Elle a tout gagné. Elle a tout vu. Et pourtant, Alejandra Salazar ne parle ni avec nostalgie excessive ni avec mélancolie. Juste avec lucidité, sérénité… et encore beaucoup d’envie.
À 38 ans, la Madrilène a annoncé que 2026 sera sa dernière saison comme joueuse professionnelle. Une dernière danse qu’elle aborde « préparée et excitée à parts égales », avant de tourner une page immense du padel mondial.
Elle s’est confiée à SPORT sur sa saison, sa carrière, l’évolution du padel, les jeunes générations… et cette fin qui approche, doucement mais sûrement.
Une saison interminable, un padel qui ne cesse de grandir
Avant même de parler d’elle, Salazar pose le décor. Le padel moderne est exigeant, parfois épuisant.
« La saison a été super longue. On a joué plus de 30 semaines, plus les événements, plus les exhibitions. C’est la saison où j’ai passé le plus de temps hors de chez moi. »
Un rythme infernal qui oblige les joueurs à s’adapter :
« Il va falloir être très préparés mentalement et physiquement pour supporter ça. »
Mais derrière la fatigue, il y a aussi la fierté :
« Je suis très contente de voir le padel arriver dans des endroits qu’on n’aurait jamais imaginés il y a quelques années. »
Toujours au niveau, toujours au rendez-vous
À titre personnel, Salazar reste fidèle à elle-même : constante, solide, compétitive.
« J’ai été assez stable toute l’année, avec un ou deux tournois plus compliqués comme chaque saison. Mais globalement, je me suis sentie très bien. »
Et surtout, un symbole fort :
« J’ai joué une fois de plus le Master Final, être parmi les 16 meilleures. Ça me faisait énormément plaisir. »
Elle en parle encore avec des frissons :
« Jouer au Palau devant 15 000 personnes, rien que d’y penser, ça te met la chair de poule. »
La carrière vue d’en haut : fierté, recul et gratitude
Quand on a tout gagné, la perspective change. Salazar le reconnaît sans détour.
« Parfois, tu as un peu de nostalgie. Tu te dis : si ces tournois avaient existé à mes meilleures années… »
Mais le sentiment dominant est ailleurs :
« C’est un immense orgueil de pouvoir dire que j’ai contribué à amener le padel là où il est aujourd’hui. »
Elle mesure aussi le chemin parcouru humainement :
« J’ai partagé la piste avec des joueuses incroyables, travaillé avec de grands entraîneurs… tout ça m’a aussi construite comme personne. »
Les jeunes joueuses ? Un autre monde
Le padel d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui de ses débuts. Et Salazar le constate sans amertume, presque avec admiration.
« Les jeunes joueuses ont aujourd’hui énormément d’aides, de structures, d’accompagnement. »
La comparaison est frappante :
« À 16 ou 17 ans, je ne me sentais pas joueuse professionnelle. J’étudiais, je ne disais pas que j’allais vivre du padel. »
Aujourd’hui, tout est différent :
« Les filles de 16, 17 ou 18 ans vivent déjà pour le padel. Elles sont très matures. Nous, dans ma génération, cette maturité arrivait plutôt vers 30 ans. »
Les changements de paires : spectacle ou instabilité ?
Sujet brûlant du padel moderne, les séparations à répétition divisent. Salazar, fidèle à son équilibre, nuance.
« Ça a un côté positif, ça donne de la vie, de l’incertitude, de la curiosité. »
Mais elle pointe aussi les dérives :
« Les projets sont très courts, tout va trop vite. Construire quelque chose de solide demande du temps, de la confiance, de la loyauté. »
Et elle met le doigt sur une réalité rarement dite aussi clairement :
« Seules la numéro 1 ou la numéro 2 jouent vraiment avec qui elles veulent. Les autres jouent souvent avec les options qu’il reste. »
D’où cette instabilité permanente :
« Tu regardes toujours dans le rétro si une option meilleure existe. »
Ari et Paula : une exception devenue référence
Pendant cinq ans, Ari Sánchez et Paula Josemaría ont résisté à cette instabilité. Salazar leur rend hommage.
« Quand tu es en haut, que tu gagnes, pourquoi changer ? Les options sont beaucoup plus limitées. »
Elle se souvient aussi des duels :
« On s’est fait grandir mutuellement. On a gagné, on a perdu, mais ces batailles nous ont rendues meilleures. »
À Ari, elle adresse un message très personnel :
« Je suis très émue de voir tout ce qu’elle a mûri. Je lui souhaite énormément de chance, elle a une carrière spectaculaire. »
L’ultime saison approche… et elle est prête
2026 sera donc la dernière. Et Salazar l’assume pleinement.
« Je suis très tranquille avec ma carrière. Ce qui doit arriver arrivera. »
Elle sait ce qui l’attend :
« Ce sera une année de beaucoup d’adieux, mais je veux la vivre à fond et donner ma meilleure version. »
Pas encore de partenaire… mais aucune précipitation
À ce jour, une surprise : Salazar n’a toujours pas de coéquipière pour la saison prochaine.
« Non, je n’ai pas encore de partenaire. »
Un choix assumé :
« Je suis dans une phase de tranquillité, de réflexion. »
Elle est lucide sur sa position :
« Je peux encore choisir, mais peut-être pas l’option idéale. Les meilleures jouent déjà entre elles. »
Quant à Martina Calvo, avec qui elle a terminé l’année :
« C’est une joueuse fantastique, avec un potentiel énorme. L’idée était de transmettre, de laisser un héritage… mais parfois les chemins se séparent. »
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !

























































































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