Cristian Gutiérrez, alias Sanyito, suit une trajectoire bien différente en 2025. À bientôt 35 ans, l’Argentin a décidé de tourner la page de Premier Padel pour signer un contrat de deux ans avec A1 Padel. Un choix qui reflète l’évolution du circuit professionnel, mais aussi ses propres ambitions pour les années à venir.
Installé à la 85e place du classement FIP, il veut désormais accéder aux phases finales des tournois A1 et maximiser son niveau de jeu. Il s’associera à l’Espagnol Miguel González (87e FIP) et espère performer rapidement. Dans une interview pour MARCA, il explique en détail les raisons de son changement de cap et revient sur la crise actuelle entre les joueurs et Premier Padel.
Un engagement sur deux ans, mais pas une porte fermée à Premier Padel
Avec son nouveau contrat chez A1 Padel, Gutiérrez et son coéquipier devront disputer au moins 60% des tournois Open ainsi que l’intégralité des Master et Grand Master du circuit. Cela ne signifie pas pour autant qu’il tire un trait définitif sur Premier Padel ou le circuit FIP.
“Nous respecterons ces engagements, mais nous irons aussi jouer certains tournois Premier Padel ou FIP, selon nos disponibilités et le calendrier.”
D’ailleurs, l’Argentin a déjà participé au Riyad P1 aux côtés de Gonzalo Alfonso (numéro 1 de A1 Padel en 2024). Une occasion pour lui de retrouver un niveau de jeu élevé et d’apprécier l’expérience de jouer avec le champion argentin.
“J’étais sans partenaire après ma signature avec A1, mais j’avais envie de jouer ce tournoi. Gonza aussi… Et honnêtement, c’était une super expérience. Si on jouait tous avec sa liberté et sa fluidité, on s’en sortirait bien mieux. Il fait paraître simple ce qui est compliqué.”
Un départ motivé par le format de Premier Padel
Le choix de Gutiérrez n’a rien d’anodin. Depuis plusieurs semaines, la tension monte entre les joueurs et Premier Padel, notamment à cause de la réduction des tableaux principaux et des changements de règles affectant les joueurs hors top 20.
“J’ai signé pour deux raisons. D’abord, chaque jour, Premier Padel devient plus compliqué à jouer. Ensuite, le nouveau format ne favorise pas du tout les joueurs qui sont derrière dans le classement.”
Il pointe du doigt plusieurs aspects qui l’ont poussé à prendre du recul :
- la réduction du tableau principal, ce qui limite les opportunités pour les joueurs en dehors du top 20
- des changements de conditions concernant les hôtels et les prises en charge financières pour les qualifiés
- un niveau de jeu qui devient toujours plus exigeant, rendant la progression encore plus difficile
“J’ai senti que c’était le moment de passer à autre chose, que ma phase chez Premier Padel était terminée. Et puis, évidemment, l’âge joue aussi.”
“Pourquoi un joueur de padel ne pourrait-il pas être libre ?”
Gutiérrez défend l’idée d’un circuit plus ouvert, où les joueurs ne seraient pas contraints à choisir un seul circuit. Il aimerait que la profession évolue vers plus de flexibilité.
“Il serait bien que les joueurs soient libres, surtout ceux qui ne sont pas dans le top mondial. Avec les primes des qualifications, impossible de vivre en ne jouant que Premier Padel. Alors pourquoi je ne pourrais pas chercher des opportunités ailleurs comme n’importe quel travailleur ?”
Il compare sa situation à celle d’autres métiers.
“Un menuisier va chez un client, il fait un travail, puis il va ailleurs faire un autre projet. Pourquoi un joueur de padel ne pourrait-il pas faire pareil ? J’espère qu’un jour on sera vraiment libres.”
Le boycott du P2 de Gijón et ses conséquences
Au moment où Gutiérrez jouait à Riyad avec Alfonso, le circuit Premier Padel était secoué par un boycott massif du tournoi P2 de Gijón. Tout les joueurs du top 100 ont refusé de s’inscrire pour protester contre les nouvelles règles du circuit.
Il soutient totalement ce mouvement.
“Je suis content qu’on ait décidé de se mobiliser. C’est une action pour le bien de tous les joueurs.”
Mais il regrette que certains aient choisi d’en profiter en s’inscrivant pour bénéficier d’un meilleur classement.
“Malheureusement, certains ont profité de la situation. Moi, je pourrais en faire autant : je quitte Premier Padel, donc je pourrais me dire que ça ne me concerne plus et que je peux en tirer parti. Mais on pense d’abord au bien du padel. Si cette mobilisation a un impact dans les années à venir, alors on aura eu raison.”
Selon lui, ce mouvement pourrait être un tournant si les joueurs du top 20 continuent à faire pression.
“Si les meilleurs du circuit continuent à se battre pour tout le monde, alors peut-être que certaines choses changeront. Je ne veux pas que les joueurs dirigent le circuit, mais au moins qu’ils puissent donner leur avis et qu’on trouve des compromis.”
Un 2025 ambitieux… et un clin d’œil à son oncle, Sanyo
Malgré ses presque 35 ans, Gutiérrez ne compte pas lever le pied. Son objectif est clair : se faire une place parmi les meilleurs joueurs d’A1 Padel et enchaîner les performances.
Et en parlant de joueurs d’expérience… il évoque un possible retour de son oncle, Sanyo Gutiérrez, sur le circuit A1 dans le futur.
“Je vois bien Sanyo venir jouer en A1 d’ici quelques années, peut-être quand il commencera à perdre un peu plus. Un jour, il y aura peut-être un Gutiérrez-Gutiérrez sur le circuit. Ce serait magnifique.”
Un joueur en quête de stabilité
Cristian Gutiérrez entame un nouveau chapitre de sa carrière, avec la volonté de briller sur A1 Padel, tout en continuant à jouer ponctuellement des tournois Premier Padel et FIP.
Son discours illustre bien le malaise qui grandit chez de nombreux joueurs, entre les décisions de Premier Padel et la recherche d’un modèle économique viable pour tous.
Le débat est loin d’être clos, mais en attendant, Gutiérrez veut se battre sur le terrain et prouver qu’il a encore de belles années devant lui.
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !
































































































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