Derrière chaque jeune joueur qui se lance à fond dans le padel, il y a souvent une histoire familiale discrète mais essentielle. Soutenir sans diriger, accompagner sans imposer, encourager sans écraser : l’équilibre est parfois difficile à trouver pour les parents investis dans le projet de leur enfant.
À travers le parcours de Lucas Pillon, passé du tennis au padel dès l’adolescence, se dessine un véritable cheminement : non seulement pour le joueur, mais aussi pour ses parents. Comment aider un jeune passionné à s’épanouir sans lui mettre une pression excessive ? Comment trouver la bonne distance pour que le plaisir et l’autonomie restent au cœur du projet sportif ?
Dans cet article, entre passion, évolution personnelle et réalités du haut niveau, retour sur une expérience riche en enseignements pour toutes les familles qui rêvent d’accompagner leurs enfants dans leur aventure padel.
Stéphan Pillon, le Président Tennis Padel club de Saint Astier et père de Lucas Pillon revient sur son expérience passionnante, ses joies, mais aussi ses doutes.
Une passion née très tôt
Lucas Pillon a d’abord débuté par le tennis dès l’âge de 3-4 ans. Rapidement intégré dans la filière fédérale, il montre des prédispositions précoces. “Lucas avait un projet tennis solide, mais à 13 ans, il nous a dit : j’arrête, je veux faire du padel“, se souvient Stéphan Pillon, son père.
Un changement radical qui surprend la famille, investie depuis des années dans le projet tennis.

La transition du tennis au padel
Lucas avait déjà touché la raquette de padel dès 9 ans au Tennis Padel Club de Saint-Astier. À l’époque, il s’agissait de parties pour s’amuser.
“Il avait même gagné un premier tournoi P100 avec un jeune partenaire”, précise Stéphan. “Mais à 13 ans, il était saturé par la pression du tennis. Il avait aussi souffert d’une blessure liée à la croissance, une maladie du genou appelée Osgood-Schlatter.”
La recherche du plaisir redevient la priorité pour Lucas, qui retrouve rapidement le sourire sur les terrains de padel.
Une évolution éclair
En seulement quatre mois de pratique intensive, Lucas est repéré et sélectionné en équipe de France jeunes pour disputer les Championnat d’Europe de padel à Valence.
“Ça a été très rapide, peut-être même trop vite”, admet son père. “Mais il s’est pris au jeu et s’est lancé à fond.”
Aujourd’hui, Lucas est entré à l’académie Big Padel Mérignac dirigée par Jean-Thomas Peyrou, où il s’entraîne pour atteindre le plus haut niveau tout en poursuivant ses études.

Une approche parentale différente du tennis
Contrairement au tennis, ses parents n’imposent plus d’objectifs chiffrés. “Avec le padel, nous avons décidé de laisser Lucas gérer son projet, en lui apportant un soutien moral et financier.”
Dans le tennis, les parents étaient beaucoup plus présents, organisant déplacements, tournois et entraînements. Au padel, à 17 ans, Lucas gère désormais ses voyages, ses compétitions et son quotidien, en totale autonomie.
“Nous lui faisons totalement confiance, et Jean-Thomas Peyrou pilote la partie sportive.”
Le padel, un sport plus accessible humainement et financièrement
Le tennis reste un sport élitiste où l’argent joue un rôle énorme. “Même un excellent joueur peut être freiné s’il n’a pas de soutien financier important”, explique Stéphan.
À l’inverse, le padel permet aujourd’hui de construire plus facilement des projets grâce à une atmosphère plus conviviale et un ticket d’entrée financier moins élevé. “Des chefs d’entreprise aiment soutenir ce sport à l’image chaleureuse et à la mode.”
Les difficultés à trouver un partenaire stable
Un des défis actuels pour Lucas est de trouver des partenaires réguliers.
“Le niveau de Lucas est reconnu – aujourd’hui il joue top 30 – mais son classement officiel est encore autour de la 70e place”, précise Stéphan.
“Dans le padel, beaucoup de joueurs choisissent leur partenaire en fonction du classement, dans l’espoir d’être têtes de série. La notion de classement prend souvent le pas sur le niveau réel des joueurs.
Les raisons sont nombreuses. Que ce soit chez les joueurs loisir ou chez les meilleurs joueurs du monde, le problème reste finalement toujours le même : trouver un partenaire avec qui ça fonctionne réellement, et avec qui l’on peut construire sur le long terme.
On le constate d’ailleurs actuellement sur le circuit Premier Padel : les “mercatos” sont permanents. Les changements de paires sont fréquents, preuve que, même au plus haut niveau, trouver le bon partenaire reste une vraie difficulté.
À un niveau bien différent, Lucas rencontre les mêmes obstacles : trouver la bonne personne avec qui avancer peut parfois être un vrai casse-tête.”

Padel : un sport collectif… très individuel
Malgré son côté collectif, le padel reste impitoyablement individuel. “Si ton partenaire va mal, tu trinques directement. Et il n’y a pas de remplaçant”, rappelle Stéphan.
Lucas, élevé dans des valeurs de solidarité héritées du rugby, attache une grande importance à l’entraide sur le terrain : “Il est toujours prêt à aider son partenaire, mais il attend aussi cela en retour.”
Le jeune joueur peine à trouver un partenaire attitré qui partage sa philosophie du jeu d’équipe.
Une évolution naturelle dans la relation parent-enfant
Avec le recul, Stéphan reconnaît que l’expérience tennis leur a servi de leçon.
“On a compris que l’autonomie et le plaisir sont essentiels. Dans le tennis, comme beaucoup de parents, on avait peut-être tendance à trop gérer, trop investir émotionnellement.”
“Ce qui n’est pas évident, c’est de savoir où mettre le curseur. Quand on est adolescent, la gestion repose beaucoup sur les parents, et on essaie bien sûr de faire au mieux. On apprend en même temps que son enfant, et parfois, ce n’est pas toujours simple pour tout le monde.
Ce qui est terrible, c’est que dans le tennis, on est vraiment seul. C’est un sport très dur pour cela. C’est pourquoi j’apprécie autant le padel : j’y retrouve des valeurs du rugby que l’on ne retrouve pas vraiment dans le tennis.”
Aujourd’hui, avec Lucas devenu plus mature, ses parents restent en soutien discret, principalement pour l’accompagner financièrement.
“On intervient très peu sur les choix sportifs. C’est lui qui décide. Et ça marche bien mieux ainsi.”
Les conseils de Stéphan aux parents de jeunes sportifs
En conclusion, Stéphan Pillon livre un message clair aux parents :
“Laissez vos enfants suivre leur passion. Soutenez-les, conseillez-les s’ils le demandent, mais ne leur imposez pas votre projet. Leur plaisir est le moteur principal de leur réussite.”
Un état d’esprit qui permet à Lucas de se construire sereinement dans un sport qu’il aime.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.



































































































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