À l’aube de ce qui sera sa dernière saison sur le circuit professionnel, Alejandra Salazar s’est confiée à Marca dans une longue interview réalisée à la veille de la Hexagon Cup, à la Caja Mágica. La légende madrilène, véritable pilier du padel féminin mondial depuis plus de quinze ans, entame ce dernier chapitre avec sérénité, lucidité… et toujours la même passion. Après une fin d’année partagée avec Martina Calvo, elle s’apprête désormais à vivre cette ultime aventure aux côtés de la jeune Ale Alonso.
Une dernière saison abordée avec sérénité
À 40 ans, Alejandra Salazar s’avance vers sa dernière année professionnelle sans nostalgie ni mélancolie. L’Espagnole préfère parler d’enthousiasme, de gratitude et de plaisir. Une manière très fidèle à la joueuse qu’elle a toujours été.
« Je me sens très bien, physiquement et mentalement. Tranquille, satisfaite de tout ce que j’ai vécu et avec l’envie de profiter pleinement de cette dernière saison si spéciale. »
Loin de redouter ce point final, la Madrilène voit cette année comme un privilège. Celui de pouvoir encore fouler les plus grandes pistes du monde, en se sentant compétitive et alignée avec elle-même.
« Je ne veux pas de tristesse. À 40 ans, pouvoir continuer une année de plus en me sentant comme ça, c’est un cadeau. »
La Hexagon Cup, un tournoi à part
Avant même le lancement officiel du calendrier Premier Padel, Salazar ouvre son année à la Generali Hexagon Cup, un tournoi qu’elle connaît bien et qu’elle a vu naître de l’intérieur. Joueuse franchise de la Hexagon Team, elle évoluera durant la compétition aux côtés de Carmen Goenaga.
« Quand on nous a présenté l’idée il y a trois ans, j’ai trouvé ça génial dès le début. Un tournoi par équipes, différent, fun, qui lance la saison. »
Même si leur association avait été très brève par le passé (un seul tournoi à Rome) la championne espagnole voit ce retour comme une seconde chance.
« La vie donne parfois des deuxièmes opportunités. Cette semaine, l’idée est simplement de profiter et de partager la piste. »
Ale Alonso, le choix du renouveau pour le dernier chapitre
Mais la vraie histoire de cette saison se jouera ailleurs. Car en dehors de la Hexagon Cup, Alejandra Salazar disputera toute l’année avec Ale Alonso, jeune joueuse de 19 ans, encore en pleine construction.
Un choix réfléchi et presque symbolique pour une joueuse qui a souvent accompagné la nouvelle génération.
« Ce qui m’a attirée, c’est sa jeunesse et le fait que nous n’ayons jamais joué ensemble. On commence de zéro, l’une avec l’autre. »
Séduite par son potentiel physique et sa mentalité, Salazar évoque une relation déjà bien engagée après plusieurs semaines d’entraînement.
« Elle a des armes formidables, un physique incroyable. On est en train de connecter petit à petit et j’ai vraiment envie de compétitions avec elle. »
Au point même de lui trouver quelques airs familiers.
« Elle me rappelle un peu Ari Sanchez, dans certaines choses. »
Martina Calvo, une séparation sans amertum
Avant Ale Alonso, c’est avec Martina Calvo que Salazar avait bouclé la fin de saison 2025. Une association prometteuse, interrompue par la décision de la jeune joueuse de prendre une autre direction.
Si la légende espagnole avoue avoir imaginé une fin commune, elle n’exprime aucun regret amer.
« Je lui souhaite le meilleur. Martina est une personne en or, humainement, c’est un 10/10. »
Salazar reconnaît même avoir vu dans cette association une forme de transmission, presque un passage de témoin.
« L’idée était de finir ensemble, comme un héritage. Lui transmettre tout ce que moi j’ai reçu d’autres partenaires. Mais le padel va très vite, et les décisions aussi. »
Une séparation acceptée avec maturité, fidèle à l’élégance qui accompagne sa carrière depuis toujours.
Le rêve d’un titre Premier Padel, toujours vivant
Malgré une concurrence de plus en plus féroce, Alejandra Salazar ne ferme aucune porte. Le rêve d’un dernier titre sur le circuit Premier Padel reste présent, même si la lucidité domine.
« Chaque année, c’est plus difficile. Battre des paires comme Paula et Ari, c’est quelque chose que très peu de paires réussissent. »
La finale perdue en Égypte, au P2 de Newgiza laisse encore un léger goût d’inachevé, davantage sur le contenu que sur le résultat.
« Plus que la défaite, c’est de ne pas avoir montré notre meilleure version qui m’a laissée frustrée. »
Quel souvenir laisser au padel ?
Au moment de se projeter au-delà de la compétition, Alejandra Salazar ne parle ni de palmarès, ni de numéros un, ni de trophées. Ce qu’elle souhaite laisser est ailleurs.
« J’aimerais qu’on se souvienne de moi comme d’une joueuse joyeuse, travailleuse, qui a toujours essayé de se relever des moments difficiles. »
Blessures, retours, changements de partenaires, générations qui passent… la Madrilène a tout traversé. Et si elle a pu, au passage, contribuer à faire grandir le padel féminin, alors le cercle sera complet.
« Si j’ai pu apporter quelque chose à ce sport pour qu’il continue à grandir, j’en serai très fière. »
Une dernière saison commence donc pour Alejandra Salazar.
Un dernier bal, oui mais certainement pas un au revoir silencieux.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !

























































































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