Nouvelle saison, nouvelle aventure, mais un démarrage loin des attentes. Associés pour l’année 2026, Sanyo Gutiérrez et Gonzalo Alfonso peinent à enclencher une dynamique positive. Une demi-finale frustrante au FIP Platinum de Marseille, suivie d’une sortie prématurée au P1 de Riyad, ont rapidement installé un climat d’interrogations autour d’une paire pourtant séduisante sur le papier. Alors, que manque-t-il encore à cette paire argentine ?
Impuissants face à Leal / Guerrero, inquiétants à Riyad
Lorsque leur association a été officialisée, elle avait tout pour intriguer. D’un côté, Sanyo Gutiérrez, légende du padel mondial, ancien numéro un et incarnation d’un jeu d’orfèvre, capable de ralentir, de varier, d’étouffer tactiquement n’importe quelle paire. De l’autre, Gonzalo Alfonso, révélation récente du circuit Premier Padel, joueur spectaculaire, créatif, imprévisible, qui avait marqué les esprits aux côtés de Tolito Aguirre.
Deux profils techniques, deux visions fines du jeu, un padel élégant et agréable à regarder. Sur le papier, l’équation semblait prometteuse.
À Marseille, tout avait d’ailleurs plutôt bien commencé. Sans rencontrer d’obstacle majeur, la paire argentine s’était hissée en demi-finale, laissant entrevoir une montée en puissance progressive. Mais face à Javi Leal et Fran Guerrero, le duo a brutalement changé de registre. Dominés dans l’intensité, bousculés dans les échanges rapides, Gutiérrez et Alfonso ont été nettement neutralisés 6/2, 6/3.
Une première alerte, sans véritablement inquiéter à ce stade de la saison.
La tendance s’est toutefois confirmée à Riyad. Battus dès leur entrée en lice par les qualifiés Javier Martinez / Ramiro Valenzuela, les Argentins ont laissé apparaître des difficultés plus profondes. Certes, une élimination précoce peut toujours s’expliquer en début d’année, période où les automatismes sont encore fragiles. Mais dans un circuit obsédé par les résultats immédiats, les questions émergent vite.

Une paire pas assez moderne ?
Le padel moderne impose une réalité de plus en plus évidente : les paires dominantes sont, avant tout, des paires capables d’imposer une puissance constante, quelles que soient les conditions ou les surfaces.
Dans ce contexte, le talent de Sanyo Gutiérrez ne souffre d’aucune discussion. Sa lecture du jeu, sa qualité de défense, sa main restent parmi les plus raffinées du circuit. Mais l’Argentin n’a jamais été identifié comme l’un des joueurs les plus explosifs physiquement.
Gonzalo Alfonso, de son côté, apporte davantage d’impact, mais son ADN reste celui d’un joueur de création, de variation, de construction. Un joueur qui brille par son inventivité plus que par sa capacité à dominer dans la filière de puissance.

L’association pose alors une question structurelle : dans un circuit où l’intensité et la vitesse dictent de plus en plus les équilibres, cette paire dispose-t-elle des armes nécessaires pour rivaliser durablement avec les références actuelles ?
Les styles ne sont pas identiques, mais ils partagent une même orientation technique, un même goût pour le jeu construit, travaillé, réfléchi. Deux profils d’une richesse exceptionnelle… qui cherchent encore la bonne alchimie.
Une chose demeure certaine : ni le talent de Gutiérrez ni celui d’Alfonso ne sont en cause. Mais pour exister dans ce padel toujours plus exigeant, la paire devra rapidement trouver la recette capable de transformer cette promesse théorique en réalité compétitive.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !



































































































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