alejandro Galán et Federico Chingotto, 7/6 6/2.
Málaga, Londres, Paris : trois quarts de finale sur trois grands rendez-vous Premier Padel en l’espace de deux mois.
De quoi convaincre Juanjo Gutiérrez de tenter le pari Goñi pour Doha.
Lyon, première alerte quelques heures après sa sélection
Et puis la dynamique s’est brutalement interrompue.
Ironie du calendrier : Aimar Goñi apprend sa sélection avec l’Espagne pendant le FIP Platinum Lyon.
Quelques heures plus tard, le nouveau sélectionné espagnol et Edu Alonso, têtes de série 6, affrontent Thomas Leygue et Jesús Moya, bénéficiaires d’une wild-card.
Sur le papier, les Espagnols sont favoris.
Sur la piste, le scénario va devenir complètement fou.
Après 2h28 de jeu et trois tie-breaks, Leygue et Moya créent la sensation : 6/7 7/6 7/6.
Difficile de parler d’effondrement au regard du scénario et de l’écart infime entre les deux équipes. Mais pour Goñi et Alonso, c’est une première occasion manquée dans un tournoi où leur statut pouvait leur permettre d’espérer beaucoup mieux.
Rotterdam : cette fois, la contre-performance est plus nette
Quelques jours plus tard, changement de décor mais pas de résultat.
Pour leur entrée au Rotterdam Premier Padel P2, Goñi et Alonso affrontent Álvaro Montiel et Dani Santigosa.
Et cette fois, pas de marathon.
Montiel et Santigosa s’imposent 7/6 6/3 et éliminent la paire espagnole dès son entrée dans le tableau.
Pour Goñi et Alonso, c’est surtout une deuxième élimination consécutive beaucoup plus tôt qu’espéré.
Deux défaites… et beaucoup de tie-breaks perdus
Un élément interpelle particulièrement sur ces deux rencontres : les moments décisifs.
À Lyon, les trois manches se jouent au tie-break et Goñi/Alonso perdent les deux derniers.
À Rotterdam, ils abandonnent une nouvelle fois le premier set au jeu décisif avant de céder 6/3 dans le deuxième.
Cela ne suffit évidemment pas à conclure à un problème mental chez Goñi. En revanche, les résultats montrent que la paire a récemment laissé échapper plusieurs sets extrêmement serrés.
Et à ce niveau, quelques points peuvent complètement changer une semaine.

Une sélection qui arrive aussi avec une nouvelle pression
Quelques jours avant l’annonce de la liste espagnole, Goñi reconnaissait lui-même que son nouveau statut impliquait de devoir apprendre à gérer davantage de pression.
Interrogé alors que son nom circulait pour une place à Doha, l’Espagnol expliquait se sentir désormais prêt sportivement, tout en reconnaissant que lorsque l’on commence à beaucoup parler de vous, il faut également savoir gérer cette nouvelle exposition.
Sa convocation a encore changé de dimension.
Car Goñi ne sera pas simplement présent à Doha pour découvrir la sélection.
Il intégrera une équipe d’Espagne composée de certains des meilleurs joueurs de la planète : Arturo Coello, Alejandro Galán, Juan Lebrón, Paquito Navarro, Coki Nieto, Mike Yanguas et Jon Sanz.
Faut-il vraiment s’inquiéter pour Goñi ?
À un peu plus d’un mois des Mondiaux, il serait prématuré de parler de crise.
Les chiffres racontent plutôt un coup d’arrêt après plusieurs mois de progression.
Goñi reste sur des quarts de finale à Málaga, Londres et au Paris Major. Son parcours parisien s’était même accompagné d’une victoire de référence contre Nieto/Yanguas.
Mais depuis l’annonce de sa première sélection avec l’Espagne, le constat est simple : deux tournois, deux éliminations prématurées.
Lyon pouvait encore être rangé dans la catégorie des matchs qui se jouent sur quelques points.
La défaite de Rotterdam face à Montiel/Santigosa est plus difficile à masquer.
Pour le jeune Espagnol, le prochain enjeu sera donc moins de justifier immédiatement sa sélection que de retrouver la dynamique qui lui a justement permis de la décrocher.
Et à quelques semaines de Doha, chacune de ses prochaines sorties sera forcément observée avec un peu plus d’attention.


































































































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